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Examens PSAC

La réussite se révise en famille

28 octobre 2025, 04:00

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La réussite se révise en famille

Entre rigueur, patience et encouragements, le PSAC devient une aventure partagée

Ce sont des journées riches en émotions qui s’annoncent pour les quelque 14 000 élèves des Grades 5 et 6. À partir d’aujourd’hui, place aux épreuves du Primary School Achievement Certificate (PSAC), qui s’étaleront jusqu’au 31 octobre. Le premier examen, celui de français, commencera à 9 heures précises.

Dans bien des foyers, l’atmosphère oscille entre fierté, nervosité et espoir. Si les enfants doivent prouver tout ce qu’ils ont appris, les parents, eux, vivent cette étape comme un véritable marathon émotionnel.

Chez les Doobory, l’effervescence est palpable depuis plusieurs jours. Diksha, la maman de Divesh, confie être sans doute plus stressée que son fils. «Il prend tout à la légère, contrairement à moi», dit-elle en souriant, tout en surveillant du coin de l’œil les dernières révisions. Depuis les années pré-primaires, cette mère s’est toujours tenue aux côtés de son enfant. «Chaque jour, je passais deux à trois heures avec lui pour revoir les leçons. À la fin de la semaine, je lui posais des questions pour voir s’il retenait bien. Aujourd’hui, je constate que ça porte ses fruits.»

Mais malgré les progrès, les mathématiques restent la bête noire du petit Divesh. «Il redoute certaines questions, mais je le rassure. Je lui ai conseillé : s’il trouve un exercice difficile, il peut passer au suivant et y revenir plus tard. Même s’il n’a pas la bonne réponse, écrire ce qu’il sait lui permettra d’avoir quelques points.» lexp - 2025-10-28T071828.225.jpg Alors que les examens débutent, entre nervosité et confiance, les parents se font coachs, soutiens et premiers fans de leurs enfants, comme Diksha et Divesh Doobory, Corine et Liam Hélène, et Élodie et June Thérèse.

Organisée et méthodique, Diksha a établi un planning de révisions et acheté des copies d’examen pour l’entraîner. «Mais je n’ai pas mis de pression sur lui. Il a eu ses moments de jeu avec son petit frère et sa console. L’équilibre est important.» Elle a également veillé à ce que son fils comprenne les règles du jour J : «Il devra s’asseoir seul, ne pas parler et rester concentré.»

Pour elle, la réussite ne repose pas uniquement sur la préparation académique. «Il a une très bonne relation avec son institutrice. Il peut tout lui dire. Elle est toujours présente pour lui, et ça compte beaucoup.» Son secret pour bien apprendre ? «Se lever tôt. La tête est fraîche, l’esprit plus réceptif. Je lui ai dit : si tu veux intégrer un bon collège et réussir dans la vie, le PSAC est ta première grande étape.»

À quelques kilomètres de là, Corine Hélène aborde ces journées avec beaucoup plus de calme. Son fils Liam passera lui aussi les examens cette semaine, mais la tension est loin d’envahir leur maison. «Il n’est pas de nature stressée. Il prend tout avec simplicité. Et nous, ses parents, ne lui mettons aucune pression», confie-t-elle sereinement.

Corine croit en la discipline douce : «On lui a simplement demandé de faire de son mieux. Il sait que nous avons confiance en lui. Après l’école et les leçons, il a droit à ses moments de détente, surtout le foot. C’est important pour lui.»

Le jour des examens, Corine ne l’accompagnera pas. «Avant qu’il parte, nous ferons une petite prière ensemble. Puis, il ira confiant. En rentrant, il nous racontera tout : les exercices, les difficultés, les surprises du papier.»

Elle se souvient d’ailleurs des examens de sciences et d’histoire-géo en septembre.* «Il s’était mis une pression inutile. Il s’attendait à quelque chose de très difficile, et, finalement, c’était abordable.»*

L’année n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille. «À un moment, il a eu un passage à vide. Heureusement, son institutrice et son enseignante de leçons particulières ont su le remotiver. Elles ont fait un travail formidable.»

Pour Élodie Thérèse, la maman de June, la tension monte d’un cran. Sa fille rêve de décrocher de bons résultats pour rejoindre son frère au collège St Andrews, à Rose-Hill. «Elle savait depuis l’an dernier que cette année serait particulière. Elle est restée concentrée, mais un peu stressée quand même», confie Élodie, mi-fière, mi-anxieuse.

«La vraie réussite»

Comme beaucoup de mamans, elle reconnaît avoir parfois été trop présente. «Je voulais qu’elle donne le meilleur d’elle-même. Mais mon mari m’a fait comprendre qu’elle savait ce qu’elle avait à faire. J’ai donc relâché la pression, tout en continuant à l’encadrer.»

Depuis plusieurs mois, June a un emploi du temps chargé : leçons quotidiennes, révisions intensives et sacrifices de week-end. «Elle travaille dur, mais je veille à ce qu’elle se repose le dimanche après-midi. On connaît nos enfants, mais en salle d’examen, tout peut arriver. Il faut qu’elle garde son calme et mette le stress de côté.»

Mais entre la rigueur des révisions, la pression sociale et le désir de bien faire, tous s’accordent sur un point : le bien-être des enfants doit rester la priorité. Comme le résume joliment Diksha Doobory, en observant son fils refermer ses cahiers la veille du grand jour : «Quoi qu’il arrive, il a fait de son mieux. Et c’est ça, la vraie réussite.»


Semaine décisive le calendrier des épreuves a été soigneusement planifié:

Mardi 28 octobre : français, à 9 heures

Mercredi 29 octobre : anglais, à 9 heures

Jeudi 30 octobre : langues orientales et Kreol Morisien Vendredi 31 octobre : mathématiques, dernière ligne droite avant la délivrance

Pour les élèves de Grade 5 souhaitant passer en Grade 7 l’an prochain, ainsi que pour les candidats privés et les élèves du secondaire reprenant le PSAC, le programme diffère légèrement. Outre le français mardi, ils composeront également en sciences à midi, puis en histoire-géographie jeudi après-midi, après les langues orientales. Les résultats sont attendus en décembre. D’ici là, les familles devront encore patienter, le cœur battant. Pour les enfants, ces examens marquent une première grande étape vers le secondaire, un cap symbolique dans leur parcours scolaire. Pour les parents, ils représentent souvent le fruit de plusieurs années de sacrifices et d’accompagnement.


Vishal Baujeet : «les enseignants ont encadré les enfants, la balle est désormais dans leur camp»

À quelques heures des examens du PSAC, la sérénité semble de mise dans les écoles. Le président de la Government Teachers’ Union (GTU), Vishal Baujeet, se veut rassurant : enseignants et élèves sont prêts. «Les révisions ont été intenses ces dernières semaines afin de donner confiance aux enfants pour aborder les différentes matières. Mais, en règle générale, tout va bien se passer. Nous nous sommes même concertés avec le Mauritius Examinations Syndicate pour assurer le bon déroulement des examens», explique-t-il.

Confiant, il espère, comme chaque année, que les enfants donneront le meilleur d’eux-mêmes et que les résultats surpasseront ceux de 2024. L’année 2025 marquera d’ailleurs un tournant, avec la fin des candidats du Grade 5 souhaitant participer au PSAC. Le retard accumulé durant la pandémie de Covid-19 a, selon lui, été entièrement comblé. «Cela dépendra aussi de la demande des parents, mais je pense que ce sera un retour à la normale.» Le ministère de l’Éducation a confirmé qu’aucun «Modular Assessment» en sciences ni en histoire-géographie ne sera organisé pour les élèves de Grade 5. «Les enseignants ont tout fait pour encadrer les enfants. La balle est désormais dans leur camp», conclut Vishal Baujeet.

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