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Marché central

La rénovation de la section boucherie explose de Rs 90 millions à Rs 300 millions

23 août 2025, 14:00

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La rénovation de la section boucherie explose de Rs 90 millions à Rs 300 millions

Photos: © Kiranchand Sookrah

Alors que des travaux d’assainissement ont eu lieu durant la semaine dans la partie des fruits et légumes du marché central, la section boucherie attend d’être rénovée depuis 2018. Sept ans plus tard, la nouvelle estimation du coût des travaux fait sursauter.

À nouvelle administration, nouvelle estimation. Le coût des travaux de rénovation de la section boucherie du marché central était estimé, depuis 2018, à Rs 90 millions. Depuis, un nouveau gouvernement central s’est installé en novembre 2024 alors que dans les villes, les conseils municipaux du Changement ont été élus en mai de cette année.

Le lord-maire, Aslam Hosenally indique qu’une révision du coût de la rénovation de cette section depuis longtemps en souffrance du marché central, a fait passer le chiffre de Rs 90 millions à «plus de Rs 300 millions». Qu’estce qui explique l’explosion des coûts ? Le lord-maire précise que l’estimation initiale de Rs 90 millions «date de bien avant la pandémie de Covid-19». Et qu’en sept ans, tous les coûts ont pris l’ascenseur.

C’est en 2018, sous le précédent régime, que le conseil municipal avait lancé un appel d’offres pour recruter le consultant pour ce projet de rénovation. Depuis sept ans, ce projet est par la suite passé par les étapes du Heritage Impact Assessment et du Visual Impact Assessment (HIA/VIA). Des documents exigés par l’Unesco.

Le processus de rénovation a été rendu long et complexe par la situation géographique de la section boucherie, qui se trouve dans la zone tampon de l’Aapravasi Ghat, site classé patrimoine mondial. Ce qui signifie que tout projet se trouvant dans cette zone tampon doit obtenir le feu vert de l’Unesco avant d’aller de l’avant. Une autorisation sujette à un cahier de charges qui limite par exemple, la hauteur des constructions (parce que l’Aapravasi Ghat se trouve au niveau de la mer) ou encore le type d’activités pouvant être menées dans la zone tampon. La rénovation de la section boucherie du marché central n’est pas le seul projet situé dans la zone tampon de l’Aapravasi Ghat à être soumis aux règles du patrimoine mondial. Le tracé du métro jusqu’à la Place de l’immigration, le Musée de l’esclavage intercontinental, la rénovation de l’ancien poste de police de Trou Fanfaron – classé monument historique – sont également concernés.

Express.mu (620 x 330) (21).png ■ Des travaux de remise à niveau des dalles de l’allée centrale sont en cours.

En avril 2023, le ministre des Administrations régionales d’alors avait indiqué, dans une réponse parlementaire, qu’il «y a seulement un mois de cela que nous avons obtenu le rapport final HIA/VIA. Document qui a par la suite été envoyé à l’Unesco pour validation. Le feu vert a été obtenu la même année.

Comment la mairie compte-t-elle financer ces travaux ? Elle envisage de réaliser la rénovation par phases. La première concernerait la section viande, la seconde, la poissonnerie et la troisième phase s’occuperait de la route entre les deux parties du marché central, explique le lord-maire. Le projet d’allée de street food entre les deux parties du marché central est toujours d’actualité, indique-t-il.

Déficit financier

Selon Aslam Hosenally, le coût de la première phase pourrait grimper «jusqu’à environ Rs 150 millions». Pour trouver les Rs 60 millions manquants (à ajouter aux Rs 90 millions disponibles), la municipalité de Port-Louis compte adresser une demande de financement à l’Association internationale des maires francophones (AIMF). En avril de cette année, Aslam Hosenally a profité de sa participation au sommet de la Commission de l’océan Indien à Madagascar, pour parler du projet de rénovation de la section boucherie avec une représentante de l’AIMF sur place. Une demande officielle va suivre alors qu’une réunion du Bureau de l’AIMF est prévue à la Nouvelle Orléans en octobre 2025, ajoute le lord-maire, qui se dit optimiste quant à une réponse positive, «pour environ un million d’euros (Rs 53,4 millions)».

Si les caisses du gouvernement central ont été qualifiées de «vides» par les autorités, les cinq municipalités et les sept conseils de district affichaient un déficit financier cumulé de Rs 1,27 milliard à la clôture de l’année financière 2024. Un chiffre marquant une hausse de Rs 452 millions par rapport au déficit enregistré en 2023-2024.

Plusieurs facteurs expliquent ce lourd déficit. Les dépenses des collectivités locales ont été alourdies par la hausse des salaires, notamment en lien avec le salaire minimum et le paiement du 14ᵉ mois. À cela s’ajoutent l’augmentation des prix du carburant, celle de l’électricité, entre autres. À PortLouis, les dettes en fin d’année financière 2024/2025 tournent autour de Rs 200 millions. En juin 2023, les revenus du conseil municipal atteignaient Rs 89 millions, bien loin des Rs 120 millions nécessaires au bon fonctionnement de ses services.


Section légumes : Nettoyage des drains dans une zone inondable

Des travaux sont en cours dans l’allée centrale du marché de Port-Louis. Il s’agit de corriger les «altérations du dénivelé», pour l’assainissement des drains, indique le lord maire, Aslam Hosenally. Une remise à niveau des dalles de l’allée rendue nécessaire par la position géographique du marché central situé dans une zone inondable. Dans un courrier adressé au lord-maire, le mercredi 20 août dernier, Arrmaan Shamachurn, président de l’association SOS Patrimoine en péril, souligne qu’il a «été porté à notre connaissance que des pierres taillées anciennes ont été enlevées du marché central». Il insiste auprès du conseil municipal pour que «toutes les mesures soient prises afin que les pierres taillées soient remises en place une fois les travaux terminés». Il rappelle que selon la liste du patrimoine national, le marché central ainsi que les pierres taillées et le fer forgé qui composent l’édifice sont classés. Le lord-maire donne l’assurance pour sa part, que le dallage sera remis en place, «sauf pour les pierres qui auront été détériorées». Il affirme que «nous cherchons aussi une solution de tout-à-l’égout à long terme pour ne pas avoir à bouger les pierres à chaque fois».

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