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Incendie à Florida Lane, Baie-du-Tombeau

La maison de Williamson et Michelette Bégué ravagée

4 janvier 2026, 05:00

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Le Nouvel An n’a pas été synonyme de fête pour tout le monde. À Florida Lane, Baie-du-Tombeau, une odeur de brûlé flotte encore dans l’air. Hier, nous nous sommes rendus sur place. Bien avant d’apercevoir la maison, l’odeur trahit le drame qui s’est joué ici quelques jours plus tôt.

La maison incendiée se trouve juste derrière un jardin d’enfants. Un ruban de sécurité barré de l’inscription «Police – Don’t cross» empêche l’accès à ce qu’il reste de l’habitation. À quelques mètres de là, une scène glaçante : sur une balançoire, la fille de Michelette Bégué joue timidement, pendant que ses parents fouillent les décombres de leur foyer.

À l’intérieur, le spectacle est macabre. Le lit n’est plus qu’une carcasse noircie, la toiture est éventrée, des pans de tôle pendent dangereusement. Des vêtements brûlés jonchent le sol, éparpillés ça et là. Chaque pièce raconte la violence des flammes. Une tristesse lourde enveloppe les lieux.

Le drame s’est produit le 1er janvier, en pleine après-midi, alors que la famille se préparait à célébrer le Nouvel An. Michelette raconte, encore sous le choc : «J’allais préparer le dessert pour les enfants quand mon fils m’a dit qu’il avait entendu du bruit à l’étage. Je lui ai dit de laisser son père regarder. Il est revenu vers moi et m’a dit : Ma, dife lao».
lexp - 2026-01-04T064016.564.jpg Les enfants ont perdu tout leur matériel scolaire.

Sur le moment, elle pense à un petit feu. Elle demande à son mari, Williamson Bégué, de monter et de jeter de l’eau, sans réaliser l’ampleur de l’incendie. Mais très vite, les flammes gagnent l’étage. «Quand j’ai compris que c’était un immense incendie, je n’ai eu le temps que de dire à mon mari de sortir les bonbonnes de gaz et de les mettre dehors. Après… on ne pouvait plus rien faire.» lexp - 2026-01-04T064016.564.jpg l ne reste plus rien de leur chambre.

Malgré l’intervention rapide des pompiers, deux chambres ont été entièrement détruites. Michelette et son époux ont tout perdu : lit, commode, décodeur, vêtements, mais aussi les matériels scolaires de leurs enfants. La voix tremblante, elle confie : «J’avais acheté le sac de ma fille… Elle avait déjà tout préparé, ses sept cahiers, elle attendait la rentrée. Aujourd’hui, son sac est parti en fumée.»

Michelette dit avoir entrepris des démarches auprès de la NHDC depuis 2011 pour obtenir une maison.

En 2018, elle se serait présentée à nouveau : «On m’a dit que la lettre était sortie et que je n’avais pas répondu, alors que je n’ai jamais changé de numéro. Quand ils livraient des maisons près de chez moi, ici à Baie-du-Tombeau, on m’a dit que je n’étais pas prioritaire. J’espère que le ministre du Logement va m’aider. Pa zis kan ena eleksion ki mo trouv zot. Pa nek fer mwa fer randevou. Ed mwa. Le 7 zanvye mo pe repran travay, le 13 bann zanfan pe al lekol. Zot pena nanye.»

La maison incendiée était une maison louée. Aujourd’hui, la famille est éclatée. Michelette dort dans une petite pièce chez une belle-sœur, tandis que ses enfants sont hébergés chez des voisins. Elle avoue ne presque plus dormir : «J’ai peur pour mes enfants». Michelette travaille dans une usine, son mari est maçon. Avec des revenus modestes, reconstruire ou se reloger relève désormais du parcours du combattant.

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