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«La jeune fille et la mort» : Negar Haeri redonne voix à Shaïna Hansye
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«La jeune fille et la mort» : Negar Haeri redonne voix à Shaïna Hansye
Le livre de l’avocate pénaliste Negar Haeri, La jeune fille et la mort, a été lancé hier. Cet ouvrage revient sur le drame de Shaïna Hansye (photo), adolescente franco-mauricienne, assassinée en octobre 2019 à Creil, alors qu’elle n’avait que 15 ans. Plus qu’un récit judiciaire, le livre se veut un hommage à la victime et un cri contre les défaillances du système, qui n’a pas su la protéger.
Shaïna Hansye, c’est une histoire qui a profondément marqué la France. Ayant subi un viol collectif à 13 ans, harcelée et passée à tabac à 14 ans, elle a été poignardée et brûlée à 15 ans. Ses bourreaux lui ont successivement infligé certaines des pires violences qu’une personne puisse subir et plus encore pour une adolescente. «Aucune intrigue dans ce récit. Shaïna est morte», écrit Negar Haeri. L’avocate, qui a défendu la famille lors du procès, raconte qu’elle a découvert Shaïna à travers les dossiers judiciaires, témoins de ses dernières années. Elle insiste : la jeune fille n’était pas la caricature que ses agresseurs avaient construite d’elle. «Elle était bien plus belle, plus grande, plus libre que tous ceux qui, confondant les rôles, l’ont jugée elle plutôt que ses agresseurs.»
Au cœur de l’ouvrage, une question majeure : comment la justice a-t-elle pu échouer à protéger Shaïna ? Selon l’avocate, la mécanique de destruction de sa réputation, amplifiée par ses agresseurs, a joué un rôle déterminant. «La justice, pourtant saisie, n’a pas su mettre fin à la propagation de cette haine», déplore-t-elle.
La presse française a salué le travail de Negar Haeri. Charlie Hebdo décrit le livre comme «un récit puissant et édifiant, qui dénonce le traitement révoltant de ce dossier par la justice» tandis que Vanity Fair estime que l’avocate «démontre la mécanique d’un abandon qui a conduit au drame et questionne notre capacité à entendre la parole des victimes».
L’histoire de Shaïna a également inspiré des auteurs de fiction. Dans son roman Pâture, Alexandre Lamborot fait écho à son calvaire. Il y décrit une jeunesse malmenée, où «les années s’acharnent à faire grandir les enfants» et où les garçons «salissent les souvenirs» et «brutalisent l’instant».
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