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Secteur agricole

La flambée du prix des engrais met les planteurs sous pression

19 avril 2026, 10:40

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La flambée du prix des engrais met les planteurs sous pression

■ Parmi les alternatives, on trouve le fumier local, un engrais organique qui apporte des éléments nutritifs tout en améliorant la fertilité du sol. (Photo d'illustration)

La hausse des prix des engrais s’inscrit dans un contexte international marqué par la guerre au Moyen-Orient, dont les effets se font sentir jusque dans le secteur agricole. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial, ont fortement désorganisé l’approvisionnement en matières premières essentielles à la fabrication des engrais.

Le Moyen-Orient représente une part importante de la production mondiale d’urée et d’ammoniac, composants clés des engrais. Or, les difficultés de transport et la hausse des coûts énergétiques provoquent une flambée des prix. Depuis le début du conflit, les prix de certains engrais ont augmenté de 40% à 50%, avec un risque de nouvelles hausses si la situation perdure, selon la presse internationale.

Cette situation pèse directement sur les planteurs. À l’échelle mondiale, plusieurs pays font déjà face à une envolée des coûts de production agricole, certains évoquant même un doublement du prix de certains engrais.

Comme l’avait indiqué le ministre du Commerce et de la protection des consommateurs, Michaël Sik Yuen, au Parlement, le 24 mars, la hausse des prix mondiaux des intrants agricoles exerce une pression soutenue sur le coût des produits importés. Cette situation est aggravée par l’augmentation des coûts de production dans les pays exportateurs, ce qui se répercute progressivement sur les prix alimentaires à l’échelle internationale.

En ce qui concerne la situation locale, le ministère suit de près cette évolution en concertation avec les principaux acteurs, dont la Mauritius Chamber of Commerce and Industry. «À ce stade, l’impact complet de ces hausses ne s’est pas encore répercuté sur le marché local, les cargaisons intégrant les nouveaux prix internationaux étant toujours en cours d’acheminement. Toutefois, si la situation actuelle perdure, une pression à la hausse sur les prix de détail est attendue dans les semaines à venir», avait-il soutenu.

Subventions : l’exemple indien

Pour les petits planteurs, cette hausse constitue un défi supplémentaire dans un contexte déjà marqué par la sécheresse et la volatilité des prix des différents intrants, malgré le Fertilizer Subsidy Scheme, qui prend en charge environ 50 % du coût des engrais.

Krit Beeharry, de l’Association des planteurs de l’île, alerte sur cette hausse généralisée des coûts de production agricole. «Le diesel a augmenté, tous les intrants que nous utilisons augmentent. Les engrais phosphatés (P) ont augmenté de près de 100 %, tandis que les engrais potassiques (K) et azotés (N) ont progressé d’environ 40 %. Le prix du fret est aussi en hausse. La production locale subit de fortes pressions», déplore-t-il. Il cite en exemple l’Inde, qui a renforcé ses subventions pour les engrais face à la flambée des prix mondiaux. Selon la presse internationale, le gouvernement indien a approuvé un programme de subvention basé sur les nutriments pour la saison agricole, afin de garantir aux agriculteurs l’accès à un sac de 50 kilos de DAP (diammonium phosphate), un engrais essentiel au développement des racines et à la croissance des plantes.

Selon notre interlocuteur, la crise des engrais représente une menace directe pour la sécurité alimentaire. «Pour produire, il nous faut des engrais NPK (azote, phosphore et potassium) ainsi que des semences. Ce sont des éléments essentiels. Si les intrants continuent d’augmenter, la production deviendra encore plus difficile et les planteurs seront découragés», avertit-il.

De son côté, Aneerood Ramgoolam, planteur, souligne que les prix ont fortement évolué. «Un sac de 25 kilos peut coûter Rs 1200, Rs 1500, voire Rs 1800, selon les produits et les fournisseurs. Il y a plusieurs compagnies, donc plusieurs prix», explique-t-il. Cette situation alourdit le coût de production, même pour ceux qui bénéficient de subventions.

Il indique toutefois privilégier des alternatives : «Moi, je n’utilise pas beaucoup d’engrais. Et il ne faut pas oublier qu’il existe des produits comme le fumier, qui enrichissent la terre. Il y a des vers dans mon champ, ce qui montre que le sol est vivant et en bonne santé. Cela permet aussi de maintenir une fertilité naturelle et de réduire la dépendance aux engrais chimiques.»

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