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La CTSP dénonce favoritisme politique et connivence avec le privé

23 août 2025, 09:55

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La CTSP dénonce favoritisme politique et connivence avec le privé

La CTSP maintient la pression pour la pension à 60 ans mais salue aussi le courage des personnes qui ont préféré refuser les nominations qui leur ont été accordées.

La Confédération des travailleurs des secteurs privé et public (CTSP) n’a pas mâché ses mots, hier, lors d’une conférence de presse à son siège à Rose-Hill. Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo ont tiré à boulets rouges sur le gouvernement, dénonçant des nominations «taillées sur mesure» pour des proches politiques, une flambée des prix qui étrangle les familles et la réforme des retraites qui reporte le paiement de la pension de vieillesse à 65 ans.

«Ces deux dernières semaines ont montré comment la pression populaire peut faire bouger les choses. Quatre personnes ont eu le courage de se rétracter à temps et nous les félicitons. Mais beaucoup d’autres n’ont pas l’expérience requise : elles sont là uniquement pour leurs affinités politiques», a affirmé Jane Ragoo, secrétaire de la CTSP. Pour la syndicaliste, ce système affaiblit les institutions et nourrit la frustration populaire.

La CTSP s’attaque aussi à la hausse du coût de la vie, qu’elle qualifie d’insoutenable. Son président, Reeaz Chuttoo, a accusé le gouvernement de protéger le secteur privé au détriment des consommateurs. «On parle d’économiser Rs 1,8 milliard sur le dos des plus pauvres, mais on garantit Rs 2 milliards au secteur privé. C’est une conspiration avec le gros capital», a-t-il dénoncé. Selon lui, un gouvernement responsable devrait entrer en concurrence directe sur le marché afin de casser les monopoles et faire baisser les prix. «Arrêtez de dire que les familles vont économiser Rs 2 000 de ration. Les Mauriciens ne sont pas bêtes. Vous enlevez de la nourriture de la bouche des malheureux», a-t-il martelé.

Sur la pension de vieillesse, Jane Ragoo a rappelé que la CTSP ne lâchera rien : «On voudrait nous faire croire que nous n’avons pas le droit de réagir, que tout est déjà acté dans le Finance Act. Mais nous allons maintenir la pression. La pension doit rester à 60 ans.» Elle souligne l’injustice faite aux femmes au foyer, qui ont toujours compté sur cette pension pour assurer leur dignité à partir de 60 ans. «Aujourd’hui, on leur dit d’attendre cinq ans de plus. C’est révoltant.»

La CTSP affirme avoir saisi le Bureau international du travail et prépare plusieurs actions. Et justement certains membres basés à Madagascar seront à Maurice la semaine prochaine et ont tenu à organiser une rencontre avec la CTSP dans les locaux du ministère du Travail à Port-Louis. A ce jour, il y a eu une grosse mobilisation dans les rues de la capitale, une rencontre pour lancer la signature de la pétition, qui a déjà atteint la barre des 70 000 signataires, et un forum-débat, à Belle-Rose. Deux grandes manifestations sont prévues, le 30 août et le 20 septembre (voir hors-texte).

«Nous parlons au nom des travailleurs, nous faisons entendre leur voix. Il est temps que le gouvernement arrête de mentir et de démanteler l’État providence», conclut Jane Ragoo.

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«Pension à 60 ans, un droit, pas un privilège»

La réforme du gouvernement visant à repousser l’âge de la pension de vieillesse de 60 à 65 ans continue à monopoliser l’attention de la Platform Komun Syndikal. «Après une vie de dur labeur, 60 ans doit être l’âge du repos, pas celui d’un prolongement forcé», affirment les plateformes syndicales. Pour elles, la pension n’est pas une faveur, mais un droit acquis grâce aux contributions de toute une carrière. Le risque est clair : de nombreux travailleurs qui perdraient leur emploi avant 65 ans se retrouveraient sans revenu, dans une situation de grande précarité.

Les syndicats s’inquiètent également pour les femmes au foyer, qui comptaient sur cette pension pour assurer leur dignité, ainsi que pour les jeunes qui verraient le marché du travail se bloquer davantage. Ils dénoncent surtout l’absence totale de consultation et parlent d’une violation des conventions internationales.

Pour marquer leur opposition, une grande marche populaire est prévue le samedi 20 septembre à 13 h 30 au départ de la poste de Rose-Hill. Objectif : rappeler que la pension à 60 ans n’est pas un privilège, mais un droit fondamental.

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