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Écoles maternelles

La CTSP brandit la menace d'une grève de la faim

1 août 2026, 12:20

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La CTSP brandit la menace d'une grève de la faim

Enseignants, assistants, managers et sympathisants ont exprimé leur colère et leur inquiétude lors du rassemblement organisé au Jardin de la Compagnie. Photos: Tony Fine.

À quelques mois de la prochaine rentrée scolaire, l'angoisse ne cesse de monter dans les écoles maternelles privées. Réunis hier au Jardin de la Compagnie, à Port-Louis, employés, syndicalistes et sympathisants ont dénoncé le flou entourant la mise en œuvre du Grant-in-Aid (GIA). Faute de réponses du gouvernement, la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) prévient : une grève de la faim pourrait constituer le prochain moyen de pression.

«Nous sommes arrivés à un point où nous ne pouvons plus attendre.» Le message lancé lors du rassemblement est sans équivoque. Après plusieurs mois d'incertitude et des réponses jugées insuffisantes de la part des autorités, les salariés du secteur de la petite enfance disent ne plus savoir de quoi leur avenir sera fait.

La CTSP annonce qu'elle adressera une nouvelle lettre au ministre de l'Éducation, Mahend Gungapersad, afin d'obtenir des réponses précises sur le devenir des employés des écoles maternelles privées à partir de l'année prochaine. Mais le syndicat prévient déjà que, si le silence persiste, la mobilisation changera de dimension.

Très remontée, Jane Ragoo, secrétaire de la CTSP, n'a pas caché sa déception face à une mobilisation qu'elle espérait plus importante. «Je suis triste de voir si peu de personnes présentes alors que c'est l'avenir de toute une profession qui est en jeu», a-t-elle lancé, avant de rappeler que le syndicat ne renoncera pas. «Notre combat est simple : nous ne voulons pas qu'un seul travailleur perde son emploi.»

WhatsApp Image 2026-08-01 at 11.53.06 AM Jane Ragoo estime que les réponses apportées jusqu'ici par les autorités ne dissipent pas les inquiétudes des employés des écoles maternelles privées.

La syndicaliste est revenue sur la réponse apportée mardi au Parlement concernant le système du GIA. Si le ministère affirme que les employés des établissements intégrés au GIA continueront de percevoir leur salaire, de nombreuses questions restent, selon elle, sans réponse. Elle s'interroge notamment sur le remplacement des managers par des enseignants-managers bénéficiant d'une allocation additionnelle de Rs 5 000 dans les établissements comptant moins de 20 enfants.

«Comment un enseignant pourra-t-il gérer sa classe, administrer l'école et répondre aux urgences en même temps ? Si un enfant tombe malade, qui s'occupera de lui ? Les attendants seront-ils laissés seuls ? Ce sont des questions auxquelles personne ne répond», déplore Jane Ragoo.

«Nous vivons dans l'attente depuis des mois»

Dans l'assistance, les témoignages se ressemblent. Tous traduisent une profonde inquiétude. Haana résume le sentiment général : «La rentrée approche et nous ne savons toujours pas ce qui nous attend. Nous vivons dans l'incertitude depuis des mois.»

WhatsApp Image 2026-08-01 at 11.53.06 AM (2) Très émue, Maaha, assistante enseignante, affirme que l'incertitude entourant le «Grant-in-Aid» (GIA) affecte désormais autant les travailleurs que la qualité de l'encadrement des enfants.

Corine, enseignante, craint que les nouvelles dispositions ne rendent tout simplement son travail impossible. Entre la prise en charge d'une vingtaine d'enfants, la rédaction des rapports destinés aux parents et au ministère, ainsi que les responsabilités administratives, elle se demande comment assurer un enseignement de qualité dans ces conditions. «On nous demande toujours plus, mais sans nous dire avec quels moyens nous allons travailler.»

Pour Nathalie, cette attente devient insupportable. «On nous répète que les réponses viendront bientôt, mais aucune date n'est donnée. Pendant ce temps, nous continuons à vivre avec la peur de perdre notre travail. Derrière chaque employé, il y a une famille*.»*

L'intervention de Maaha, assistante enseignante, a particulièrement ému l'assistance. La voix nouée, elle explique que cette situation affecte désormais sa vie personnelle autant que sa vie professionnelle. « Je dors à peine. Au lieu de réfléchir à la meilleure façon d'accompagner les enfants, nous passons notre temps à nous demander si nous aurons encore un emploi demain. Nous voulons simplement continuer à exercer notre métier dans de bonnes conditions. J'espère que le gouvernement écoutera enfin notre appel.»

Au-delà de leur propre avenir, plusieurs intervenantes ont exprimé leur inquiétude pour les enfants. Certaines se demandent notamment comment les établissements pourront continuer à assurer un accompagnement adéquat des élèves ayant des besoins particuliers si les effectifs sont revus à la baisse.

Le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo, a replacé cette mobilisation dans une lutte menée depuis près de deux décennies. Il a rappelé les combats syndicaux en faveur des attendants, des employés de nettoyage des écoles publiques et du personnel des établissements spécialisés. «Chaque fois qu'il y a eu des injustices, nous avons été présents. Nous ne laisserons pas les travailleurs de la petite enfance se retrouver seuls aujourd'hui», affirme-t-il.

Le dirigeant syndical annonce déjà la prochaine étape : une manifestation devant le ministère de l'Éducation. Et si aucune avancée n'intervient, la CTSP se dit prête à franchir un cap. « Nous irons jusqu'à la grève de la faim s'il le faut. Nous ne voyons plus d'autre moyen de nous faire entendre.»

Les représentants du secteur souhaitent désormais rencontrer le ministre dans les plus brefs délais. Parmi les nombreuses questions qui lui seront soumises figurent le devenir des managers et des assistants-managers, les conditions de travail dans les établissements, le maintien des salaires, les congés de maternité, l'encadrement des enfants à besoins spécifiques ainsi que les ressources humaines qui seront effectivement disponibles à partir de la prochaine rentrée.

Pour les salariés des écoles maternelles privées, le compte à rebours est désormais lancé. Et la patience semble avoir atteint ses limites.

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