Publicité

«Business plan» sur cinq ans

La CHCL déploie l’artillerie lourde pour booster la compétitivité du port

25 août 2025, 16:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

La CHCL déploie l’artillerie lourde pour booster la compétitivité du port

Confrontée à des difficultés persistantes, la Cargo Handling Corporation Ltd (CHCL) tente de se réinventer. Pour redresser la situation, elle mise désormais sur un business plan quinquennal, approuvé en mai par son conseil d’administration et validé par le gouvernement. Présenté le 21 août par le Managing Director de la CHCL, Gassen Dorsamy, lors d’un atelier de l’Economic Development Board, ce plan vise à dépasser des solutions temporaires jugées intenables et à insuffler un nouvel élan au secteur portuaire.

Depuis fin 2024, la nouvelle direction s’efforce à redresser la CHCL, qui se trouve à un tournant : sa concession avec la Mauritius Ports Authority (MPA) expire en décembre, rendant indispensable une stratégie solide pour son renouvellement. La concurrence régionale, notamment le port de Toamasina, à Madagascar, où Gassen Dorsamy a travaillé dans le passé, incite l’entreprise à repenser ses opérations et son positionnement, transformant les défis en opportunités de modernisation.

Maintenir une productivité stable et conforme aux normes internationales constitue un objectif clé. La CHCL considère essentiel de garantir une productivité durable pour attirer les lignes maritimes et assurer la livraison des conteneurs dans les délais. Pour y parvenir, la société mise sur la technologie et la digitalisation de l’ensemble des opérations. «Malgré les critiques, Maurice reste le principal hub de transbordement de la région et avec le développement du port de Madagascar, l’objectif est de conserver cette position de leader», a souligné Gassen Dorsamy.

Entre 2019 et 2024, le trafic s’est situé entre 600 000 et 680 000 conteneurs, conformément aux projections initiales de la CHCL, qui ont ensuite été revues à la hausse. Entre juillet 2024 et le 30 juin 2025, la CHCL a traité plus de 700 000 conteneurs, établissant un nouveau record. La demande des lignes maritimes laisse entrevoir la possibilité d’aller encore plus loin. Cependant, la capacité actuelle en équipements ne permet pas de répondre pleinement à cette croissance. Les investissements prévus dans de nouveaux équipements devraient permettre d’atteindre 1,1 million de conteneurs, voire davantage, d’ici 2030. «Les exportations ont fortement diminué. (…) Nous compensons cette situation grâce au transbordement, qui représente plus de 50 % de notre activité. Il est crucial de ne pas perdre cette part de marché. Une diminution du transbordement ferait chuter de 60 % le nombre de navires desservant Maurice, ce qui serait inacceptable, car cela augmenterait le coût du fret et impacterait négativement l’économie nationale.» Depuis mars, la CHCL a étendu ses services au transbordement de véhicules, desservant le marché local et régional, notamment Madagascar et les Comores, avec une majorité de voitures en provenance d’Inde.

Investissements

Les investissements prévus par la CHCL s’élèvent à Rs 5,3 milliards sur cinq ans, dont Rs 3,8 milliards pour les trois premières années. La société dispose déjà de Rs 2 milliards de réserves pour financer les deux premières années et finalise un financement additionnel de Rs 1,3 milliard. Trois banques locales et deux étrangères ont soumis leurs offres et une décision sera prise prochainement avec le ministère des Finances. Les investissements prévus visent des équipements performants, respectueux de l’environnement et réduisant les émissions de CO2 , afin de faire de Maurice un hub de transbordement durable. Le principal défi reste le manque d’équipements. L’acquisition de trois Super Post-Panamax – grues portuaires de très grande capacité – est urgente, l’appel d’offres étant prévu ce mois-ci. Des 16 Rubber-Tired Gantry cranes actuels, tous fonctionnant au diesel, huit seront convertis en modèles hybrides dans un premier temps, avec une conversion électrique envisagée ultérieurement selon la capacité du Central Electricity Board.

L’optimisation passe également par un entretien rigoureux des équipements, chaque panne pouvant perturber les opérations portuaires. La CHCL a ainsi recruté un ingénieur chargé de revoir le système de maintenance afin de garantir une productivité stable. Le volume de conteneurs frigorifiques ayant doublé, la société doit aussi renforcer la chaîne du froid grâce à des reefer plugs. Pour remédier à la problématique de la maind’œuvre, marquée par des coûts élevés, un centre de formation est en cours de mise en place, avec l’appui du gouvernement indien qui fournira un simulateur d’une valeur de plus de Rs 25 millions, accompagné d’un formateur. Le business plan prévoit également d’accroître la capacité du terminal en accélérant la rotation des conteneurs afin de réduire le vessel time et d’éviter tout effet domino sur les opérations. D’ici 2026, la CHCL ambitionne de disposer d’un terminal entièrement digitalisé et automatisé.

Publicité