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Questions à…
Joëlle Coret : «La SAA est une priorité majeure»
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Questions à…
Joëlle Coret : «La SAA est une priorité majeure»
Joëlle Coret, présidente de la MASA.
■ Comment s’est passée la rencontre avec la DPM et le Premier ministre ?
L’invitation avait été lancée par la DPM, dans une démarche visant à collaborer avec les artistes afin de promouvoir la paix sociale dans le contexte actuel que traverse notre pays.
■ Quels sont les sujets artistiques abordés lors de cette rencontre ?
Nous avons également profité de cette rencontre pour faire entendre les réalités de notre profession. Il était important de rappeler que les artistes font eux aussi partie de la population et sont directement touchés par la situation actuelle, notamment ceux qui travaillent dans les hôtels, restaurants et autres établissements touristiques.
Notre démarche n’était pas de placer les revendications des artistes au-dessus des préoccupations de la population, mais de souligner que la paix sociale doit aussi s’accompagner d’une réflexion sur les difficultés économiques et professionnelles vécues par différentes catégories de travailleurs.
Nous avons également abordé le manque d’infrastructures et d’activités culturelles et artistiques dans les quartiers pour offrir aux jeunes des alternatives positives et les éloigner des fléaux sociaux ainsi que l’absence d’un cadre suffisamment protecteur pour les artistes.
■ Comment le Premier ministre a-t-il reçu ces demandes, revendications des artistes ?
Le Premier ministre a été à l’écoute et nous avons insisté sur la nécessité de développer davantage d’in- frastructures et d’activités culturelles, artistiques et sportives pour offrir aux jeunes des perspectives positives et favoriser leur épanouissement. Il est important maintenant que ces échanges puissent se poursuivre et se traduire en actions concrètes.
■ Quelle est l’urgence pour les artistes aujourd’hui, la SAA ?
Oui, la mise en œuvre effective d’un véritable statut d’artiste constitue une priorité majeure.
La SAA a été votée en juillet 2023 mais jamais promulguée. Il reste essentiel que le cadre prévu se traduise concrètement dans la vie professionnelle des artistes. À ce sujet, je participerai prochainement à une conférence internationale de la Fédération internationale des musiciens (FIM) à Brighton, au Royaume-Uni, où plusieurs pays seront réunis pour débattre des droits et de la protection des artistes indépendants, notamment lors du panel Legal Rights & Protection for Freelancers.
J’ai été invitée et prise en charge par la FIM pour partager la réalité des artistes mauriciens, en particulier les difficultés rencontrées par les musiciens indépendants, la précarité de leurs conditions de travail et le manque de protection auquel ils font face. Cette participation est une occasion de porter la voix de nos artistes au delà de nos frontières mais aussi de prendre part à une réflexion internationale sur les solutions qui pourraient contribuer à améliorer leurs conditions professionnelles.
Pour moi, l’urgence est double : apporter des réponses aux difficultés immédiates des artistes qui risquent de perdre leurs revenus tout en construisant un cadre durable qui évite que les mêmes problèmes se répètent. Nous devons également réfléchir à des programmes de formation accessibles aux jeunes issus de milieux défavorisés afin que la culture ne soit pas réservée à une minorité mais devienne un véritable outil d’inclusion, de développement des compétences et d’autonomie économique.
■ En tant qu’artiste qui milite en faveur de meilleures conditions pour les artistes dans les hôtels, comment la situation de couvre-feu les pénalise ?
Je comprends que les autorités doivent prendre des décisions pour répondre à une situation difficile et préserver la sécurité de la population. Toutefois, il est également essentiel d’évaluer les conséquences de ces mesures sur les personnes qui dépendent directement de l’activité économique du soir, notamment les musiciens qui travaillent dans les hôtels, les restaurants et les établissements touristiques. Il ne faut pas oublier que ces artistes n’ont pas nécessairement un salaire fixe, ni des congés payés. Ils dépendent souvent de chaque prestation pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.
Je pense donc qu’il faut rechercher des solutions équilibrées : maintenir les mesures nécessaires à la sécurité publique tout en examinant les possibilités d’accompagnement des travailleurs concernés en concertation avec les autorités et les opérateurs du secteur hôtelier.
Les artistes peuvent aussi être une force positive dans cette période, notamment en contribuant à la sensibilisation, à l’encadrement des jeunes et au renforcement du dialogue social. Mais pour jouer plei- nement ce rôle, ils doivent eux-mêmes pouvoir travailler dans des conditions dignes. Nous ne voulons pas simplement être entendus lors d’une réunion. Nous voulons que le dialogue ouvre la voie à des ac- tions concrètes au bénéfice de la société mauricienne.
Question parlementaire sur la LOI en suspens

Sollicité pour une déclaration sur l’avancement du dossier SAA, le ministre des Arts et de la culture, Mahen Gondeea, nous a informés, par l’entremise de son attaché de presse, qu’une question parlementaire est à l’agenda demain mardi 20 octobre. En effet, une question est à l’ordre du jour au nom de Sydney Pierre, député démissionnaire du gouvernement et du Parti travailliste. Aux dernières nouvelles, des correc- tions d’ordre légal doivent être apportées au dossier avant sa présentation au Parlement. Mais il y aurait des précisions du ministère des Arts et de la culture toujours en attente. Depuis deux ans, le ministre annonce la version finale de cette loi, mais le dossier serait toujours au «State Law Office». Affaire à suivre après la séance du Parlement, demain.
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