Publicité

Recensement ethnique

Jean Claude de l’Estrac : «On ne peut pas faire une réforme avec des chiffres dépassés»

13 septembre 2025, 12:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Jean Claude de l’Estrac : «On ne peut pas faire une réforme avec des chiffres dépassés»

■ Jean Claude de l’Estrac, ancien secrétaire général de la Commission de l’océan Indien et ancien ministre.

«Je ne comprends pas l’urgence autour de cette question de base pour la réforme électorale, alors que les prochaines élections législatives auront lieu dans cinq ans. Nous avons amplement le temps d’y revenir. Il y a d’autres sujets bien plus importants qui méritent l’attention urgente du gouvernement. Sur le fond, on peut soulever deux points majeurs. Le premier concerne la proposition présentée par le Premier ministre adjoint, Paul Bérenger, de maintenir le système de Best Loser. Il y a là une contradiction : par le passé, lorsqu’il était question d’une réforme électorale avec l’introduction d’une dose de proportionnelle, il était aussi envisagé d’abolir le Best Loser System. Aujourd’hui, le gouvernement veut finalement conserver ce système, en s’appuyant sur le recensement ethnique de 1972. Or, le rapport de force démographique a depuis longtemps évolué. Les statistiques de 1972 ne correspondent plus à la réalité actuelle. Cela n’a aucun sens.»

«J’attends aussi du Parti travailliste qu’il soutienne la proposition d’introduire une dose de proportionnelle, avec 20 sièges additionnels comme évoqué par Paul Bérenger. C’est une avancée significative. Historiquement, le Parti travailliste, comme le MSM, est resté frileux face à toute réforme du First Past The Post, car ce système garantit leur hégémonie électorale. Pour l’instant, il s’agit d’une proposition, et nous verrons si la position du Parti travailliste a effectivement évolué. Mais une chose est certaine : un système mixte, combinant First Past The Post et une proportionnelle significative, serait beaucoup plus juste et respectueux du vœu de l’électorat. Le système actuel, qui produit régulièrement des 60-0, ne reflète jamais la réalité du rapport de force électoral, hier comme aujourd’hui.»

Publicité