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Décoré de la légion d’honneur

Jean Claude Autrey : l’avenir est dans le sucre

1 novembre 2025, 18:00

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Jean Claude Autrey : l’avenir est dans le sucre

■ La famille Autrey au grand complet. Photo: Rishi Etwaroo

Nouvelle haute distinction pour Jean Claude Autrey. L’ambassadeur de France, Frédéric Bontems, lui a remis l’insigne de chevalier de la Légion d’honneur le jeudi 30 octobre. Il y a plus d’un an, le 12 mars 2024, la République l’avait élevé au rang de Grand Commander of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean. Retour sur un parcours éloquent qui brille par son exceptionnelle longévité.

WhatsApp Image 2025-11-01 at 3.41.46 PM.jpgLe décoré félicité par l’ambassadeur de France, Frédéric Bontems.

Cinquante-huit ans de service au Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI). Et toujours le même «fun» pour le travail, affirme Jean Claude Autrey. Il est désormais chevalier de la Légion d’honneur. La remise d’insigne par l’ambassadeur de France a eu lieu le jeudi 30 octobre.

«Je reçois cette décoration non comme l’aboutissement d’une carrière, mais comme un appel à continuer de transmettre, de développer la science à Maurice, dans la région, en Afrique et au-delà, et d’inspirer les générations futures à servir l’humanité par la connaissance», a déclaré Jean Claude Autrey à la Résidence de France.

Son envie irrépressible d’avancer carbure au sucre et à son «or vert qui se trouve à 30 centimètres du sol». L’avenir de la canne, Jean Claude Autrey y croit dur comme fer, n’en déplaise aux scep- tiques. Selon lui, la recette du succès se trouverait dans un rapport qu’il a signé, avec une équipe, sur la biotechnologie verte. «Ce rapport comporte la création d’un institut moderne de biotechnologie pour l’agriculture, l’océan, la médecine, l’environnement, l’industrie et la formation. La recherche cannière doit être repensée car la canne occupe toujours un tiers de notre superficie. Elle est une culture d’avenir à travers l’exploitation de sa biomasse et son potentiel à répondre à certains de nos défis sociétaux dont l’alimentation, l’énergie renouvelable, le changement climatique à travers la séquestration de carbone, etc. Nous avons un champ minier de 10 000 hectares à l’abandon.»

Depuis son vaisseau amiral, le vaste bureau qu’il occupe au Jean Espitalier Noël building, à Réduit, Jean Claude Autrey initie toujours des projets de recherche. Comme celui de trouver «un rhum dont les propriétés organoleptiques (NdlR : un aliment qui affecte les sens) seraient supérieures à celles de la canne bleue des Caraïbes». Ou encore la recherche de «solution aux problèmes de main-d’œuvre qui pourrait faire péricliter tout un secteur de l’industrie cannière».

Il se prépare aussi pour un voyage en Polynésie, «terre d’adoption de Jacques Brel et de Paul Gauguin» à l’invitation de l’organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes (CIRAD) comme membre du jury d’une thèse doctorale.

Toujours dans l’empire de King Sugar, le décoré n’est pas peu fier du «projet ACP financé par l’Union européenne à hauteur de 13 millions d’euros qui est unique au niveau de la canne à sucre et qui a résulté en des applications probantes et d’autres en devenir comme la production de bioplastique haut de gamme à partir d’une ressource négligée, la paille de canne».

Sur la table basse dans son bureau, l’une de ses fiertés : les volumes de Flore des Mascareignes. Une entreprise monumentale «des plus significatives» réalisée avec le Museum National d’Histoire Naturelle de Paris et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) qui a abouti à «la production de 30 volumes. Un dernier sera publié début 2026 comme conclusion.»

Son intérêt pour la flore, il l’a aussi exprimée au jardin botanique de Pamplemousses. Botaniste, Jean Claude Autrey a eu l’occasion d’œuvrer à la «renaissance» du jardin, pour qu’il retrouve son lustre d’antan. Dans le même élan, Jean Claude Autrey a évoqué avec sentiment la réhabilitation du buste et la stèle patinée de Bernard de St. Pierre au Jardin de Pamplemousses.

En sus du MSIRI, Jean Claude Autrey occupe les fonctions de chancelier de l’université de Maurice, depuis 2015. Jeudi soir, il a évoqué un pan de l’histoire de l’université de Maurice, qui a eu «quatre chanceliers depuis sa création. La toute première était Son Altesse Royale la Princesse Alexandra de Kent dans les années 1970, ensuite sir Maurice Rault, chef juge, dans les années 1980 et sir Ramesh Jeewoolall, président de l’Assemblée nationale dans les années 2000. Ces deux derniers étaient des Chevaliers de Sa Majesté. La distinction dont je suis l’objet perpétue la tradition d’avoir un chevalier à la tête de notre digne institution, cette fois un chevalier de la République plus en ligne avec l’évolution politique du monde».

Le chancelier, qui est associé «depuis 1978 à différents titres» à l’université de Maurice se prépare à marquer le 60e anniversaire de l’institution. «Le 10 décembre prochain lors de notre jubilé de diamant nous aurons l’opportunité de voir le chemin parcouru et de mettre en valeur la collaboration fructueuse avec des institutions françaises.» Une institution qui compte «77 000 diplômés qui se retrouvent dans toutes les sphères d’activités. Du haut de la pyramide à la présidence de l’Etat à travers tous les échelons jusqu’au personnel de soutien», a-t-il souligné.

Question souvent posée à Jean Claude Autrey : à quand la retraite ? «Beaucoup de personnes me demandent pourquoi je continue à travailler, certains avec curiosité, d’autres avec un brin de réprobation, puisque pensent-elles, je devrais aller jouer au golf. A cela, je réponds : il y a tellement de bonheur à continuer à s’enrichir de nouvelles connaissances et de réaliser des projets utiles qui me sont chers. Faute d’un mot plus approprié, je dis à mes amis que le travail est passion et le golf peut attendre quand je serais à St. Jean où des parcours de 18 trous abondent». WhatsApp Image 2025-11-01 at 3.42.11 PM.jpg

Jean Claude Autrey entouré de Jacqueline Sauzier, secrétaire de la Chambre d'Agriculture, Arnaud Lagesse, CEO du groupe IBL, et Jacques d'Unienville CEO d'Omnicane.


Les étapes clés

Jean Claude Autrey a passé sa scolarité primaire à l’école Notre Dame des Victoires avant de fréquenter le Collège du Saint-Esprit. Il est titulaire d’une licence en botanique de l’université de Londres, d’une maîtrise en pathologie végétale et d’un doctorat en virologie végétale de l’université d’Exeter

15 août 1967 : Jean Claude Autrey entre au MSIRI comme assistant technique

1992-1995 : il gravit les échelons et devient directeur adjoint

1996-2007 : devient directeur du MSIRI

20 avril 2025 : installation comme chancelier de l’université de Maurice

22 août 2017 : cérémonie marquant les 50 ans de service au MSIRI

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