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Aménagement du territoire

Îlot Fourneau : Paul Bérenger en mission de suivi

1 mars 2026, 09:00

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Îlot Fourneau : Paul Bérenger en mission de suivi

C’est depuis Le Morne, avec l’assistance de la National Coast Guard, que le Deputy Prime Minister Paul Bérenger a donné le départ d’une visite officielle sur l’îlot Fourneau hier. À ses côtés : le ministre des Terres et du Logement Shakeel Mohamed, le ministre du Tourisme Richard Duval et le ministre des Arts et de la Culture Mahen Gondeea, entourés de plusieurs députés et hauts fonctionnaires.

Cette sortie sur le terrain s’inscrit dans une vaste démarche de suivi et de gestion durable des îlots qui entourent l’île Maurice. «Il y a environ cinquante petits îlots autour de l’île principale. Nous entamons un travail de longue haleine pour les contrôler, les développer, les garder propres et sécurisés», a déclaré Paul Bérenger.

À l’arrivée, l’îlot Fourneau dévoile son caractère brut et préservé. Le vert intense de la végétation contraste avec le blanc éclatant du sable, tandis que l’air marin, pur et vivifiant, enveloppe les visiteurs. Plus loin, un coin de plage attire particulièrement l’attention.

Ce petit espace est devenu un havre de détente pour les touristes. Il est soigneusement entretenu depuis 23 ans par Clovis Albert, qui accueille les visiteurs dans un cadre simple mais authentique (voir plus bas). Le Premier ministre adjoint a salué cette initiative individuelle, tout en soulignant la nécessité de régulariser certaines situations.

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«Ce que nous avons trouvé ici est extraordinaire. Il y a un travail remarquable réalisé par une personne sur place. Bravo ! Mais il faut régulariser. Le passé est le passé. Nous devons maintenant mettre de l’ordre, nettoyer, redresser vers l’avenir», a-t-il affirmé. Les autorités ont relevé l’existence de structures non conformes aux règlements en vigueur. L’objectif, selon les ministres présents, n’est pas de sanctionner, mais d’encadrer et d’accompagner afin d’assurer un développement harmonieux et légal.

Paul Bérenger a rappelé que cette visite s’inscrit dans la continuité du travail entrepris sur l’île aux Bénitiers, qualifiée de «grande réussite» grâce à une collaboration entre autorités et opérateurs locaux. «L’île aux Bénitiers est une leçon. Ce succès, nous l’avons construit ensemble», a-t-il souligné. Après l’îlot Fourneau, la tournée ministérielle devrait se poursuivre vers d’autres îlots stratégiques, notamment l’île Plate, l’îlot Gabriel et possiblement Coin de Mire au nord, puis vers des îlots de l’est. Une cartographie claire, une harmonisation des appellations géographiques et un contrôle accru des occupations illégales figurent parmi les priorités évoquées.

Paul Bérenger a également insisté sur la nécessité d’une présence renforcée des autorités pour prévenir toute dérive, notamment les constructions illégales et autres activités contraires à la loi. Il a salué le rôle de la National Coast Guard dans l’encadrement et la surveillance des zones côtières.

Au terme de cette visite, un constat s’impose : entre beauté sauvage et enjeux de régulation, l’îlot Fourneau symbolise les défis auxquels font face les autorités mauriciennes. Préserver, encadrer, développer – tout en respectant l’authenticité des lieux et ceux qui y vivent – tel est l’équilibre recherché par le gouvernement dans la gestion des îlots du pays.

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Clovis Albert, 23 ans au service d’un joyau sauvage

Il y a des lieux qui marquent une vie. Et puis il y a ceux que l’on façonne à force de patience, de sueur et de fidélité. Sur l’îlot Fourneau, petit coin de terre posé sur l’océan, Clovis Albert ne fait pas que travailler : il s’est enraciné.

Express.mu (620 x 330) (21).jpg ? Clovis Albert s’assure que l’environnement reste propre.

Depuis 23 ans, cet homme discret veille sur l’île comme sur un trésor. Chaque matin, il quitte sa famille aux premières heures du jour pour rejoindre ce bout de terre où il gagne sa vie. Une traversée devenue rituel. «Ici, la journée commence avec la lumière», confie-t-il. Avant même l’arrivée des premiers visiteurs, il est déjà à l’œuvre.

Car l’îlot Fourneau ne se contente pas d’exister : il est entretenu, aménagé, cultivé. Clovis plante des cocotiers, des manguiers, entretient les espaces verts, nettoie les abords, répare les installations abîmées par le vent salin. À l’entrée, il a disposé des drapeaux mauriciens, flottant fièrement comme pour souhaiter la bienvenue. Un geste simple, mais chargé de sens : ici, les visiteurs sont accueillis avec respect et fierté nationale.

Chaque jour, plus de 50 touristes foulent le sable de l’îlot. Ils viennent chercher le calme, la mer turquoise et l’authenticité du lieu. Clovis les reçoit, veille à leur sécurité et s’assure que l’environnement reste propre. Il emploie également des hommes de main pour l’aider à maintenir l’île en bon état. «J’ai fait beaucoup de choses ici», dit-il sans détour. Et les traces de son engagement sont visibles partout : dans les plantations, les espaces aménagés, les enclos installés à proximité.

Son parcours n’a pourtant pas été exempt de difficultés. Des différends, notamment avec certains habitants de la région du Morne, ont émaillé son chemin. «Mo gagn problem avek bann dimounn le Morne mem», reconnaît-il. Mais il affirme vouloir avancer dans la légalité et la transparence.

Le ministre Shakeel Mohamed a annoncé vouloir régulariser sa situation, une décision que Clovis accueille avec reconnaissance. «C’est une bonne décision. Je remercie le gouvernement», déclare-t-il.

Sur l’îlot Fourneau, battu par les vents et bercé par les vagues, Clovis Albert continue de bâtir, jour après jour, une histoire faite d’attachement, de travail et de persévérance.

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