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Abus sexuels sur mineurs
Il aurait fait au moins six victimes en dix ans
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Abus sexuels sur mineurs
Il aurait fait au moins six victimes en dix ans
Percy Duval a été arrêté lundi par la police de Rivière-Noire. Il a gardé le silence devant les enquêteurs : «Mo pena nanye pou dir.»
Percy Duval (photo), un habitant de Tamarin, âgé de 57 ans et employé chez un concessionnaire automobile, a été arrêté lundi par la police de Rivière-Noire. Il fait face jusqu’ici à six accusations de causing child to be sexually abused. Provisoirement inculpé, il est détenu au poste de police de Rivière-Noire. Les plaintes ont été initialement déposées au Central Criminal Investigation Department, avant d’être transmises à la Brigade des mineurs. Selon les informations recueillies auprès de proches des victimes, les abus se seraient produits au domicile même de Percy Duval.
Parmi les victimes, l’une avait quatre ans et demi au moment des faits, une autre huit ans, une troisième neuf ans, et une quatrième aurait subi des attouchements sexuels pendant quatre ans. Ces abus se seraient déroulés sur une période de dix ans. Hier, une parade d’identification a été organisée. Les victimes ont formellement identifié Percy Duval comme leur agresseur.
Dans la foulée, le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, a examiné les victimes. Il a confirmé qu’il y avait six victimes – trois mineures et trois autres devenues majeures depuis. Ces examens médicaux, qui ont démarré hier, prendront fin d’ici vendredi. Le Dr Gungadin devrait soumettre ses rapports au cours de la semaine prochaine. Percy Duval a été reconduit au poste de police de Rivière-Noire après la parade d’identification.
? Mode opératoire méthodique
Selon une source proche de l’enquête, le mode opératoire de l’accusé était particulièrement calculé. Il aurait utilisé sa propre fille comme appât, lui demandant d’inviter ses jeunes amies pour des sleepovers au domicile familial. Il se serait couché tôt, puis se serait réveillé aux petites heures pour se rendre dans la chambre où dormaient les victimes, leur montrant des photos et vidéos à caractère sexuel. Une autre victime prenait des leçons de piano d’une proche du suspect et ce dernier l’aurait soudoyée pour qu’elle vienne dormir chez lui.
Durant son interrogatoire, Percy Duval a exercé son droit au silence, déclarant : «Mo pena nanye pou dir», ce qui pourrait également indiquer qu’il ne parlera qu’en présence d’un avocat. Les victimes sont représentées par le cabinet d’avocats de Mᵉ Siddharta Hawoldar. Mais en l’absence de ce dernier au pays, elles sont défendues par Mᵉ Deveena Joyram.
? Pedostop réagit
Virginie Bissessur, présidente de l’association Pedostop, a réagi par rapport à cette affaire en soulignant le profil récidiviste des agresseurs sexuels. «Les prédateurs sont très souvent des récidivistes. Dans cette affaire, les victimes sont en train de se manifester une à une.» Elle a également salué l’évolution de l’opinion publique depuis l’affaire Pavaday, estimant que la honte se retourne désormais vers l’agresseur plutôt que vers la victime, ce qui encourage ces dernières à se manifester. Elle a aussi décrit le schéma classique de l’agresseur : tester progressivement les limites des enfants, interpréter leur absence de réaction comme un consentement alors que la loi est formelle – aucun enfant de moins de 16 ans ne peut consentir.
Elle appelle, par ailleurs, la police de Rivière-Noire à traiter ce dossier avec tout le sérieux qu’il mérite, faisant référence à une précédente affaire, qui aurait été mal gérée. Elle a conclu par un appel aux victimes : «Tous les enfants victimes d’abus sont les bienvenus à Pedostop, nous sommes là pour les aider, nous leur fournirons un soutien légal et psychologique». Les enquêteurs pensent qu’à la lumière de ces dénonciations, d’autres victimes pourraient venir de l’avant pour déposer.
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