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Kronik KC Ranzé

Hurler dans le désert……Ou la loi du plus fort

7 décembre 2025, 06:30

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Hurler dans le désert……Ou la loi du plus fort

À entendre le leadership politique depuis quelque temps, le pays est régulièrement prisonnier de sa bureaucratie et c’est souvent pour cela que des dossiers, pourtant importants, sont ralentis, voire bloqués.

Je ne prétendrais pas connaître tous les détails de cette question, mais il est clair que, depuis longtemps déjà, la pratique des High Powered Committees (HPCs) présidés par le Premier ministre lui-même ou l’un de ses adjoints les plus rapprochés, est un des symptômes parlants des difficultés rencontrées sur de nombreux dossiers. C’est l’exaspération de ne pouvoir rapidement concrétiser la politique gouvernementale qui mène l’exécutif à nommer des HPCs pour trancher dans le vif et faire avancer. Je ne négligerais pas, non plus, le fait que le leadership politique peut, s’il n’est pas proprement motivé, lui-même déraper et que le fonctionnaire a, dans ces cas-là, le devoir d’exprimer librement son opinion… pour le ramener au chemin étroit de ce qui est «juste».

Entendons-nous! Un État a besoin d’une bureaucratie pour développer sa politique, suivre les dossiers, s’assurer que les lois sont respectées et les budgets pas compromis. Mais cette bureaucratie peut être réfractaire ou souple, insensible ou sensée, négative jusqu’à la dernière virgule ou motivée par l’avancement du pays et du bien général. Le bureaucrate récalcitrant se cachera derrière des formules lapidaires, de type «The matter is under consideration», qui ne seront que façade. Il cherchera la petite bête, ou canalisera systématiquement le dossier «ailleurs», pour ne pas devoir prendre une décision et ainsi «couvrir ses arrières». Ce fameux «CYA» qu’embrassent les pleutres et laisse libre cours aux grandes gueules et aux «plus forts».

La situation est évidemment rendue encore plus compliquée si le fonctionnaire en question ajoute une couche de partisannerie ou de règlement de compte à son insouciance ou à sa préférence du CYA. Comme l’écrivait Amédée Darga ce mercredi dans l’express, un des axes de comparaison défavorable que nous affichons vis-à-vis du modèle de Singapour (qui faisait 8 fois plus de progrès que nous en 60 ans…), c’est justement le fait que la bureaucratie singapourienne est agile et rapide, contrairement à la nôtre qui cafouille et qui traîne…

L’improductivité de notre fonctionnariat est reconnue suffisamment importante pour qu’elle soit l’affaire d’un ministère tout entier. Il s’agit du Ministry of Public Service and Administrative Reforms. Le ministre actuel est M. R. Pentiah, qui a une bonne formation légale, à défaut d’un parcours de leadership nécessaire pour transformer la mentalité du service civil. Ce qui peut aussi inquiéter pour notre avenir, c’est que la mission de ce ministère, qui emploie 98 personnes qui coûteront Rs 345 millions (en baisse remarquée de 30%, tout de même, par rapport aux Estimates de 2024/25), n’est pas explicitement «Citizen-centric», puisqu’il se réfère plutôt à un «… people-centric public service», ce qui prête à confusion. Car, en effet les «people» mentionnés pourraient n’être, en fait, que les fonctionnaires eux-mêmes ? Un tel flou doit être dissipé au plus vite….

Mais, en fin de compte, le changement de mentalité ne pourra jamais venir d’un seul ministère. Tout le leadership politique du jour doit donner l’exemple et le ton, ainsi que les employés du service civil eux-mêmes, qui devraient s’engager ouvertement pour le pays et ses projets porteurs plutôt que de jouer au chien couchant ou au disque de frein. Ce qui rendrait enfin possible de réduire ce taux honteux de 62% de fuites dans les tuyaux de la CWA (en augmentation de 4% depuis 2014 !)… Ce qui permettrait peutêtre à un collège citoyen qui veut asphalter, à ses frais, la route d’accès qui le concerne, en lui donnant même un drain d’évacuation et qui DEMANDE LA PERMISSION pour le faire, de recevoir ne serait-ce qu’une réponse… Ce qui favoriserait l’avancement de tant de projets résidentiels, scolaires et autres au quotidien… Ce qui aiderait sans doute à accélérer de nombreux projets répertoriés et en attente à l’EDB… Ce qui aurait aidé à protéger le pays contre les folies du Molnupiravir ou de Pack & Blister… Ce qui permettrait peut-être enfin de privatiser le port et de nous sortir de ce classement infâme de 369e des 403 ports étudiés par la Banque mondiale en 2024… Ce qui aurait pu nous éviter la foirade de la Silver Bank ou du MIC… Ce qui aurait pu nous dispenser des sommes folles payées en compensation à Betamax et Neotown, sans compter les Rs 28 milliards injectés dans les compagnies relevant des cendres de la BAI (NPFL, NIC, Maubank)… Ce qui nous aidera à éviter de patauger et de rater nos chances et donc de voler vers des lendemains plus rieurs!

Devons-nous le rappeler ? Les ministres et les parlementaires sont des employés du peuple. Les fonctionnaires aussi ! Ils ont tous les deux l’avantage d’être généreusement payés des deniers publics, avec la mission de travailler pour le pays et de servir la population. Les hommes politiques, cependant, font au moins face, une fois tous les cinq ans, à un rappel à l’ordre potentiel de la part du public. Les fonctionnaires, pas! Protégés qu’ils sont par des lois spéciales et chouchoutés par le pouvoir car représentant, en fin de compte, un bloc électoral bon à soigner pour leurs votes, famille comprise…

Une question ne peut s’éviter : est-ce que les élus politiques bien motivés sont prêts à voir leurs ambitions pour le pays être bloquées par une bureaucratie jouant la montre et presque jamais redevable ? La loi du plus fort est-elle celle des élus politiques avec un mandat populaire ou celle du fonctionnariat qui est supposé servir le citoyen ? Débrouillez-vous! En tandem ! Il FAUT que le pays gagne !

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L’histoire humaine est parsemée d’incidents qui démontrent l’une des lois les plus implacables qui soit : la loi du plus fort !

Depuis les caves de Cro-Magnon en passant par les longues vagues d’empires qui montent et qui s’écroulent: perse, romain, omeyyade, mongol, Qing, espagnol, britannique…, ceux qui se sentent forts n’ont jamais hésité à conquérir et exploiter les autres, pour asseoir leur pouvoir et leur fortune. D’autres, comme Napoléon ou Hitler, ont essayé et n’ont pas réussi…

On a peut-être cru qu’ayant appris nos leçons du passé, nous avions progressé à un monde plus civilisé ? Erreur !

Regardez seulement les deux plus grandes puissances nucléaires de la planète !

La Russie, pourtant le plus grand territoire du monde avec 17,1 millions de km², qui regorge de ressources minières et pétrolières, avec presque 4 fois plus d’habitants, un PIB 11 fois plus important et un PIB/tête 3 fois supérieur; se considère officiellement «menacée» par son voisin ukrainien. Non content d’annexer la Crimée unilatéralement en 2014, la Russie envahit l’Ukraine dans une «opération spéciale» en février 2022, pour maintenant exiger qu’elle se mette, avec l’accord des États-Unis, en position d’être bouffée plus facilement à l’avenir. En 4 ans, seulement 18% du territoire ukrainien a pu être mis sous contrôle. À très grands frais d’ailleurs….

Voyez vous-même !

Ses exigences pour la paix incluent des limites drastiques à la taille de l’armée ukrainienne, l’interdiction de voir des troupes étrangères de défense sur son sol (alors que la Russie pourrait, présume-t-on, continuer à se faire aider par les Nord-Coréens et d’autres ?), l’empêcherait de rejoindre l’OTAN, lui interdirait de posséder des missiles de longue portée, lui exigerait de se retirer de terrains non conquis sur son propre territoire souverain !…. Il n’y a pas de paix possible dans ces conditions, mais Poutine parie que le temps donnera finalement la victoire au plus fort ! Les Européens qui soutiennent l’Ukraine «jusqu’au bout»… jusqu’ici, sont maintenant avertis que la Russie est prête à la guerre, si l’Europe «commence». Tous ceux qui empêchent la Russie de trouver la paix qui LEUR convient, sont prévenus…

Les Américains plutôt accommodants aux thèses russes «du plus fort», jouent euxmêmes au matamore depuis la réélection de Trump. On se souviendra des thèses paternalistes et hégémonistes de Trump au Groenland ou vis-à-vis du Canada, dont il souhaitait faire, généreusement, un 51e État américain ! Puis vinrent les tarifs pour ceux qui avaient «exploité» les USA ! Plus récemment, les États-Unis se sont arrogés le droit de détruire les embarcations venant du Venezuela ou de Colombie, au motif qu’il s’agissait de «narcoterroristes». Il y a certes un important trafic de drogue vers les États-Unis et l’on peut comprendre que Trump veuille y mettre fin (ce que feront alors les consommateurs américains reste à voir…), mais qui peut défendre la thèse que les Américains savent qui sont des narcoterroristes au point de se donner le droit de les tuer, alors qu’ils ne peuvent même pas, au moins parfois, distinguer un citoyen américain authentique d’un immigrant illégal (*). La prétention américaine va même jusqu’à interdire l’espace aérien vénézuélien…

Quand les plus forts egos, nucléarisés à souhait, deviennent à ce point inconscients des conséquences de ce qu’ils entreprennent, les guerres de proxy peuvent s’embraser à tout moment…

(*) https://www.propublica.org/article/immigration-dhsamerican-citizens-arrested-detained-against-will

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