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90 ans du Parti travailliste
Fabrice David : «L’engagement des jeunes a changé, mais il est bien réel»
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90 ans du Parti travailliste
Fabrice David : «L’engagement des jeunes a changé, mais il est bien réel»
Fabrice David, président de l’aile jeune.
? Que représentent pour vous ces 90 ans du PTr ?
Ces 90 ans ne sont pas une simple commémoration : ils sont un acte politique. Ils incarnent une continuité historique rare, presque unique dans notre région. Fondé en 1936, le Parti travailliste mauricien est aujourd’hui le deuxième plus vieux parti politique encore actif en Afrique et dans l’océan Indien, juste après l’African National Congress d’Afrique du Sud créé en 1912. Cette longévité n’est pas un privilège, c’est une exigence. Elle nous oblige à être à la hauteur de notre histoire, sans jamais nous y réfugier. Le PTr n’a pas simplement accompagné l’histoire mauricienne : il l’a écrite. De la lutte ouvrière à l’émancipation politique, de la conquête des droits fondamentaux à la construction de l’État-Providence moderne et social, chaque grande avancée du pays porte son empreinte. Ces 90 ans sont donc à la fois un héritage puissant et un mandat clair : celui de poursuivre le combat pour la justice sociale, d’assumer le changement et de préparer l’avenir avec lucidité, courage et responsabilité.
? Le PTr est associé aux grandes conquêtes sociales du pays. Quel est pour vous l’héritage le plus marquant aujourd’hui ?
L’héritage le plus marquant du PTr, c’est d’avoir transformé la dignité humaine en action publique. À Maurice, le suffrage universel, l’éducation gratuite, la santé publique et la sécurité sociale ne sont pas des concessions, ni des effets de mode, mais des conquêtes politiques arrachées et institutionnalisées par le PTr. Ces acquis ont structuré la société mauricienne et garanti à chaque citoyen le droit fondamental de vivre avec respect, égalité et protection. Aujourd’hui encore, cet héritage demeure une ligne rouge idéologique : le progrès économique n’a de sens que s’il est partagé, inclusif et durable. Le PTr refuse une croissance qui exclut ou qui épuise les ressources. Depuis 1936, sa boussole est la même : mettre l’économie au service de l’humain et inscrire le développement dans le temps long. C’est cette vision politique claire qui distingue le PTr et qui continue de guider son action.
? En tant que jeune député et président de l’aile jeune, comment décririez-vous l’engagement des jeunes en politique aujourd’hui ?
En tant que jeune député et président du Young Labour, je peux affirmer que l’engagement des jeunes en politique a changé de forme, mais qu’il est bien réel et n’a jamais été aussi déterminé et exigeant. Aujourd’hui, les jeunes ne se contentent plus de participer : ils veulent comprendre, contribuer et influencer réellement les décisions. Ils sont informés, critiques et ambitieux ; et c’est justement de cela que la démocratie a besoin. Au sein du parti, les jeunes ne s’engagent pas par nostalgie, mais par conviction. Nos jeunes demandent des solutions concrètes aux défis qui les concernent : emploi, coût de la vie, environnement, numérique et justice sociale. Notre responsabilité est claire : canaliser cette force et lui offrir un espace réel pour agir et transformer la société.
? Le parti laisse-t-il assez de place aux jeunes dans les prises de décision ?
Oui, et les chiffres le démontrent. Depuis la reconstitution des instances au congrès du parti en 2022, plus de 55% de l’Exécutif est composé de nouveaux membres, dont une part significative de jeunes de moins de 35 ans. Au Bureau politique, 62% des membres sont nouveaux – avec un équilibre assumé entre expérience et renouvellement. Au Parlement, sur les 35 députés du parti rouge, 10 sont issus du Young Labour, preuve que la jeunesse n’est pas confinée à la périphérie du parti. Ce n’est pas un rajeunissement de façade : c’est un choix politique assumé. La place des jeunes ne doit pas être symbolique ; elle doit être opérationnelle et décisionnelle et c’est exactement le chemin que le parti a choisi pour mieux préparer l’avenir.
? Après 90 ans, quelle devrait être la nouvelle priorité du PTr pour les dix prochaines années ?
Après 90 ans d’histoire, le PTr doit placer la réconciliation entre justice sociale et modernité au cœur de son action pour la prochaine décennie. Nous avons le devoir de préserver et renforcer l’État-Providence, tout en affrontant avec audace les grands défis de notre temps : transformation économique, transition écologique, révolution numérique, intelligence artificielle et cohésion sociale. Le PTr doit redevenir un parti de solutions et d’anticipation, capable de façonner l’avenir, plutôt que de le subir. Les dix prochaines années doivent être celles d’une refondation intelligente et ambitieuse, fidèle à nos valeurs fondatrices, mais résolument tournée vers l’innovation et le progrès pour tous.
? Quelle est votre vision personnelle pour le PTr à l’horizon de son centenaire ?
À l’aube de son centenaire, je vois un PTr fort, fier de son histoire et résolument tourné vers l’avenir. Un parti qui ne se contente pas de rappeler ses victoires passées, mais qui s’en nourrit pour innover et relever les défis de demain. Un parti capable de rassembler toutes les générations, toutes les sensibilités, fidèle à sa mission première : servir le peuple et bâtir une nation plus juste et plus prospère. Si le PTr a traversé près d’un siècle, c’est parce qu’il a toujours su se réinventer. Mon engagement, aux côtés de la jeunesse travailliste, est clair : faire en sorte que ce centenaire ne soit pas seulement un hommage au passé, mais le point de départ d’un nouveau chapitre audacieux pour notre pays.
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