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Kronik KC Ranzé
Erreurs
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Kronik KC Ranzé
Erreurs
Trump se réserve le droit d’intervenir pour protéger son investissement dans Diégo ? So what? Après le kidnapping de Maduro, on le croit sans peine ! Mais au cours des 99 prochaines années, il pourrait ne plus être là, même si les autocrates se croient souvent éternels ! Et de toute façon, pour être réaliste, les États-Unis ont la puissance pour intervenir sans nous demander quoi que ce soit et sans même que l’on sache ce qui se passe ! La loi du plus fort est une loi qui ne se discute pas… L’erreur est d’en faire usage sans fondements moraux ou éthiques, ce qui décrédibilise celui qui l’invoque au point, qu’avec le temps, même les empires jusque-là jugés inébranlables, s’affaissent. On en a déjà connu des empires invulnérables qui se disaient capables de durer mille ans ! Londres, Ottawa, Dehli, Canberra, châtiés sans vergogne par Trump, s’éloignent. Ça me rappelle la chute de la République soviétique de 1991. Grand format.
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Le gouvernement élu de novembre 2024 ne s’était pas caché. Lors de sa campagne électorale, les partis de l’opposition regroupés sous l’Alliance du changement, dénonçaient les finances publiques inquiétantes, la dette nationale qui augmentait, les déficits budgétaires, les dépenses prenant l’ascenseur au-delà du raisonnable et du maîtrisable. De plus, dans la première page écrite de leur manifeste, en page 7, sous la section «CONSTAT», on évoquait aussi «des chiffres manipulés pour cacher la réalité des finances de notre pays».
Cependant, pour ne pas perdre les élections, cette alliance promettait quand même gros! Pas autant que l’alliance Lepep, il est vrai, mais beaucoup trop, tout de même, que ce que pouvaient raisonnablement supporter l’économie et le budget. Pour les citoyens informés et lucides, y compris quelques politiciens qui demandaient des votes, ces promesses ne pouvaient, en aucun cas, toutes se réaliser ! Ceux qui ont gobé toutes les 58 pages de promesses de l’Alliance du changement ou les 60 pages de promesses de Lepep n’ont, d’y avoir cru, qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Les illusions ne remplaceront jamais la réalité ! Le Statement of the Economy publié le 10 décembre 2024 confirmait le pire et même plus. La situation était catastrophique… Il fallait absolument changer d’approche et rétablir les grands équilibres financiers !
Cependant, les défenseurs du nouveau gouvernement commettaient plusieurs erreurs, dont une erreur sémantique capitale en introduisant le concept de «la caisse vide». La formule est croustillante, mais elle n’est strictement pas exacte et elle permettait un commentaire facile de l’opposition. En effet, la caisse n’a jamais été VIDE. Elle était même bien remplie. Seulement voilà, on la vidait plus vite qu’on ne la remplissait au point qu’il faille emprunter pour ne pas rouler à sec ! Cette vérité est, assurément, plus difficile à utiliser, en guise d’explication…
De plus, répétons-le, le gouvernement, malgré quelques efforts pour changer la routine et une amélioration notable sur le plan des libertés, péchait, en ne donnant pas le bon exemple lui-même, au niveau de son train de vie. Quand on demande à la population de se serrer la ceinture, on n’a pas le droit de s’exempter soi-même, service civil et gratin politique inclus. L’amertume causée par ce manque d’exemplarité inexcusable, va être difficile à éradiquer. À moins d’une concrétisation accélérée des promesses électorales, ce qui, à ce stade, paraît improbable, vu la cadence à laquelle les projets progressent…
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Gérard Chasteau de Balyon (l’express.mu, 16 février 2026) a raison que la part du renouvelable jusqu’ici (à 18,2 %, ce n’est pas un triomphe !) est largement due à la bagasse et que celle-ci est de moins en moins disponible avec la production de la canne qui baisse. Il a aussi raison que l’éolien et le solaire sont intermittents. Il a triplement raison de souligner que la contribution de Maurice aux émissions de CO2 est infinitésimale sur le plan planétaire et que, dans l’idéal, «ceux qui polluent massivement (devraient) en assumer le coût». Maurice est le 140ᵉ émetteur de CO2 au monde, avec 0,011 % du total…
Cependant, son argument que ceux qui polluent «massivement» devraient payer est un argument autodestructeur. En effet, si nous ne nous sentons pas concernés parce que «trop petit», imaginons seulement cet argument remontant la pyramide des pollueurs ! Dans le tableau de Worldometer (*), seuls SEIZE pays représentent plus de 1 % du CO2 largué dans l’atmosphère ! 1 %, c’est très peu aussi, presque de la foutaise, pourrait-on dire ! Si on exempte les pays qui contribuent 1 % et moins, c’est 24 % de la pollution totale qui continuera de plus belle…
Et qu’est-ce qui se définit, en fin de compte, comme un pays qui pollue «massivement». Un pays comme l’Australie (1,02%, 16ᵉ mondial) ? Un pays qui contribue moins de 2 % du CO2 polluant (ce qui exempterait 11 pays de plus que les 16 pays restants) ? Il ne resterait alors que la Chine (1ᵉʳ pollueur mondial avec 32,88 % du total), les États-Unis (2ᵉ , 12,6 %), l’Inde (3ᵉ , 6,99 %), la Russie (4ᵉ , 4,96 %) et le Japon (5ᵉ , avec un modeste 2,81 % du total), c’est-à-dire que 40 % des producteurs de CO2 seraient excusés de leurs obligations de pollueur… Vous voyez le problème ? D’autant que si la Chine fait de grands efforts pour au moins ne pas augmenter sa pollution de l’atmosphère, ce n’est pas la priorité de Trump, de Modi ou encore de Poutine !
Clairement chacun doit assumer sa part de responsabilité. Tous ensemble. Car, si chacun tente de tirer son épingle du jeu, nous allons flamber la planète !
Il est d’autant plus clair que Maurice doit assumer sa part, car sa contribution au CO2 atmosphérique par tête d’habitant n’est pas négligeable. Si les grands producteurs de pétrole sont en tête de liste à ce critère (le Qatar d’abord avec 35 tonnes de CO2/habitant), suivis par les pays industriels ou miniers (Australie : 15,01T/h ; États-Unis: 14,21 ; Singapour: 9,46 ; Chine 8,89 ; France : 4,76), Maurice n’est plus alors 140e , mais 92e avec 3,36 tonnes/habitant. Fait notable, (utilisable pour notre promotion touristique ?), nous faisons mieux que les Maldives : 4,16 ; l’Afrique du Sud : 6,49 ; les Seychelles : 8,72…
L’argument que, quand il y a peu de soleil, la production solaire est faible, relève du circulaire pittoresque : nous avons plus de 2 900 heures de soleil par an au nord et à l’ouest. Installer du solaire en Angleterre (1 400 heures de soleil /an) ou en Allemagne (1 700 heures) paraît plus problématique ; et pourtant les Anglais produisaient, en solaire, 6,4 % de la demande totale et les Allemands faisaient mieux avec 15 %…
Chasteau de Balyon, fort de son expérience directe, fait un plaidoyer pour maintenir le charbon comme source d’énergie nationale et le présente comme «bon marché, fiable et pilotable». Il va jusqu’à préconiser que l’État devrait sans hésiter assurer le renouvellement des contrats IPP charbon, puisque le charbon fournit de l’électricité quand on en a besoin, à un coût prévisible.
Pour le coût prévisible, il faudra repasser ! Le prix du charbon avait explosé au début de 2022, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, au point où Terra produisant fortement à perte, renonçait unilatéralement à produire ! La crise des prix allait durer une année entière et le prix du charbon pendant cette période atteignait jusqu’à 3,6 fois le prix actuel de 117 $/tonne !
Quand la matière première augmente à ce point, la facture d’électricité augmente, c’est certain, que le kWh soit produit par le CEB ou l’IPP. On sera peut-être forcé de renouveler des contrats IPP pour un temps, puisque nous n’avons pas forcément le choix à court terme, mais que ce soit l’huile lourde, les copeaux de bois, le gaz, l’uranium ou le charbon, il est indéniable que nous serons toujours vulnérables à la valse des prix sur les marchés mondiaux ! Alors que le vent et le soleil sont gratuits et qu’ils allègeront donc notre facture énergétique à l’importation, soit Rs 8 milliards de charbon (2024), plus Rs 73 milliards de produits pétroliers (2025). D’ailleurs occasionnellement rendue plus lourde par une guerre ou un tarif imprévu…
Chasteau de Balyon nous invite à une prise de décision basée sur «l’intérêt national, la réalité des chiffres et le pragmatisme». D’accord ! Mais quelle est la réalité des chiffres ? L’investissement de départ pour l’éolien ou le solaire et, surtout le stockage pour les périodes de pointe, est certes plus lourd que celui de centrales thermiques. Mais une énergie «gratuite» par la suite, qui allège la balance commerciale et nous met à l’abri des vicissitudes mercantiles du monde, cela devrait quand même nous intéresser ? D’autant que la courbe des coûts des panneaux solaires, d’éoliennes et de batteries est, pour l’instant, à la baisse…
(*) https://www.worldometers.info/co2-emissions/co2-emissions-by-country
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