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Érosion du pouvoir d’achat : saura-t-on y mettre un frein ?
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Érosion du pouvoir d’achat : saura-t-on y mettre un frein ?
Dans le secteur du commerce du détail, les opérateurs sont inquiets. Et pour cause : les ventes ont chuté de 20 % à 50 % sur ces deux derniers mois. Ce sont là les relevés de la General Retailers Association.
Qu’est-ce qui explique cet effritement manifeste du pouvoir d’achat ? Il y a d’abord des facteurs exogènes. Depuis le début de l’année, l’euro s’est apprécié d’environ 9,1 % face à la roupie. Automatiquement, cela a fait se renchérir les prix des produits de grande consommation importés d’Europe. Ceux-ci comptaient pour 20 % de notre facture d’importation en 2024. Pour le moment, rien n’indique que l’euro va faiblir car son appréciation est la conséquence directe de stratégies s’inscrivant à moyen et long terme comme la politique de relance allemande qui profite à l’ensemble de la zone euro, une politique monétaire stable prônée par la Banque centrale européenne et une politique de dollar faible plébiscitée par l’administration Trump.
Il y a ensuite les facteurs endogènes. Le Budget 2025-2026 a eu de lourdes conséquences sur le pouvoir d’achat. D’une part, les allocations CSG ont été partiellement supprimées. Ce qui veut dire que des centaines de milliers de consommateurs voient une diminution de leurs revenus disponibles. Et, d’autre part, la hausse des droits d’accise sur la teneur en sucre des produits sucrés de 6 à 12 sous par gramme de sucre a fait flamber les prix des boissons gazeuses, des jus de fruits, du lait de soya, des boissons à base d’aloe vera, entre autres.
Une nouvelle vague d’augmentations est attendue prochainement. En effet, à partir du 1er octobre, le chocolat et les crèmes glacées seront également frappées par la majoration des droits d’accise sur les produits sucrés. Ce qui ne manquera pas de provoquer des grincements de dents. Déjà, le prix du chocolat flambe déjà dans les commerces. Par exemple, le paquet de 4 barres de Kit Kat est passé de Rs 28 à Rs 44. Mais, dans le cas du chocolat, cette récente hausse des prix n’a aucun lien avec le Budget. Elle résulte de la crise du cacao chez les quatre gros producteurs de l’Afrique de l’Ouest que sont la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun, lesquels ont connu une récolte catastrophique en 2024.
Pour essayer de contenir les prix, le gouvernement enclenche ces jours-ci les grandes manœuvres pour l’entrée en opération du Price Stabilisation Fund. Pour cette année fiscale, une enveloppe de Rs 2 milliards est affectée à ce fonds. Dans un premier temps, Rs 400 millions seront puisées de ce fonds à titre de subsides ciblant cinq catégories de produits : le lait en poudre (subvention de Rs 230 millions), l’huile de soja (subvention : Rs 75 millions), le fromage (subvention : Rs 49 millions), le lait infantile (subvention : Rs 20 millions) et les couches pour bébés (subvention : Rs 26 millions). Parallèlement, Rs 450 millions seront ponctionnés des caisses de l’État pour subventionner le prix du pain maison et le maintenir à Rs 2,60 l’unité.
Cette première phase d’application du Price Stabilisation Fund s’étendra sur une période de six mois. Donc, techniquement, elle prendra fin le 26 février 2026. L’on s’attend qu’après cette phase expérimentale, la deuxième étape (fin février à fin juin 2026) prévoit l’élargissement du champ de produits essentiels couverts par le fonds. Autrement dit, il faudrait toucher des produits de consommation de masse.
Les cinq produits couverts par le Price Stabilisation Fund ne représentent qu’une fraction du panier de la ménagère. Celui-ci couvre un ensemble de produits permettant de calculer l’indice des prix à la consommation. Outre les produits de grande consommation comme le beurre, le sel, le sucre, le yaourt, le riz Basmati, le savon, le thé, le poulet, le thon en conserve, le corned beef (la liste est exhaustive), l’indice prend en considération d’autres postes de dépense comme les transports, le frais de santé, les tenues vestimentaires, les frais d’éducation, l’accès à l’information et à la communication, entre autres. Le plus gros poste de dépense reste l’alimentaire et les boissons non-alcoolisées (qui, pour nombre, contiennent du sucre), soit 25 % du panier de la ménagère. Alors que le deuxième poste de dépense, ce sont les boissons alcooliques et le tabac (10,6 % du panier).
Il est difficile de dire si dans sa première phase d’application, le Price Stabilisation Fund apportera un réel soulagement aux consommateurs. Est-ce que ce mécanisme pourra contenir l’inflation dont le taux en glissement annuel est calculé à 5,4 % et 5,2 % en juin et juillet ? Selon les dernières estimations, les dépenses de consommation des ménages sont calculées à Rs 509 milliards en 2025 ou environ Rs 254,5 milliards sur six mois. Donc, Rs 400 millions sur six mois, cela représente environ 0,16 % des dépenses de consommation des ménages sur cette période.
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