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Assises du travail du 23 au 25 septembre
Droits, salaires, protection sociale : La voix des travailleurs résonne
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Assises du travail du 23 au 25 septembre
Droits, salaires, protection sociale : La voix des travailleurs résonne
■ La semaine des 40 heures sera également discutée lors des assises du Travail qui débutent le 23 septembre. (Photo: AFP)
Les assises nationales sur le Travail, qui se tiennent à partir d’aujourd’hui jusqu’au mercredi 25 septembre, s’annoncent intenses. Dès l’ouverture des débats, plusieurs sujets ont été mis sur la table, soulevant des questions cruciales pour l’avenir des travailleurs mauriciens. Ces trois jours d’assises promettent donc des débats animés. Entre la révision des horaires de travail, la protection sociale, le respect des droits syndicaux et le contrôle du recrutement de travailleurs étrangers, les syndicats entendent défendre les intérêts des travailleurs mauriciens avec détermination.
Pour Reeaz Chuttoo, président de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé, certaines lacunes doivent être réglées avant toute discussion. «Est-ce qu’il y a un mécanisme efficace pour résoudre les litiges ? Aujourd’hui, un employeur peut traîner un dossier indéfiniment», alerte-t-il. Selon lui, il est inacceptable d’appliquer deux types de traitement : «Un pour les compagnies d’État, un autre pour le privé. Certaines maisons de retraite étaient couvertes par la loi et maintenant, elles ne le sont plus. Les employés touchent uniquement le salaire minimum. Est-ce qu’on ouvre la porte au recrutement de travailleurs étrangers dans ces établissements ?»
La protection sociale est un autre point sensible. «Quand votre droit est violé, vous n’avez pas le droit de faire grève. Et si vous portez l’affaire devant la cour industrielle, le jugement peut prendre dix ans, le temps pour l’employeur de fermer sa compagnie. Quelle loi peut permettre cela ?», dénonce Reeaz Chuttoo. Il évoque également la semaine de 40 heures : «Une personne qui travaille huit heures par jour sur cinq jours atteint déjà ses 40 heures. Aujourd’hui, nous travaillons 45 heures pour 48 heures payées. La vraie question est de savoir si la réduction du temps de travail se fera sans perte salariale. Il faut que la transparence soit totale.» Le syndicaliste insiste sur la nécessité d’un traitement égal pour tous : «Les Mauriciens ne peuvent pas travailler 40 heures alors que les travailleurs étrangers travaillent sept jours sur sept. La Constitution interdit toute discrimination fondée sur l’origine. Les services essentiels doivent rester protégés, mais il faut un roster clair.» Pour lui, l’objectif est clair : un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.
Clency Bibi, président de la General Workers Federation, insiste quant à lui sur la priorité des Mauriciens dans l’emploi : «Le vieillissement de la population est un prétexte pour recruter trop de travailleurs étrangers. À l’étranger, nos compatriotes sont réputés pour leur sérieux et leur compétence. Pourquoi sont-ils mal considérés à Maurice ?» Il souligne également les points positifs du rapport présenté aux assises : «Plusieurs demandes syndicales ont été approuvées : le Collective Agreement sera généralisé à tous les travailleurs d’une même bargaining unit ; le logement sera revu. Mais nous restons opposés au recrutement massif dans le secteur touristique. Il faut préserver la touche mauricienne.»
Selon Reeaz Chuttoo : «Tout doit être fait pour que les droits des employés soient respectés, sans discrimination et dans un cadre transparent.» Il ajoute qu’un autre point sera également débattu : l’existence du syndicat. «Avec certaines compagnies qui n’ont que des travailleurs étrangers, ce sera difficile de discuter d’accord collectif. Les travailleurs étrangers reconnaissent l’existence du syndicat uniquement quand ils font face à un problème et une fois résolu, ils disparaissent et stoppent leur contribution mensuelle. Et comment un syndicat peut y survivre ?»
L’heure est ainsi à la vigilance et à la mobilisation car les décisions prises auront un impact direct sur le quotidien de milliers de travailleurs. Entre négociations serrées et plaidoyers passionnés, les assises s’annoncent comme un moment clé pour le dialogue social à Maurice.
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