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Platform Komun Syndikal
Donner c’est donner, reprendre c’est voler : la colère gronde
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Donner c’est donner, reprendre c’est voler : la colère gronde
Photos : Vashish Sookrah
«Pa tous nou pansion !» Le slogan a résonné avec force dans les rues de Rose-Hill, hier après-midi. Dès 13 h 30, sous un soleil accablant, syndicalistes, retraités, jeunes et simples citoyens se sont retrouvés devant la poste pour entamer une marche pacifique jusqu’à la cour de l’hôtel de ville du Plaza. Banderoles à la main, ils ont dénoncé un recul social jugé inacceptable : le report de la pension universelle à 65 ans.
Atma Shanto, de la Platform Komun Syndikal, a fustigé «un gouvernement qui gouverne de manière unilatérale», avant de prévenir : «Si besoin, nous irons jusqu’à une grève générale.» Deepak Benydin a dénoncé une politique qui «appauvrit le peuple», tandis que Rajen Valayden a insisté : «Nous ne sommes pas des dominés.» Pour Yogita Baboo, la pension doit impérativement revenir à 60 ans, car «la cherté de la vie est insoutenable». Nita Deerpalsing a rappelé qu’une démocratie ne se limite pas au vote : «C’est aussi faire entendre sa voix dans la rue. Cette mesure a été votée par une soixantaine de députés, mais aucun d’eux n’en subit les conséquences.»
■ Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) galvanisent la foule, déterminés à faire reculer la réforme.
L’opposition a elle aussi fait entendre sa voix. Nando Bodha a affirmé que «la seule solution est de changer la loi, donc de changer le gouvernement», rejetant l’argument financier. Steven Obeegadoo a rappelé que la pension universelle est «un droit acquis, un choix poli- tique en faveur de la protection sociale».
Reeaz Chuttoo a dénoncé le «démantèlement de l’État providence» et salué «l’unité dans la diversité» qui anime la contestation. Clency Bibi a lancé : «La pension universelle est un droit. Tout travailleur paie des taxes. On ne fait que reprendre ce qui nous appartient.»
■ Ashvin Gudday et la General Workers Federation (GWF) rappellent que «la bataille ne fait que commencer».
Une bataille appelée à durer
La foule a elle aussi trouvé sa voix. Une manifestante a déclaré : «Je travaille depuis mes 14 ans. Dans deux ans, j’en aurai 60. Pourquoi ne pourrais-je pas toucher ma pension ?» Un cri du cœur qui a fait écho à de nombreux témoignages. Ashvin Gudday a mis en avant la dimension générationnelle du combat : «Nous menons cette lutte pour les jeunes. Quand on leur ferme les portes ici, ils s’exilent. Mais il faut garder la flamme vivante. Donner, c’est donner. Reprendre, c’est voler.»
Pour l’avocat et député Sanjeev Teeluckdharry, cette réforme «appauvrit une partie entière de la population». Il a rappelé avoir déjà porté l’affaire en justice. Georges Ah Yan a, de son côté, promis une vingtaine de réunions à travers le pays pour continuer la mobilisation.
■ Même Lalit s’est joint au mouvement, renforçant l’unité syndicale et citoyenne.
La manifestation de Rose-Hill a marqué une démonstration de force citoyenne. Entre slogans, discours et témoignages, elle a montré une population déterminée à défendre ses droits. Le message est clair: la pension universelle à 60 ans n’est pas un privilège, mais un acquis que personne n’entend laisser disparaître.
Colère des manifestants face à Obeegadoo
Entre les manifestants et l’ancien Vice-Premier ministre Steven Obeegadoo, la tension est vite montée. Sa présence a déclenché la colère de plusieurs protestataires, qui l’ont accusé d’avoir «détruit les maisons des pauvres pendant le Covid, sans aucun regret». *«Aujourd’hui, li p rod enn rol », ont-ils lancé, allant jusqu’à le traiter de voleur. Malgré les invectives, Steven Obeegadoo est resté sur place, se tenant en retrait, non loin des principaux syndicalistes.
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