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Diyaune Francoeur : «Disk de lane wi me artis pa’nn gagn nanye»
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Diyaune Francoeur : «Disk de lane wi me artis pa’nn gagn nanye»
■ Le chanteur pointe du doigt le rôle de la MASA, censée collecter et redistribuer les droits d’auteur.
Diyaune Francoeur a remporté le Disque de l’année grâce à sa chanson Parfwa Vremem, un titre qui a profondément marqué le public. Une victoire qu’il accueille avec émotion et satisfaction après des années de sacrifices et de persévérance, et il salue sa famille, dont sa femme et ses deux enfants. Néanmoins, cette victoire a un goût amer pour celui qui l’a fait savoir sur les réreaux sociaux. «Dir zot pou zot tande.» Il déplore que malgré cette distinction, il n’ait rien reçu, si ce n’est un titre.
En effet, derrière cette joie, le chanteur exprime aussi un profond malaise. Il explique que malgré la diffusion régulière de ses chansons à la radio, les artistes comme lui ne bénéficient pas toujours d’une récompense. Selon lui, les radios exploitent les œuvres musicales sans qu’il existe de cadre légal clair protégeant suffisamment les artistes. Il déplore le fait que les chansons puissent être utilisées, diffusées et commercialisées sans que les créateurs n’aient un réel contrôle ni un retour financier équitable.
Diyaune Francoeur pointe également du doigt le rôle de la Mauritius Society of Authors (MASA), censée collecter et redistribuer les droits d’auteur. Il affirme que dans certains cas, les royalties collectées ne reviennent pas correctement aux artistes concernés. Il indique que les montants perçus sont dérisoires par rapport au travail fourni, parlant d’une situation décourageante pour ceux qui vivent ou tentent de vivre de la musique. «Nou pa pe demann kas nou. Me valoriz artis-la», s’exclame Diyaune Francoeur. Pour lui, les radios diffusent leurs chansons pendant un an mais ils ne touchent rien comme revenu.
L’artiste insiste sur le fait que son combat n’est pas personnel: il parle au nom de nombreux confrères mauriciens confrontés aux mêmes difficultés et il agit par conviction, sans pression politique ni influence extérieure. «Mo’nn naz dan losean mwa. Mo’nn naz parmi rekin. Mo kone kisannla gro rekin-la. Mo konn lamer e mo granper peser. Mo konba, se pou artis parski mo pa anvi demin enn lot zenes pas ladan», explique-t-il.
À 31 ans, Diyaune Francoeur affirme vouloir laisser une trace et ouvrir la voie aux générations futures afin que les jeunes artistes puissent évoluer dans un système plus juste et structuré. Il lance ainsi un appel direct au ministère des Arts et de la culture, à la MASA et aux radios pour qu’ils travaillent ensemble à la mise en place de lois et de mécanismes concrets en faveur des créateurs.
Sollicité après ces déclarations, le ministère des Arts et de la culture indique être en possession de la vidéo et avoir pris note de l’appel de Diyaune Francoeur. Il assure que la question sera étudiée avec attention, rappelant que la situation des artistes lui tient à cœur. Le ministère précise également que le ministre Mahen Gondeea a proposé un projet actuellement à l’étude, visant à récompenser les artistes qui se sont illustrés au cours de l’année.
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