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Interview de ... Mahen Gondeea

«Dimounn finn strese pandan diz-an. Mo minister la pou donn lavi»

1 décembre 2024, 18:00

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«Dimounn finn strese pandan diz-an. Mo minister la pou donn lavi»

Mahen Gondeea, ministre des Arts et de la Culture

Prise de contact avec le nouveau ministre des Arts et de la Culture le jeudi 28 novembre. Pour commencer, Mahen Gondeea souligne qu’il y a un seul «o» dans son nom. Avec dérision, il lance : «Ena fer li vinn ‘goonda’ tou, vakabon». Lui, qui a «touzour gard nou bien, bon garson», rappelle avec fierté qu’il est un ancien joueur de foot de première division. Arrière-central et arrière-gauche dans les années 1990 du Cadets Club, équipe entraînée par Mukesh Ramrekha. Il a joué un an et demi avant d’intégrer la force policière. «Apre enn semenn monn retourne, mo pann reale.» Préférant accepter l’offre du patron qu’il avait quitté et qui peinait sans lui. Grâce à cette offre, celui, qui ne cache pas que «nou ti mizer», a pu acheter une maison à Grande-Rivière-Nord-Ouest. «Mo res la mem, mo pa le kite laba.»

Le jour où vous avez prêté serment comme ministre, vous avez annoncé des assises nationales des artistes. La date est-elle fixée ?

J’ai lancé des discussions avec des artistes: chanteurs, peintres, écrivains, ceux du théâtre. Je dois les réunir, konn sa bann dimounn-la. Je ne crois pas que les assises auront lieu d’ici décembre. C’est trop juste. Mais début janvier, nous travaillerons dessus. Pour être franc, monn anons sa koumsa. Une fois au ministère, j’ai appris que Joseph Tsang Man Kin (NdlR: ancien ministre des Arts et de la culture décédé le 16 novembre dernier) a tenu des assises (NdlR: en 1997). J’ai demandé les archives pour voir ce qu’il voulait faire. Joseph Tsang Man Kin était un fin intellectuel. Je veux suivre ses pas et apporter ma contribution. Notre manifeste parle d’assises. Les artistes ont été laissés à l’abandon. On ne leur a pas donné leur vraie valeur.

Comment avez-vous réparti le travail avec votre «junior minister», Véronique Leu-Govind ?

Nous avons travaillé ensemble pour la campagne électorale de 2019. Elle était ma colistière au no 14 (Savanne–Rivière-Noire). Nou konn nou kamarad. Elle vit toujours dans une cité, san inior bann dimounn ki res dan site. Et pas n’importe quelle cité, mais là où il y a encore des maisons en amiante. Véronique Leu-Govind a été plusieurs fois présidente du conseil de district de Rivière-Noire. Si elle avait voulu utiliser sa position pour arriver dans la vie, elle aurait pu. Me li sinser dan so travay. Linn res parey. Je suis fier de l’avoir dans ce ministère.

Depuis lundi, vous vous êtes partagé les tâches au ministère ?

Elle n’avait pas encore de bureau. Elle est installée là où les conseillers sont censés être. Li bien ed mwa. Quand vous devenez ministre, tout le monde veut vous rencontrer. Elle va s’occuper un peu plus des chanteurs, de la Mauritius Society of Authors (MASA). Bien sûr, on va se concerter. Là, elle est allée à une réunion d’organisation du Festival Kreol au ministère du Tourisme. Le festival aura lieu mi-decembre.

La MASA est une «hot potato» avec des problèmes chroniques, notamment au niveau des finances. Le manifeste parle de revoir la composition du board. Qui en sera le prochain président ?

D’abord il y a un cas en cour (NdlR: Gérard Louise, directeur de la MASA, a été suspendu en 2013. Acquitté dans une affaire de piratage, il reste l’accusation de «using office for gratification» sous la Prevention of Corruption Act). En attendant, nous voulons d’une équipe professionnelle. Nous voulons laisser les artistes eux-mêmes s’exprimer. Kan nou zwenn zot nou gete ki sannla zot anvi vinn la. Il faut qu’à la tête il y ait quelqu’un qui redonne confiance dans la MASA aux artistes. *Kan pou met enn dimounn dan MASA, eski mo bizin vey li toulezour *? Quand est-ce que je vais implémenter la vision du gouvernement ? Au début, je pensais que c’était un petit ministère mais il a plus de 35 board. Seki pa pou deliver, nous prendrons des actions contre eux. Nous ne pouvons pas parler de changement et faire pire que ce qu’il y avait avant.

Le prochain président de la MASA pourrait être une femme ?

Pourquoi pas! Dans mon ministère, 75 % des employés sont des femmes. Je me suis fait un devoir d’aller les voir. Enn par enn. J’ai vu que leurs conditions de travail laissent à désirer. Gagn sok. Il y a huit, neuf personnes dans un bureau. Kom di koze, nou bann dimounn pe travay enn lor lot. Cela dure depuis des années.

Qu’allez-vous faire pour y remédier ?

Le ministère avait lancé un appel d’offres pour louer des bureaux. On en a trouvé au Dias Pier, au Caudan. Mais faute de finances, cela ne s’est pas fait. C’est un budget additionnel. (Il nous montre son bureau au 7e étage du Renganaden Seeneevassen Building). Kot mwa ankor bon la. Aircon pa travay. Tou lafnet ouver. C’est comme ça depuis que je suis arrivé.

Décembre est là.

Kan nou ti fer port-a-port pa ti ena aircon ar nou. J’ai l’intention d’aborder le sujet avec le Premier ministre, qui est aussi le ministre des Finances, pour que nous puissions bouger en janvier. Il y a un département des finances à la rue La Poudrière. Par temps de fortes pluies, les bureaux sont inondés. Tou sa la inn les ale. Comme cela, il y a plusieurs dossiers à traiter. Prenez la Mauritius Film Development Corporation (MFDC)…

Qui a été dirigée par Vikram Jootun (NdlR: à partir de juin 2015. Il a démissionné le lendemain des élections)

C’était une caverne d’Ali Baba. Ou pou trouve ki mo pou fer.

Comme pour un film, donnez-nous une bande d’annonce.

Wait and see. Il y a eu des maldonnes.

Financières ?

Nous examinons les dossiers. J’espère qu’ils sont encore tous là. Le public lui-même nous a dit qu’il fallait s’occuper de ce dossier. Kan piblik dir ou sa, ou res trankil ?

Le ministère des Arts et de la Culture est parmi ceux ayant le plus de corps paraétatiques. Est-ce que tous les présidents ont démissionné ?

Ils sont presque tous partis.

Y a-t-il une possibilité que certains reviennent ?

Il faut voir leurs compétences.

Des présidents ont souligné qu’ils étaient en poste depuis 2012 (NdlR : nommés sous un précédent mandat de Navin Ramgoolam)

Il y a beaucoup de gens qui prennent contact en disant qu’ils sont travaillistes. En me disant ça, ils essaient d’influencer ma décision. Mo pa pou kone ou travayis ? Ou bizin dir mwa? Mes collègues ministres, junior ministers, députés, ils connaissent les gens. Je suis nouveau, je vais travailler en consultation. Mercredi, j’ai eu une réunion avec le ministre Shakeel Mohamed et les députés Ehsan Juman et Farhad Aumeer parce qu’il y a urgence concernant le hadj. (Sur son bureau, il nous montre le Hadj 2024 mission report).

Il y a aussi eu de nombreux problèmes au Centre culturel islamique.

Nous allons nous assurer qu’il n’y ait pas d’ingérence politique. Nous allons placer des gens compétents à la tête. Mais il faut d’abord voir si cette personne est acceptée par la communauté. Apre nou les dimounn travay. Je vais faire de sorte que l’on n’attende pas la veille d’un grand événement pour travailler là-dessus.
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Le rapport de l’Audit 2022- 23 a souligné la quantité d’appels d’offres du ministère des Arts où les soumissionnaires n’avaient que deux à trois jours pour se manifester.

Plusieurs items relèvent du bureau du Premier ministre, comme la fête nationale, les task forces, etc.

Vous ferez un record mondial du Guinness pour la fête nationale ? (NdlR : pour les 55 ans de l’indépendance en 2023, Maurice a établi le nouveau record de l’image humaine d’un drapeau national flottant).

Je laisse le comité effectuer son travail. Il y a le Pravasi Bharatiya Divas du 8 au 10 janvier à Bhubaneshwar dans l’État d’Odisha en Inde. Eski ou kone pankor fer nanye ? La Global Organization of People of Indian Origin (Gopio International et Gopio Mauritius) font leur travail. Lundi après-midi, j’ai rencontré l’Acting High Commissioner de l’Inde. Il y aura une réunion avec les ministères des Affaires étrangères, de la Santé, etc. Quand il y a des urgences, il faut agir. Je n’oublie pas ma circonscription (NdlR : no 16 (Vacoas-Floréal). Avant d’être ministre, je suis député. C’est grâce aux votes de la circonscription que je suis là. Mo pa bliye zot. Mercredi, environ 38 personnes sont venues me voir. Je devais recevoir mes mandants de 15 h à 18 h ; je suis resté jusqu’à 18 h 45.

Avec le hadj, vous abordez le volet religieux et socioculturel du ministère. Sous le précédent régime, la subvention aux socioculturels a augmenté tous les ans. La dernière mesure en date, c’est la voiture duty free pour les prêtres. Quelle est votre position par rapport aux socioculturels ?

Ils ont leur raison d’être, mais il faut un suivi. Ou pa kapav nek pran larzan done. Si kikenn inn fote, il devra répondre.

La critique qui revient, c’est que plus d’argent est alloué aux cultes qu’à la culture.

Je vous ai dit que les artistes ont été laissés à l’abandon. Inn konsantre enn sel kote. Il faut se demander pourquoi. Quand il y a des litiges à la MASA, par exemple, comment y injecter encore de l’argent ?Il faut redresser la situation.

Ce qu’attendent les artistes, surtout dans la musique, c’est que l’État «larg travay-la», par exemple, avec les permis pour les concerts.

Pou large. Mo pou fer kitsoz pou zot, mais auparavant il faut mettre de l’ordre.

De l’ordre aussi dans les centres culturels ? Il y a la polémique autour du terrain du centre culturel tamoul et la promesse de ressusciter le centre culturel mauricien.

Je vais suivre la vision du gouvernement. Il faut aussi innover. Voir ce qui est fait pour la musique, le théâtre, l’histoire de Maurice dans les écoles. Mon collègue ministre de l’Éducation a de grandes ambitions de ce côté. En ce moment, le théâtre Serge Constantin est fermé pour des travaux.

Donc, les trois théâtres publics sont fermés : ceux de Port-Louis, du Plaza et de Vacoas.

Port-Louis et le Plaza ne sont pas sous notre responsabilité (NdlR : ce sont des théâtres municipaux). En 2008, j’étais lord-maire, j’ai fait fermer le théâtre de Port-Louis parce qu’il représentait un danger. On a fait une partie des travaux et on a refermé le théâtre. Il faut revoir tout ça. Dimounn mank distraksion. Li pa kapav res ant so kat miray. Pendant dix ans les gens ont été stressés. En organisant toutes sortes d’activités, les artistes retrouveront leur place. Mo minister la pou donn lavi, fer dimounn kontan.


Patrimoine. Renverser la tendance des démolitions

Le lundi 25 novembre, un citoyen a attiré l’attention sur des travaux en cours à la rue Royale, à Port-Louis. Des dalles en pierre datant de l’époque coloniale ont été enlevées par l’entrepreneur. Mahen Gondeea, ministre des Arts et de la culture, indique avoir été alerté à ce sujet. «Mon temps était limité cette semaine, mais c’est une urgence. Enn kou ou pou trouv mwa laba. Cette semaine, j’ai préféré rencontrer ceux qui souhaitaient me parler. À partir de la semaine prochaine, j’entame des visites.» Les pavés historiques de Port-Louis ne sont pas classés patrimoine national. Ils ne relèvent pas du National Heritage Fund. «Est-ce qu’il faut laisser durer cette situation ?» se demande le ministre. Rappelons que des amendements à la National Heritage Fund Act 2003 sont vivement attendus. Le ministre se réjouit de la réouverture du Café du Vieux Conseil, un exemple à suivre, selon lui. «Quand on rénove, il faut savoir le faire, sinon on change le cachet du bâtiment.»

Profil professionnel président de l’association des transitaires

Président pour quatre années consécutives de l’association professionnelle des transitaires depuis 2020, Mahen Gondeea a sa compagnie Snehan Freight Ltd. Toujours en poste comme président, il va démissionner sous peu, affirme-t-il.* «Kifer monn fer prezidan tou sa letan la ? Se parski monn fer enn travay.»* Pendant sept ans, il a été président de la Parents Teachers’ Association du GMD Atchia SSS, où sa fille était scolarisée. Pendant 16 ans, il a été président d’un temple dans sa localité. «J’étais plus dans le social. La politique n’était pas my cup of tea. C’est grâce à James Burty David, qui est mon gourou en politique. Mo ena lintansion met enn gro foto pou li dan mo biro.» Quel est le meilleur conseil que lui a donné son «gourou» ? «Kan ou pa kapav ed enn dimounn, gagn kouraz pou dir li non. Vous lui donnez l’occasion de frapper à d’autres portes. Si vous lui donnez de faux espoirs, son problème empire.» Son mentor lui a aussi dit: «Kan to dir enn dimounn wi, to kas montagn pou al ed li.» Mahen Gondeea n’oublie pas cette leçon : qu’après le vote des électeurs, «il faut porter cette croix pendant cinq ans».

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