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Trafic de cannabis et blanchiment d’argent
Deux policiers dans le viseur de l’ADSU
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Trafic de cannabis et blanchiment d’argent
Deux policiers dans le viseur de l’ADSU
■ Ancien membre de l’ADSU, Dixit Kebla aurait ignoré plusieurs avertissements avant d’être rattrapé par la justice.
Deux officiers de police se retrouvent aujourd’hui au cœur d’un scandale qui éclabousse la force policière. Mohamad Yashvir Noor Lallmohamed, 35 ans, et Dixit Kebla, 34 ans, ont été arrêtés le mercredi 8 octobre, avant de comparaître le lendemain devant la Cour de Curepipe sous les accusations provisoires de possession de cannabis avec intention de vendre et de blanchiment d’argent.
Tous deux ont été libérés contre une caution de Rs 20 000 chacun, mais l’affaire est loin d’être close. Les enquêteurs de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) s’attellent désormais à décortiquer les ramifications d’un réseau présumé qui aurait impliqué ces deux agents en fonction au sein de la Central Division.
⚫Kebla : un homme averti mais resté sourd aux rappels à l’ordre
Selon des sources proches du dossier, Dixit Kebla, affecté au poste de police de Curepipe, ancien membre de l’ADSU, aurait à plusieurs reprises été prévenu par ses supérieurs et collègues de cesser toute activité suspecte. Des avertissements qu’il aurait délibérément ignorés, se croyant protégé par son statut de policier.
«Il se croyait intouchable malgré les signalements répétés», confie une source interne. Mais cette assurance lui a été fatale. L’enquête menée par la Central Division a fini par le rattraper et son implication présumée dans un réseau de revente de drogue a été mise au jour.
⚫Lallmohamed : des déplacements fréquents entre Maurice et Rodrigues
De son côté, Yashvir Noor Lallmohamed, en service depuis une dizaine d’années, serait impliqué dans la revente de drogue depuis un certain temps déjà. Les enquêteurs s’étonnent particulièrement de la fréquence inhabituelle de ses déplacements entre Maurice et Rodrigues.
Officiellement, ces voyages étaient motivés par des «raisons personnelles». Mais selon des éléments recueillis, ces trajets pourraient avoir servi à faciliter l’acheminement de produits illicites ou le transfert de fonds. Les enquêteurs envisagent désormais la possibilité d’un trafic inter-îles. L’ADSU compte éplucher minutieusement toutes les données de ses déplacements, ses relevés bancaires et ses communications afin de comprendre la véritable nature de ses activités.
⚫Une opération minutieuse à Vacoas
L’arrestation des deux policiers est survenue à l’issue d’une opération discrète mais bien préparée par les agents de l’ADSU. Dans la soirée du 8 octobre, vers 21 h 30, les officiers ont fait irruption aux SMF Quarters de Vacoas, où résidait Lallmohamed.
Sur place, les enquêteurs ont surpris Kebla entrant dans l’appartement de son collègue. Sa présence inattendue a immédiatement éveillé les soupçons. Une fouille approfondie a alors été menée, permettant de découvrir huit sachets de cannabis, 54 graines, ainsi qu’une somme de Rs 3 150, soupçonnée de provenir de la vente de drogue.
Les enquêteurs ont ensuite élargi leur opération à Beau-Bassin, à l’adresse personnelle de Lallmohamed, située à De Rosnay Street. Là, la fouille a permis de saisir un sac de sport contenant plusieurs sachets de cannabis, 52 graines supplémentaires, une balance électronique et 125 sachets vides, typiquement utilisés pour le conditionnement de la drogue.
Une somme additionnelle de Rs 10 500 a également été retrouvée, ainsi que plusieurs objets liés à la pesée et à la préparation des stupéfiants.
Même si les montants saisis restent modestes, les enquêteurs n’écartent pas l’hypothèse d’une activité de revente régulière, avec des profits fractionnés et dissimulés. Ces transactions pourraient, selon eux, constituer les premières traces d’un réseau de blanchiment. Les deux policiers devront ainsi répondre non seulement de trafic de cannabis, mais également de blanchiment d’argent, un délit passible de peines sévères.
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