Publicité

Assises du travail

Des propositions fortes pour rééquilibrer les droits des travailleurs

24 août 2025, 14:30

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Des propositions fortes pour rééquilibrer les droits des travailleurs

■ Deepak Benydin, président de la FPBOU a soumis une liste de propositions en vue des Assises prévues en septembre prochain.

À l’approche des Assises du travail, prévues pour le 25 septembre, la Federation of Parastatal Bodies & Other Unions (FPBOU), sous la présidence de Deepak Benydin, met sur la table une série de propositions ambitieuses. Objectif : moderniser le cadre de l’emploi, réduire les discriminations et instaurer davantage de justice sociale pour les milliers de travailleurs du secteur paraétatique et au-delà.

La fédération réclame la mise en place d’une Parastatal Bodies Service Commission chargée de superviser les procédures de recrutement. L’idée : limiter les interférences politiques et le lobbying lié à l’emploi. Un Monitoring Center indépendant viendrait compléter cette structure afin de prévenir les dérives, assurer l’intégrité et renforcer la lutte contre la corruption. Le tout, dans le respect des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) en matière de non-discrimination et d’égalité de traitement.

L’un des constats les plus préoccupants concerne les employés sous contrat à durée déterminée. Certains restent précarisés pendant dix ans, sans accès aux prêts logement ni aux avantages financiers accordés aux travailleurs permanents. La fédération propose de limiter ces contrats à un an maximum, afin de mettre fin à ce qu’elle qualifie de «discrimination institutionnalisée». Autre revendication : réduire les disparités entre employés du secteur paraétatique et leurs homologues des ministères. Mobilité limitée, perte d’acquis lors d’un transfert, absence de droits électoraux ou encore impossibilité de saisir le Civil Service Appeals Tribunal… autant de freins qui nourrissent le sentiment d’injustice. La fédération plaide ainsi pour un tribunal spécifique aux paraé- tatiques et pour la création d’un ministère dédié à ce secteur.

Un renforcement du dialogue social

Les syndicats dénoncent la lenteur des procédures actuelles de résolution des conflits, qui peuvent s’étaler sur des années. La FPBOU propose donc la créa- tion d’un One-Stop Shop rassemblant sous un même toit toutes les instances concernées : du conseil de négociation jusqu’au tribunal du travail. Une réforme qui permettrait d’alléger considérablement les délais et de renforcer l’efficacité du dialogue social.

Concernant le Pay Research Bureau (PRB), la fédération demande une révision en profondeur. Elle regrette le manque de transparence et de concertation dans l’élaboration des rapports, souvent perçus comme favorisant les employeurs. Elle plaide également pour le retour d’un Anomaly Committee indépendant, garant d’une évaluation plus équitable des doléances salariales.

La FPBOU va plus loin en proposant la création d’une Trade Union House. Cette structure polyvalente réunirait un centre de documentation, un service d’appui juridique, une école de formation et même un espace de loisirs pour permettre aux familles, notamment aux femmes, de participer activement à la vie syndicale.

Par ailleurs, la fédération appelle à repenser l’utilisation du centre de loisirs de Caroline-sur-Mer, aujourd’hui transformé en hôtel touristique. Selon elle, ce lieu devrait avant tout redevenir un espace de détente pour les travailleurs et leurs proches.

Santé, sécurité et droits fondamentaux

Autre préoccupation majeure : l’absence de comités santé et sécurité dans de nombreuses organisations. Pour la fédération, le récent décès d’un employé du secteur éducatif illustre tragiquement ce manque de suivi. Elle demande aussi une évolution du droit mauricien afin que la protection des travailleurs s’étende dès leur départ du domicile, comme c’est déjà le cas en France.

Enfin, elle appelle à l’abrogation du Public Gathering Act, jugé trop restrictif en matière de mobilisation syndicale. À travers ces propositions, la FPBOU ambitionne de corriger les inégalités persistantes entre secteurs public, privé et paraétatique, et de replacer les droits des travailleurs au cœur des priorités nationales.

Les Assises du 25 septembre seront donc l’occasion de mesurer la volonté des autorités à écouter et à agir.

Publicité