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Kronik KC Ranzé
Des économies ! En veux-tu ? ……. En voilà!
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Kronik KC Ranzé
Des économies ! En veux-tu ? ……. En voilà!
Une des conséquences de la guerre des tarifs déclenchée par les États-Unis, notamment contre la Chine, est que cette dernière a dû chercher des débouchés moins coûteux et plus stables, ailleurs. Les pays de l’ASEAN, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe ont été les premières régions à résorber les volumes qui ne se dirigeaient plus vers les États-Unis. Sur le premier semestre de 2025, les exportations chinoises ont régressé de 10,7 % sur les États-Unis et, étonnamment de 8,7 % sur la Russie, mais augmentaient de 6,9 % sur l’Europe, de 7,3 % en Amérique latine, de 13 % sur l’ASEAN (son plus gros marché), de 14 % sur l’Inde et de 21 % sur l’Afrique ! C’est ainsi que, sur les huit premiers mois de 2025, la Chine exportait $435 milliards de produits sur les pays de l’ASEAN. Du coup, l’ASEAN, qui ne représentait que 13 % des exportations chinoises totales de 2019, représente désormais 20 % de ses exportations en 2025.
Cette invasion majeure des produits chinois représente évidemment un défi pour les secteurs manufacturiers de l’ASEAN en particulier, puisqu’une large partie des importations de produits chinois dans les pays de l’ASEAN, étaient traditionnellement, des produits intermédiaires qui étaient finis ailleurs avant d’être exportés, souvent aux États-Unis. Le double défi maintenant c’est que les États-Unis de Trump menacent un tarif de 40 % sur toutes les productions qui seraient jugées «transhipped» de Chine. Il y aura sûrement des calculs à faire sur la valeur ajoutée, hors Chine, éventuellement mais il est clair que les Américains veulent mettre une pression maximale sur les producteurs chinois qui pouvaient, jusqu’à tout récemment, espérer s’expatrier sans casse, totalement ou en partie, pour échapper aux tarifs imposés à la Chine.
Les pays de l’ASEAN sont ainsi coincés. Ils ne veulent évidemment pas voir leurs industries s’effondrer et licencier, comme ça commence déjà à être le cas. Ils ne souhaitent pas non plus mettre des barrières protectrices contre les produits chinois, la Chine étant leur plus grand fournisseur de marchandises et leur plus importante source de financement. Il est ainsi estimé, par le Lowy Institute d’Australie, qu’environ 20 % des investissements du Sud-Est asiatique provenaient de la Chine en 2024… Aucun pays de l’ASEAN ne veut cracher dessus.
Tous les pays, où se déversent actuellement les produits chinois qui ne s’exportent plus aux ÉtatsUnis, vont forcément voir leurs industries locales être sous une pression grandissante. Maurice ne sera pas exemptée ! D’autant que le grand conclave du 20/23 octobre dernier, qui préparait le prochain plan chinois de cinq ans, ne semble pas, selon Reuters, avoir favorisé, comme espéré par certains, un élan vers plus de service et de consommation interne. La Chine va insister : l’industrie d’exportation et plus de technologie demeurant au cœur même de ses plans de développement futur (*).
Mais pas toutes les exportations, semble-til. Prenant acte de ce que fait le gouvernement américain sur les technologies de pointe, la Chine qui a patiemment construit un quasi-monopole autour des terres rares, a décidé de les rendre vraiment très rares au reste du monde. Dans le jeu d’échecs du commerce international, la Chine a bien l’intention de convertir ce pion en… Reine omnivore ! Cette semaine, en Asie, Trump a essayé de courtiser l’ASEAN qu’il vient pourtant de tarifer, alliés historiques compris, et de charmer Xi. Il a peut-être enfin réalisé que le «bully» qu’il a essayé d’être avec ses tarifs était finalement dans une guerre au couteau ? Son charme hypocrite ne suffira pas. Ni son annonce d’essais nucléaires. Il a gagné 12 mois de terres rares, mais ça va lui en coûter. Xi : 1, Trump : 0.
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Pendant que la Chine rêve de dominer le monde grâce à ses usines compétitives, les États-Unis de Trump comptent sur les tarifs pour ramener l’industriel chez elle.
Cette approche a jusqu’ici surtout ramené des promesses d’investissements. Aussi massives soient ces promesses, elles vont prendre du temps et, surtout, se mesurer à d’énormes défis. Etre à l’abri derrière les tarifs de Trump a certes ses attraits pour vendre sur l’immense marché intérieur américain. Cependant, la main-d’œuvre locale plus chère et plus rare, les chaînes d’approvisionnement fortement intégrées dans un monde globalisé qui ne se démonteront pas facilement et, mesures de rétorsion en bandoulière, la perte de parts de marchés à l’étranger ; vont freiner les décisions des conglomérats mondiaux…
En attendant, l’économie américaine prendrait de plus en plus des allures de casino. C’est en tout cas, l’avis exprimé par un article d’opinion de Ms Scanlon dans le New York Times (**) qui documente cette dérive avec conviction.
L’économie US entière semble happée par des paris sur le futur. Ce ne sera, certes, pas la première fois que les fondamentaux économiques auront été mis de côté à la poursuite de promesses de gain qui se révèlent être des mirages ! De la spéculation sur les dot.com avant leur déchéance en mars 2000, aux bulles des prix du logement qui menèrent éventuellement à la crise du «sub prime» en 2007-2009 ; de la bulle sur l’uranium de 2007 aux mouvements de yo-yo sur les cryptomonnaies ; l’appât du gain «facile» a toujours attiré. N’êtes-vous pas sidéré que tant de gens se laissent toujours prendre, par des bulles et du Ponzi, pourtant largement documentés au cours des décades passées ?
Ms Scanlon cite la bulle spéculative grandissante sur l’IA et les ressources énergétiques qu’elles exigeront, les tarifs utilisés comme des jetons de poker pour essayer de réduire le déficit commercial, la montée en puissance des meme coins, sans valeur aucune, aujourd’hui au nombre de… 13 millions, JP Morgan qui permet à ses clients institutionnels d’offrir du Bitcoin ou de l’Ether (la bien nommée !), comme collatéral, les compagnies de capital-risque qui permettent aux citoyens de… «parier contre leurs propres dettes» ! Ajoutez-y l’avènement du crypto, qui n’a aucune valeur intrinsèque et qui est largement alimenté par le «Greater fool theory», ainsi qu’un ratio PE de 30.2 du S&P 500 (les «majors» sont à bien plus) et un ratio Buffett de «Capitalisation totale du marché boursier/PIB» de 216 % (un ratio qui était à 115 % avant la chute des dot.com) et vous aurez une vue d’ensemble de ce qui se trame…
Or, ceux qui visitent les casinos finissent généralement par perdre. Ce qui, comme c’est espéré au départ, fait l’affaire du propriétaire de casinos ! Sauf si celui-ci s’appelle Trump (4 faillites à Atlantic City entre 1991 et 2014), ou la State Investment Corporation, dont les casinos ont réussi à perdre Rs 1,5 milliard entre 2015 et 2024…
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Vous vous rendez compte de ce qui s’est passé aux «élections» du Comité Olympique local, le 25 octobre dernier ?
On comprend tous que si quelqu’un souhaite se faire élire, il doit convaincre une majorité de ses «électeurs» authentifiés qu’il est le meilleur pour assumer cette responsabilité. Seulement voilà, certains sont toujours tentés d’augmenter leurs chances de gagner, par des moyens pas très catholiques. Certains bourrent les urnes, certains autres font voter les morts, d’autres achètent des votes, d’autres encore tenteront de manipuler le registre électoral ou d’exclure les adversaires.
Pour les élections au Comité Olympique local, on aura vu trois «fédérations» disqualifiées par le Registrar of Associations, ainsi que par le State Law Office être pourtant invitées, par le comité sortant dont le président était Philippe Hao Thyn Voon, à voter pour établir si elles étaient elles-mêmes autorisées à participer au vote ! Elles n’ont évidemment pas voté contre ! C’est là un procédé plutôt stupéfiant pour dire le moins ! Ces trois «fédérations» auront alors permis à la liste favorisée par le président sortant de triompher. Il s’agit d’organisations qui pratiquent le canoë-kayak, l’aviron, le hockey ; des sports, de toute façon, plutôt fantomatiques dans le paysage mauricien… Comme l’étaient d’ailleurs le pentathlon moderne et le roller-skate avant eux ! La loi du Comite International Olympique (CIO) peut elle dominer celle du pays ?
Je comprends bien que l’on veuille faire de la place et voir grandir de nouvelles fédérations pour des sports accrédités par le CIO. C’est peut-être là d’ailleurs notre meilleure chance de glaner une médaille olympique ? Cependant, les fédérations sont supposées être là, d’abord et avant tout, pour les sportifs, plutôt que pour voter en Assemblée générale et aspirer à des voyages et des per diem pour officiels et accompagnateurs. De plus, il me semble que le système de «une fédération, un vote» est manipulable en sus de ne pas être juste, puisque certains pourraient être tentés de promouvoir des fédérations fantoches pour gagner des élections, par exemple.
Puisque la Sports Act revisitée nous promet des améliorations, pourquoi ne pas y inclure le concept de «tantième» de l’immobilier, non pas en fonction du nombre de mètres carrés occupées par les fédérations bien sûr, mais plutôt, en fonction du nombre de membres payants et à jour ? Agrémenté peut-être de points additionnels pour des tournois ou des championnats, internationaux ou pas ? Il faut y réfléchir… Un homme, un vote, d’accord. Un actionnaire, un vote n’est déjà plus jouable dans une compagnie, par contre. Au CIO, ce n’est pas une fédération : un vote.
En attendant, on ne peut faire l’économie du principe d’esprit sportif et de fair-play. Surtout pas dans une élection au comité directeur d’une institution… olympique, tout de même !
(*) Reuters l China's new five-year plan sharpens industry, tech focus as US tensions mount
(**) [It Is Trump’s Casino Economy Now. You’ll Probably Lose.] (https://www.nytimes.com/2025/10/26/opinion/trump-economy-casino.html?smid=nytcore-ios-share&%20referringSource=articleShare)
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