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Affaire BAI
Dawood et Laina Rawat détaillent leurs griefs dans trois affidavits
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Affaire BAI
Dawood et Laina Rawat détaillent leurs griefs dans trois affidavits
La lutte judiciaire autour du démantèlement de l’empire de la British American Investment (BAI) s’est enrichie d’un nouveau chapitre en Cour suprême, lundi matin, où l’affaire a été appelée. Dawood Rawat et sa fille, Laina, maintiennent leur réclamation de Rs 100 milliards de dommages et intérêts. Ils affirment que plusieurs personnalités politiques, régulateurs et firmes internationales ont directement contribué à l’effondrement du groupe en 2015.
La liste des défendeurs comprend l’ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth, les ex-ministres Vishnu Lutchmeenaraidoo, Roshi Bhadain et Ravi Yerrigadoo, et des partenaires de PricewaterhouseCoopers International (PwC) Mauritius, soit André Bonieux, Mushtaq Oosman et Yogesh Rai Basgeet. Sont également visées PwC International Ltd, Grant Thornton International Ltd et Brussels Worldwide Services BV. Des acteurs du secteur privé et de la régulation comme Yacoob Ramtoola, Georges-Élie Chung Ming Kan, Sattar Hajee Abdoula, BDO & Co Ltd, la Banque de Maurice et la Financial Services Commission figurent parmi les codéfendeurs. L’État mauricien est également cité. Pour répondre aux arguments des firmes internationales, Dawood Rawat, à travers sa fille, a juré trois affidavits distincts, chacun ciblant spécifiquement Brussels Worldwide Services BV, PwC International Ltd et Grant Thornton International Ltd, toutes citées dans sa plainte.
Dans son affidavit, Laina Rawat, mandatée par son père, répond point par point à un affidavit apostillé à Washington en juillet 2025. Elle souligne que PwC International ne peut se dissocier de PwC Mauritius, les deux faisant partie d’un même réseau mondial et soumises à des politiques et normes uniformes. Elle a produit un rapport de transparence 2024 de PwC Global, démontrant que le siège exerce un contrôle direct sur ses filiales locales et peut sanctionner les manquements. Selon elle, les actions et omissions de PwC Mauritius, notamment lors de l’enquête sur la BAI, étaient dictées par ces standards internationaux, rendant la maison-mère partie prenante des événements litigieux.
Les Rawat ont également détaillé les abus dont ils estiment avoir été victimes : l’enquête initiée par André Bonieux avant même la révocation de la licence bancaire, le gel des comptes de Laina Rawat par Mushtaq Oosman sans aucune décision de justice et un licenciement jugé arbitraire et sans compensation. L’affidavit retrace par ailleurs les étapes qui ont conduit au démantèlement de l’empire, soulignant le rôle du Receiver Manager, du conservator et de l’administrateur. Pour expliquer le retard de sa plainte, introduite le 28 mars 2025, Dawood Rawat affirme que des persécutions politiques l’ont empêché de revenir à Maurice pendant près de dix ans. Toute tentative de suspension de sa plainte serait, selon lui, «excessive et injuste».
Les firmes internationales continuent de contester la demande des Rawat visant à leur imposer le versement de USD 100 000 chacune en garantie pour les frais de justice, qualifiant cette exigence d’infondée. L’affaire sera à nouveau entendue le 27 octobre. À sa sortie de la cour, Laina Rawat a souligné qu’ils allaient persévérer : «Nou pa pou large. Cela fait 11 ans qu’on se bat pour la justice. We are fighting for justice. Pour les policy holders, pour les employés.»
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