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Rencontre

Dave Dario : derrière les réalités de la télé

8 février 2026, 18:00

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Dave Dario : derrière les réalités de la télé

De passage à Maurice pour des raisons familiales, Dave Dario, ancien candidat de l’émission «La Nouvelle Star», s’est confié sur la carrière musicale qu’il mène désormais entre Munich, en Allemagne, et en Suisse. Les pieds sur terre après plusieurs participations à des émissions de télé-réalité, Dave Dario décrypte l’envers du décor.

Seize ans après. Nouvelle Star en France en 2010. Saison 6 de The Voice en Russie en 2017. Les auditions de X Factor en Angleterre, mais sans succès. Les télé-crochets, c’est du passé pour Dave Dario. Sous le chapeau à large bord, qui change du béret, le regard est pénétrant. Il y a une alliance au doigt. Les sourires ont l’éclat de l’expérience accumulée dans la lumière. Ils connaissent aussi les coulisses d’un monde qui fait rêver, mais qui est aussi une jungle ultra-compétitive.

Désormais autoentrepreneur, Dave Dario s’est construit un «très bon réseau de musiciens et de DJ», un univers qu’il a pu intégrer grâce à sa «carte de visite»: toutes ses participations à des concours de chant télévisés très populaires. De la France à l’Angleterre en passant par la Russie – «c’était avant la guerre», dit-il – toutes ses apparitions, c’est un capital de visibilité. «Dès que les gens demandent ce que vous faites, vous envoyez les vidéos. Ce n’est pas donné à tout le monde, c’est de la chance.»

Auteur, compositeur, interprète, «ce que les gens ne savent pas, c’est que je produisais mes chansons». En touchant à la production, il a exploré les musiques électroniques, s’est intéressé au monde de la nuit. Il a aussi fait «la transition» vers le DJing. Non, pas DJ résident dans une boîte branchée, parce que, «ça vous bloque». Il le sait pour l’avoir fait «pendant sept-huit ans» à Val d’Isère. Pour réchauffer les soirées d’hiver pendant la saison de ski. «Je ne suis pas un DJ coincé dans un style».

En dehors des platines, il se lance dans le booking d’artistes pour La Baraque, l’établissement dans lequel il travaillait. «Comme j’avais des contacts du genre The Voice, je faisais venir des gens de cette facture-là.» Des noms ? Il cite des collaborations avec le musicien Manu Katché, «le bassiste qui jouait avec moi, c’était celui de Florent Pagny». Ensuite, il travaille pour des festivals. «On a fait venir des artistes comme Thomas Dutronc.» Avec ce carnet d’adresses, Dave Dario a «commencé à en faire un métier à côté».

Son métier principal ? C’est toujours chanteur, affirme-t-il. Avec, par exemple, une nouvelle collaboration avec l’animateur et DJ Jimmy Gassel, sortie en décembre 2025, sur un beat afro house, Take ya higher. En 2016, ils avaient sorti Vertigo. «Jimmy est un ami de longue date. Je l’ai connu dans ces réseaux-là. Lui est revenu à Maurice. Moi, je suis resté là-bas.»

C’est où sa maison ? «Pour l’instant, je suis résident à Munich, en Allemagne.» Son épouse, qui est hollandaise, y travaille. «J’ai réussi à transférer mon activité musicale en Suisse.» Une stabilité qu’il a mis du temps à construire. Après quelques galères.

«Il y a le métier de musicien et après, il y a le show business. C’est autre chose, deux mondes». Après les paillettes de la télé-réalité, Dave Dario a signé chez Universal Music. Il n’y est plus. Ne le regrette pas. «J’ai récupéré mon contrat et ma liberté au bout du deuxième album. La direction artistique décidait de tout.» Il y a ceux qui tueraient pour signer chez Universal. Lui, s’est senti «bloqué artistiquement. Il y a l’illusion de signer avec un label».

Ce n’est pas la prise en charge dont rêve tout artiste ? Dave Dario définit prise en charge comme la découverte d’un talent et son développement. «Dans mon cas, il fallait que j’aie déjà un style, déjà ma couleur, mes productions, que j’ai déjà tout fait moi-même, avant de signer.»

Carte sur table, l’artiste explique : «Personne ne voulait de moi avant que je ne signe chez Universal pour trois albums. J’avais déjà un titre avec le clip. J’avais déjà tout fait. C’était proposé sur un plateau à Warner, à d’autres. Mais personne n’a voulu de moi pendant un an. Du jour au lendemain, mon titre tombe dans les oreilles d’un directeur de label chez NRJ, et j’ai signé. Après un an de refus.» C’était après son passage dans Nouvelle Star. «Ruiné», Dave Dario avait décidé à cette époque de rentrer à Maurice. «Le lendemain, mon téléphone sonne.» C’était une proposition de contrat.

Ce qu’on lui avait été proposé avant qu’il ne signe avec Universal, c’était – comme il est auteur-compositeur – d’écrire pour d’autres. De faire des chansons qui sont dans l’air du temps. Dans l’espoir de chanter éventuellement ses propres productions. «On a le temps de devenir un vieux monsieur qui fait encore des chœurs sur les albums des autres.»

Certes, il aura connu de beaux moments. A partagé des scènes avec Christophe Maé. A fait la première partie de Maroon 5, d’Isabelle Boulay. S’est produit à l’Olympia, à l’Alhambra, au Casino de Paris. Mais ce n’était pas ce qu’il voulait. «Je voulais que l’on travaille sur la promotion et le développement d’un artiste. Je connaissais le destin des artistes qui n’ont pas les épaules de quitter Universal. Je suis parti.»


Expérience vécue : «J’étais dans la région de Crans-Montana, fin décembre»

L’incendie du bar Le Constellation dans la commune de Crans-Montana en Suisse, le 1er janvier dernier, a marqué les esprits. Le lourd bilan du drame est de 41 victimes. «Le 28 et le 29 décembre derniers, j’avais un engagement professionnel à Crans-Montana», confie Dave Dario. Il avait une prestation de chant dans un chalet de la région. «Le 30 j’ai bougé pour Gstaad, parce que j’avais une soirée à assurer le 31.»

Le 1er janvier, le téléphone s’affole. Dave Dario apprend la nouvelle du drame. «J’ai appelé le DJ que j’avais booké à Crans-Montana pour avoir de ses nouvelles. Quand vous êtes DJ, ce qui s’est passé là-bas, ça vous touche.» Son expérience du monde de la nuit lui fait pointer du doigt «le besoin de certains établissements de faire surconsommer les gens. Et pour ça, ils font n’importe quoi. J’ai travaillé à Saint-Tropez, par exemple. C’était no limit, du laisser-aller au niveau de la sécurité. Un peu trop. Chez certains, on fait rentrer plus de monde qu’il n’en faut. Et on doit faire consommer le plus possible le public.»

Dave Dario continue : «C’est bien d’offrir des shots gratuits aux gens, mais l’alcool appelle à l’alcool. Les esprits s’échauffent. On perd un peu la notion de la réalité.» Comme ces feux d’artifices fixés sur les magnums commandés, pour rendre l’achat encore plus spectaculaire. «Si vous êtes DJ, dans un établissement où il y a du monde, que vous voyez qu’il y a le feu, vous n’éteignez pas la musique ? Il y a une espèce de folie qui m’a toujours choqué.»

Cela lui est déjà arrivé de subir de la fumée pendant qu’il chante ou fait du DJing. «Je dis : les gars, c’est un peu chiant quand même.» Comme la fois où on l’avait installé près d’une cheminée où des gens faisaient une raclette. «Je leur ai dit, les gars, on va arrêter parce que là, ce n’est pas possible. Et ils ont écouté.»

Il va plus loin : «On ne va pas se cacher. Il y a aussi beaucoup de drogues dans le monde de la nuit. On m’en a proposé. On me demande souvent où on peut en avoir. Je n’y ai jamais touché. Je n’en ai jamais trouvé l’utilité.»

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