Publicité

Statistics Mauritius

Compétitivité dépendante du taux de change, productivité soutenue par le travail et l’efficacité

29 août 2025, 12:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Compétitivité dépendante du taux de change, productivité soutenue par le travail et l’efficacité

■ Vinaye Ancharaz, «Executive Director» du National Productivity and Competitiveness Council.

Statistics Mauritius a publié, le 8 août, les Productivity and Competitiveness Indicators couvrant la période 2014-2024, sur trois niveaux : l’économie totale, le secteur manufacturier et les entreprises orientées vers l’exportation (EOE), incluant le textile et le non-textile. Entre 2014 et 2024, le Produit intérieur brut (PIB) du marché a enregistré un taux de croissance moyen de 2,4% par an, avec des niveaux plus élevés en 2023 (5%) et 2024 (4,9%). Le PIB par habitant a progressé au même rythme (+2,4% par an en moyenne), reflétant une amélioration du niveau de vie.

La main-d’œuvre, cependant, n’a augmenté que de +0,5% par an en moyenne, reflétant une croissance modeste de l’emploi, après une hausse en 2023 (+4,2%) suivie d’un ralentissement en 2024 (+2,8 %). Le capital, quant à lui, a augmenté de +2,4% par an en moyenne.

Coût unitaire de la main-d’œuvre

En termes de productivité, le travail a progressé de +2 % en moyenne sur la période 2014-2024, le capital est resté quasi stable (0 %) et la productivité multifactorielle (efficacité, technologie, management, etc.) a augmenté de +0,8 % en moyenne sur la même période. Concernant le coût unitaire de la main-d’œuvre (ULC), il a augmenté de +3,5 % en moyenne sur la période 2014-2024 en roupies, mais a diminué en dollars (-0,7% en moyenne), cette baisse s’expliquant par la dépréciation de la roupie face au dollar.

Pour le secteur manufacturier, entre 2014 et 2024, la production réelle a enregistré une croissance faible, de +0,4 % par an en moyenne, néanmoins plus soutenue en 2023 (+1,9 %) et en 2024 (+1,6%). La maind’œuvre a diminué de -1,7% par an en moyenne, tandis que le capital a également reculé de -2,8% par an en moyenne sur la même période. En termes de productivité, le travail a progressé de +2,2% par an en moyenne, reflétant une production stable malgré la réduction du nombre de travailleurs, tandis que la productivité du capital a augmenté de +3,3 % par an en moyenne, signe d’une meilleure utilisation des ressources. La productivité multifactorielle a augmenté de +2,6% par an en moyenne.

Concernant le coût unitaire de la main-d’œuvre (ULC), il a augmenté de +2,7 % par an en moyenne sur la période 2014-2024 en roupies, les salaires progressant plus rapidement que la productivité, mais a diminué de -1,5 % par an en moyenne en dollars, en raison de la variation du taux de change. Sur le plan international (2018), Maurice affichait une baisse de -1,5 % en monnaie locale et une légère hausse de +0,3% en dollars, tandis que d’autres pays enregistraient des hausses beaucoup plus marquées de l’ULC : au Royaume-Uni, +4,6 % en monnaie nationale et +8,4% en dollars, et en Allemagne, +2,3% en monnaie nationale et +7,0% en dollars.

Quant aux entreprises orientées vers l’exportation (EOE), entre 2014 et 2024, la production réelle a enregistré une baisse importante, de -3,5% par an en moyenne, avec une chute particulièrement marquée dans le secteur textile (-8,9 % par an en moyenne) et une croissance dans le secteur non-textile (+4,3% par an en moyenne). La main-d’œuvre a diminué de -5,2% par an en moyenne, tandis que le capital a reculé de -2,9% par an en moyenne. En termes de productivité, le travail a progressé de +1,8% par an en moyenne, reflétant une production relativement stable malgré la réduction du personnel, tandis que la productivité du capital a diminué de -0,7 % par an en moyenne, signe d’une utilisation moins efficace des ressources.

La productivité multifactorielle a augmenté légèrement, de +0,4 % par an en moyenne. Concernant le coût unitaire de la maind’œuvre (ULC), il a augmenté de +3,6% par an en moyenne en roupies, mais a diminué de -0,6% par an en moyenne en dollars en raison de la variation du taux de change. Toutefois, en 2023 et 2024, les ULC ont fortement augmenté, atteignant respectivement +11,9 % puis +12,9 % en roupies et +9,0 % puis +10,1% en dollars.

Croissance limitée

La lecture transversale des données sur la période 2014-2024 montre une économie mauricienne globalement résiliente, soutenue par une progression modérée de la productivité. Les performances sectorielles restent contrastées : le secteur manufacturier présente une croissance réelle limitée, avec des gains de productivité liés à la réduction de la main-d’œuvre et du capital, tandis que les entreprises orientées vers l’exportation, et plus particulièrement le textile, ont connu des difficultés. Le coût unitaire de la main-d’œuvre reste sous pression, notamment en roupies, ce qui pourrait affecter la compétitivité si les salaires augmentent plus rapidement que la productivité. Il demeure donc important de suivre l’évolution de la compétitivité dans un contexte de variations monétaires, où la dépréciation de la roupie atténue l’impact en dollars, ainsi que des contraintes sectorielles différenciées.

Vinaye Ancharaz, Executive Director du National Productivity and Competitiveness Council (NPCC), observe que «la croissance de la productivité est en déclin depuis les années 1990». Il rappelle que la productivité du travail au niveau de l’économie avait augmenté de 4,2% au cours de la décennie 1991 2000. Selon lui, cette progression a fortement ralenti : «Au cours de la période 2011- 2019, avant que la pandémie ne frappe, elle est tombée à 2,5 % et elle a encore chuté à 1,3 % en 2023-2024».

Cette tendance concerne également les principaux secteurs pour lesquels des données sont disponibles, à savoir les secteurs manufacturier et exportation, le ralentissement étant particulièrement prononcé parmi les entreprises orientées vers l’exportation, souligne Vinaye Ancharaz.

Il explique en outre que la hausse de la rémunération des salariés, sur tout depuis l’introduction du salaire minimum en 2018, combinée au ralentissement de la productivité, a entraîné une augmentation du coût unitaire de la maind’œuvre en monnaie locale dans tous les secteurs, plus particulièrement dans le secteur de l’exportation. Toutefois, précise-t-il, en dollars américains, cette hausse a été atténuée par la dépréciation de la roupie.

Publicité