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Fin d’année
Chocolat : un plaisir hors de prix
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Fin d’année
Chocolat : un plaisir hors de prix
■ La hausse des prix des chocolats touche l’ensemble du rayon et les promotions se terminent aujourd’hui. Photo: Vashish Sookrah.
Avec les fêtes, les chocolats envahissent les rayons, mais cette année, leurs prix explosent. Face à la hausse du cacao et aux taxes, certaines familles doivent se tourner vers des marques moins chères ou même s’en priver.
Avec la fin d’année, les chocolats ont déjà fait leur apparition dans les rayons des supermarchés, soigneusement mis en avant dès l’entrée des points de vente. Calendriers de l’Avent, coffrets gourmands ou chocolats fins, les rayons regorgent de douceurs pour petits et grands. Ces friandises, symboles de plaisir et de gourmandise, séduisent particulièrement en période de fêtes, tant pour leur goût que pour leur côté festif et cadeau. Mais cette année, le plaisir a un goût amer: les prix des chocolats explosent. Certaines marques deviennent inaccessibles pour beaucoup.
Le contexte international du marché du cacao contribue largement à cette hausse des prix. Depuis 2024, les cours se sont envolés. Selon le Commodity Market Outlook de World Bank Group, publié en avril 2025, les prix du cacao ont légèrement baissé en mars et début avril après avoir atteint près de $ 11 le kilo en janvier. Malgré ce léger recul, ils restent plus de 15 % supérieurs au trimestre précédent et près de 70 % au-dessus des niveaux de l’année précédente. Cette hausse a été alimentée par des conditions climatiques défavorables en Afrique de l’Ouest, aggravées par une forte demande saisonnière. La production mondiale de cacao a ainsi chuté de 12 % lors de la saison 20232024, passant de 4,9 à 4,3 millions de tonnes métriques, principalement en raison d’une baisse de production en Côte d’Ivoire et au Ghana, qui représentent à eux deux près de 60 % de la production mondiale. Outre les aléas climatiques, les cacaoyers sont également frappés par des maladies qui aggravent la situation. Ces infections se développent surtout lors des fortes pluies, provoquant l’apparition de taches noires sur les cabosses et entraînant des pertes conséquentes pour les producteurs.
Pour la saison 20242025, qui s’est achevée en septembre 2025, les perspectives se sont révélées plus favorables, avec une production mondiale en hausse de plus de 11 %, soutenue par de meilleures conditions météorologiques en Côte d’Ivoire, avec une augmentation de 5 %, et au Ghana, où la production a progressé de 34 %. Après une nouvelle progression de 9 % en 2025 par rapport à l’année précédente, les cours du cacao devraient reculer d’environ 13 % en 2026, même si le risque de conditions climatiques défavorables en Afrique de l’Ouest reste toujours présent.
Des chercheurs de l’université Penn State ont utilisé la technologie CRISPRCas9 pour modifier le gène TcNPR3 du cacaoyer, responsable de la répression de ses défenses immunitaires, créant ainsi un cacaoyer non transgénique plus résistant aux maladies avec des lésions 42 % moins importantes après infection. Publiée en 2025 dans le Plant Biotechnology Journal, cette avancée permet d’obtenir des résultats beaucoup plus rapides et précis que la sélection traditionnelle, offrant aux producteurs un moyen de protéger leurs récoltes, de stabiliser l’offre de cacao et de contribuer à une production plus durable
Taxe sur le sucre
Toutefois, en attendant, face à la flambée des prix du cacao, les fabricants de chocolat répercutent ces coûts supplémentaires sur les consommateurs pour protéger leurs marges. Ainsi, le chocolatier suisse Lindt a relevé ses tarifs de 16 % au premier semestre 2025, après une progression cumulée de 35 % sur les quatre années précédentes. Ceci s’ajoute au prix du sucre et du lait, l’augmentation des tarifs des transports et de l’énergie, ainsi que le droit d’accise sur les produits sucrés sur le plan local, autant de facteurs qui se répercutent directement sur les consommateurs. La hausse des prix des chocolats touche l’ensemble du rayon, aussi bien les marques grand public que celles haut de gamme.
À ces facteurs internationaux ayant fait plusieurs fois grimper les prix s’ajoute, au niveau local, l’extension de la taxe sur le sucre, entrée en vigueur le 1er octobre, pour le chocolat et les glaces. Cette mesure du Budget 2025-26 s’inscrit dans le cadre d’une politique de santé publique visant à limiter la consommation de sucre.
Parmi les produits de marques renommées, hors promotion, certains se distinguent par leur prix élevé. Hors promo, le calendrier de l’Avent Lindt de 170 g est proposé à Rs 1 199, le Lindt Teddy de 40 g à Rs 189, le Lindt Lindor Assorted de 200 g à Rs 699 et la boîte cadeau Lindor Milk à Rs 619. L’Elit 1924 Chocolat Praline est vendu à Rs 1 075. Chez Ferrero, le cône de 350 g est à Rs 912 et la boîte de 172 g à Rs 436. Pour Kinder, le Père Noël en chocolat de 110 g coûte Rs 198 et le calendrier de l’Avent de 198 g est à Rs 609, tandis que la boîte Celebration de 272 g s’élève à Rs 574. On trouve également le The Taste of Dubai de 240 g à Rs 835. Certaines promotions permettent d’acheter ces produits pour quelques roupies de moins. Il y a aussi des options plus abordables, notamment de 300 g à Rs 279.
Stéphane, père de famille, avoue que «le chocolat est vraiment attirant, que les points de vente le mettent bien en avant pour séduire les clients et que c’est tentant». Il ajoute que les chocolats de qualité sont appréciés, mais que leurs prix sont «exorbitants face au coût de la vie actuel». «Vu les prix, nous n’avons que deux choix. Soit nous nous tournons vers des marques moins chères pour satisfaire au minimum ce désir de chocolat, même si le goût est différent car beaucoup de produits, chocolat ou produits de grande consommation que nous pouvions consommer auparavant sont désormais inaccessibles. Soit nous choisissons de ne pas en consommer et de nous en priver en considérant le budget.»
Face à cette situation, Jayen Chellum, secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice, soutient que le chocolat n’est pas un produit de consommation quotidienne mais un plaisir occasionnel. «Mettre le chocolat sur un pied d’égalité que les boissons gazeuses, les plus surconsommées, crée un déséquilibre dans la consommation, notamment pour les ménages à faibles revenus.» Si le gouvernement voulait vraiment réduire la consommation de sucre pour lutter contre l’obésité, il aurait dû cibler en priorité les boissons gazeuses et encourager l’apposition d’un label d’avertissement bien visible, comme pour le tabac, plutôt que de cibler les chocolats vendus à des prix fixés librement par les entreprises. Il estime qu’une catégorisation des produits avec des barèmes de taxation différenciés aurait été plus juste et plus efficace, notamment en permettant un affichage clair de toutes les taxes payées sur un produit.
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