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Ces scandales politico-financiers qui ternissent l’image de Maurice
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Ces scandales politico-financiers qui ternissent l’image de Maurice
En moins de trois mois, le secteur du global business a été secoué par deux scandales politico-financiers ayant des ramifications internationales. Après l’éclatement de l’affaire Maminiaina Ravatomanga et le transfert de fonds d’un montant de 100 millions de dollars à destination de Dubaï, cette fois-ci, le centre financier est associé au régime du président vénézuélien déchu, Nicolás Maduro qui, selon l’enquête menée conjointement par la Financial Crimes Commission et les autorités compétentes américaines, a utilisé notre juridiction pour transférer 3,5 millions de dollars. Ainsi, Maurice se retrouve relié à une sale histoire de narcotrafic à l’échelle planétaire impliquant l’un des hommes les plus puissants de la planète.
Sitôt le lien établi, la licence de Worldwide Wealth Management PPC a été révoquée par la Financial Services Commission. Alors que la Financial Crimes Commission collabore pleinement avec les services américains en vue de démêler l’écheveau. Des bribes d’information qui nous sont parvenues, il semble qu’il s’agirait d’opérations de round-tripping avec à la baguette Mario Vallera et Mariana Lemoine, deux associés de Nicolás Maduro, qui se servaient de la société-écran Worldwide Wealth Management PPC pour réinjecter les fonds détournés de Petróleos de Venezuela S.A dans l’économie vénézuélienne au travers d’investissements bidon. Ce qu’on appelle dans le jargon les opérations à effet de carrousel. L’on se souvient que dans un passé pas trop lointain, l’offshore mauricien a été systématiquement la cible de la presse indienne, qui dénonçait les nombreux cas avérés ou pas de round-tripping.
Si Worldwide Wealth Management PPC n’est plus autorisée à opérer comme une entité de GBC, il y a comme un silence de cathédrale qui plane sur la responsabilité engagée par la Management company qui administrait le compte de Worldwide Wealth Management PPC et de la banque qui a procédé à l’opération de transfert de 3,5 millions de dollars qui fait partie d’un plan plus vaste de détournement et de blanchiment des fonds publics vénézuéliens estimés circa à 1,2 milliard de dollars.
L’histoire nous a appris de manière implacable que se fourrer la tête dans le sable comme une autruche en espérant que la tempête s’apaisera n’est pas toujours la meilleure formule à adopter quand ce genre de scandale politico-financier est dévoilé au grand jour. Tôt ou tard, on se fait attraper par les gendarmes financiers qui, soit dit en passant, sont très bien informés sur nos incartades et la légèreté à laquelle font preuve certaines sociétés de gestion et banques quand il s’agit de conduire des exercices de due diligence et de rédiger des rapports pour signaler des transactions suspectes.
Ce sont ces écarts de conduite, pour ne pas dire ce manque de vigilance, qui font qu’en 2016, Maurice a été contraint d’amender les termes de son accord de non-double imposition fiscale avec l’Inde et qu’en 2020, on a été placé sur la liste noire de l’Union européenne.
Aujourd’hui, le pays est pleinement conforme aux 40 recommandations du Groupe d’action financière (GAFI) et ne figure plus sur aucune liste. Mais ce n’est pas un prétexte pour qu’on relâche la vigilance. Car rien n’est acquis. Il a fallu beaucoup de temps et d’efforts pour qu’on se débarrasse de cette perception que Maurice est un paradis fiscal ou un centre financier convoité par les investisseurs véreux ou des grosses fortunes se livrant à l’optimisation fiscale. Qu’on se le dise, ces deux scandales ne sont pas des incidents isolés. Bien au contraire. Ils ont un dénominateur commun, à savoir qu’ils ont été mis au jour parce qu’ils impliquent de très hautes personnalités faisant l’objet de scandales politiques sur lesquels reposent de forts soupçons de corruption. Donc, la question se pose : est-ce qu’on aurait déterré ces scandales s’il n’y avait pas eu d’investigations internationales contre Maminiaina Ravatomanga et Nicolás Maduro ?
Les autorités compétentes doivent se ressaisir et serrer la vis. La Financial Services Commission se doit, par exemple, de multiplier les audits surprise dans les sociétés de gestion et passer au crible leurs portefeuilles de clients et les grosses transactions. Sur le papier, Maurice donne l’image d’une juridiction de substance, adoptant les meilleures pratiques en matière de blanchiment d’argent et de lutte contre le terrorisme au niveau de l’Afrique subsaharienne. Désormais, il s’agira d’en faire la démonstration. N’attendons pas qu’un troisième scandale d’une dimension internationale vienne ternir un peu plus la réputation du centre financier. N’oublions pas, par ailleurs, que l’Eastern and South African Eastern Money-Laundering Group procédera à l’exercice d’évaluation mutuelle de Maurice pour le compte du GAFI en 2027. D’ici là, l’erreur ne sera plus permise.
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