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Éducation

Bullying à l’école : colère et désarroi de parents aux basses Plaines-Wilhems

21 août 2025, 08:00

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Bullying à l’école : colère et désarroi de parents aux basses Plaines-Wilhems

■ Quelques parents se sont retrouvés devant l’enceinte de l’école primaire hier matin pour faire entendre leurs voix.

Mercredi matin, un groupe de parents s’est réuni devant l’enceinte d’une école primaire réputée des basses Plaines-Wilhems. Excédés, ils ont voulu attirer l’attention sur un problème qu’ils jugent trop souvent minimisé : le bullying au sein des établissements scolaires. Selon eux, plusieurs enfants, petits comme grands, subissent régulièrement des agressions verbales et physiques, parfois même sous les yeux des enseignants, sans qu’aucune réaction concrète ne soit apportée.

«À plusieurs reprises, on s’en est pris à moi à l’école. Et ce, même en présence de mon enseignante. Elle ne dit rien…» Ce témoignage, livré par un écolier les larmes aux yeux, a bouleversé l’assistance. L’enfant raconte que son calvaire a commencé l’année dernière et que, malgré de nombreuses plaintes adressées à la maîtresse d’école, la situation n’a jamais évolué.

Sa mère, Sara-Jane, explique qu’elle a déjà dû intervenir à plusieurs reprises. «En début d’année, j’ai personnellement parlé aux parents d’un camarade qui s’en était pris à mon fils. Après discussion, les choses se sont apaisées et aujourd’hui les deux enfants s’entendent bien. Mais ce n’est pas normal que ce soit aux parents de régler ce genre de problème», confie-t-elle.

L’incident de mardi a été la goutte d’eau. La mère raconte que son fils avait prêté ses ciseaux à un camarade. Lorsqu’une tierce personne a rapporté l’objet à l’enseignante, ce dernier a indiqué qu’il en était le propriétaire. En reprenant ses ciseaux, il a accidentellement percuté une camarade. Celle-ci l’aurait insulté avant de lui asséner un coup en plein visage, sous les yeux de la maîtresse qui, selon le témoignage, est restée passive. «Mon fils est traumatisé. C’est un enfant calme, qui n’embête personne. Aujourd’hui, il ne veut plus retourner à l’école», regrette Sara-Jane.

Pour d’autres parents, cette inertie de l’administration n’est plus tolérable. «Nous nous sommes adressés à l’Ombudsperson for Children et à d’autres institutions pour que l’on nous prenne enfin au sérieux. Cela fait un mois et nous n’avons toujours aucun retour», déplore Gwendoline, une mère de famille. Elle ajoute qu’au deuxième jour de la rentrée, l’on ne peut assister à de telles scènes à l’école. «Il y a même un autre enfant qui est rentré chez lui avec des dents cassées. Où va-t-on dans ce pays ?» s’indigne-t-elle.

Pire encore, la relation parents-école semble s’être détériorée. «La maîtresse d’école a déposé une Precautionary Measure contre moi, stipulant que je ne peux plus me présenter à l’école sans l’avoir prévenue. Mais comment faire si mon enfant est victime d’un grave problème ? Je n’ai plus accès à lui», poursuit Gwendoline. Elle affirme avoir porté plainte auprès du bureau du Directeur des poursuites publiques, ce qui aurait provoqué la réaction défensive de la responsable.

Face à ces accusations, le ministère de l’Éducation assure suivre la situation de près. «Une ligne de communication est en place avec le Service diocésain de l’éducation catholique (SeDEC). Nous allons accorder tout notre soutien aux victimes de bullying et mettre en place le nécessaire pour aider aussi les auteurs», indique une source officielle.

Le ministère rappelle par ailleurs qu’un vaste programme de formation est en cours. Lancé le 5 août, il concerne 10 000 éducateurs, responsables d’écoles, membres du personnel non enseignant, parents et élèves, qu’ils soient issus du secteur public, privé ou du SeDEC. Ces sessions, qui se poursuivront jusqu’en septembre, visent à mieux sensibiliser les différents acteurs scolaires aux enjeux liés au harcèlement et à renforcer les mécanismes de prévention (voir aussi sur lexpress.mu).

Sollicité, le SeDEC n’a pas encore réagi. En attendant, les parents de cette école des basses-Plaines-Wilhems affirment qu’ils ne comptent pas relâcher la pression. «Il faut protéger nos enfants. Si les institutions ne bougent pas, nous continuerons à nous faire entendre», préviennent-ils.

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