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Human story

Brutalement arrachée à la vie : Les proches et supporteurs de Kayli Grace Arseth réclament justice pour elle

11 octobre 2025, 16:00

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Brutalement arrachée à la vie : Les proches et supporteurs de Kayli Grace Arseth réclament justice pour elle

Kayli Grace Arseth, une jolie jeune femme de 22 ans, née aux États-Unis d’une mère mauricienne, a été brutalement assassinée par tir à bout portant, le 16 juin dernier, dans son appartement à Richfield dans l’État du Minnesota, par Jose Luis Lopez Xique, 27 ans, sergent réserviste dans l’armée américaine. La raison de cet acte de violence sauvage et ciblée : le refus d’entamer une relation amoureuse avec lui.

Kayli Arseth était la benjamine d’une fratrie de trois enfants. Sa mère, la Mauricienne Caroline Chan Ying, a quitté l’île en 1981 pour aller faire ses études supérieures en actuariat aux États-Unis. La Mauricienne a épousé l’Américain Paul Arseth, directeur à MTS Systems Corporation. Kayli a deux sœurs aînées, Heather, qui a été notamment championne de natation aux Jeux des Îles de l’océan Indien en 2011 et en 2015, et Sydney.

Sur sa page d’obituaire, on apprend que Kayli est née avant même que les médecins n’aient eu le temps de mettre un bracelet d’identification au poignet de sa mère. Très tôt, elle a montré un caractère espiègle, étant pleine de vie, une boule d’énergie. Par exemple, lorsque les Arseth étaient en voiture et que toute petite, elle était dans son siège auto, elle chantait à tue-tête la chanson Apologize, battant la mesure avec ses petites jambes afin que ses parents rejouent cette chanson dès celle-ci se terminait. En grandissant, elle s’est toujours montrée téméraire. Ainsi, à l’âge de trois ans, lorsque ses sœurs aînées lui ont demandé de sauter, tête la première de dos, du plongeoir de la piscine de l’hôtel où ils séjournaient, elle n’a pas hésité une seule seconde.

Kayli a fréquenté le lycée de Wayzata et comme activités extrascolaires, elle a pratiqué le karaté, la gymnastique, le football, le plongeon et la natation. À huit ans, elle et son père sont devenus accros à la série The Walking Dead et depuis, elle aimait regarder les films d’horreur. Elle avait mémorisé des accords de piano et pouvait jouer des morceaux dos au clavier ou en inversant les mains gauche et droite. Elle avait un sens inné de la répartie. Elle adorait les animaux. Elle et son père avaient d’ailleurs sauvé une tortue, qui se trouvait en bordure de route, et qu’elle avait nommée, à raison, Lucky. Il y a quelques années, elle avait adopté un chaton nommé Ryder, qu’elle appelait affectueusement Kitty et l’adorait. Screenshot 2025-10-11 151954.jpgSoirées pyjamas avec ses amies. Screenshot 2025-10-11 152001.jpgKayli respirait la joie de vivre. Screenshot 2025-10-11 152010.jpgBracelets imprimés par ses amis et sa famille avec sa phrase fétiche.

Croquer la vie

Kayli avait la dent douce et aimait les sucreries. Mais elle était curieuse de découvrir d’autres saveurs et aimait manger. Une passion pour la nourriture sans doute acquise au contact de sa grand-mère paternelle Dee, qui lui avait fait découvrir les cornichons. Toutes deux aimaient les snacks et leur couleur préférée était le vert citron.

Sportive, elle faisait partie de l’équipe de natation du lycée et de l’équipe d’athlétisme. Ses disciplines de prédilection étaient le 100 mètres brasse et le saut à la perche. Quand elle se retrouvait chez ses grands-parents, elle aimait faire du jet ski et de la bouée tractée. L’hiver, elle et son père partaient en excursion de motoneige dans le voisinage et à travers les champs. Elle adorait dévaler les pentes enneigées en ski et en snowboard. Kayli a également passé beaucoup de temps à apprendre le skateboard et à se faire de nouveaux amis au skatepark.

Elle aimait aussi la musique et jouait de la flûte, instrument que lui avait transmis sa sœur Sydney. Elle a hérité du talent de sa Popo (grand-mère maternelle) et cousait ses propres déguisements d’Halloween et ses rideaux. Tout comme elle adorait se préparer pour aller à des rave parties avec ses amis. Elle pratiquait le dessin et la peinture, créant des autocollants sur Redbubble et faisait de l’artisanat avec ses amis pendant son temps libre. «Elle avait une collection de tatouages, dont une reine de cœur entourée de fleurs en hommage à sa défunte grand-mère Dee, avec qui elle adorait jouer aux cartes à la table de la salle à manger», peut-on lire sur sa page d’obituaire.

Contact facile avec les enfants

Kayli avait un don avec les enfants, qui venaient spontanément à elle. Elle savait leur parler et les faisait rire. D’ailleurs dès le collège, elle avait commencé à faire du babysitting et du gardiennage. Lorsqu’elle a terminé ses études secondaires, c’est tout naturellement qu’elle a pris de l’emploi chez The Mary Katherine School et ensuite chez Fraser School en tant qu’éducatrice spécialisée auprès des enfants autistes.

Dix jours avant qu’elle ne soit brutalement assassinée, elle avait confié à sa mère qu’elle avait décidé de poursuivre des études supérieures et obtenir un diplôme en psychologie du développement à l’université du Minnesota. Une décision qui n’a surpris personne dans son entourage car elle adorait les enfants et voulait les aider.

Elle avait pris son envol, optant pour un appartement à Richfield dans la banlieue de Minnesota, à une trentaine de minutes de la maison de ses parents. Sa mère passait de temps en temps à son appartement pour l’aider à faire le ménage, à ranger et à lui préparer des repas. Elle adorait sa cuisine et appréciait des repas fraîchement préparés et pas des surgelés. Elle venait tout juste de décider de renouveler son bail et trouvait sans cesse de nouvelles façons d’organiser et de décorer son appartement. Kayli avait un petit ami mais les deux avaient décidé de faire une pause, il y a quelques mois, et s’accorder un temps de réflexion. Avec ses amis, elle allait à des soirées pyjama et ils s’accordaient des moments de détente. Elle avait d’ailleurs prévu d’essayer le saut en parachute avec une amie. Ces derniers mois, elle s’était prise de passion pour la moto. Elle s’en était acheté une et passait des heures à la retaper et à apprendre à la conduire.

Sur sa page d’obituaire, ses parents évoquent son rire contagieux «qui pouvait illuminer la journée de n’importe qui. Elle était facile à vivre. Ce que nous aimions le plus chez Kayli, c’était sa compassion inébranlable pour les autres : elle aimait profondément et acceptait tout le monde. Elle était toujours là pour remonter le moral des autres, faisant leurs besoins passer avant les siens. Elle a eu un impact positif sur de nombreuses vies. Elle disait souvent à ses amis : «Well, you’re stuck with me. L’ironie est qu’aujourd’hui, elle est coincée dans nos cœurs pour toujours.»

Une scène de violence inouïe

Selon les autorités policières, c’est à travers des échanges en ligne que Kayli a fait la connaissance de Jose Luis Lopez Xique, il y a environ deux mois. Ils s’échangeaient des messages sur Snapchat et s’étaient rencontrés à quelques reprises. Messages que les policiers ont pu retracer sur l’ordinateur de la jeune fille et sur le téléphone du suspect et dans lesquels, il aurait insisté pour entamer une relation amoureuse avec elle. Celle-ci a toujours refusé en disant qu’elle ne voulait qu’une relation amicale en précisant qu’elle n’était pas romantiquement attirée par lui.

Jose Luis Lopez Xique avait patrouillé la frontière entre les États-Unis et le Mexique comme sergent réserviste. Récemment, il travaillait comme agent de sécurité pour une compagnie privée. Le 16 juin dernier, il a attendu le retour de Kayli à son appartement après son travail, tout en lui laissant croire qu’il lui souhaitait une bonne soirée avec ses amis. Un voisin a entendu des éclats de voix émanant de l’appartement et aurait entendu Kayli dire : «Comment as-tu pu me faire cela?». Dix minutes plus tard, le voisin a entendu quelqu’un quitter l’appartement de Kayli.

Les parents de Kayli ont commencé à s’inquiéter de son silence quand elle n’a pas répondu aux appels et aux messages de ses amis, qui étaient censés la rencontrer, le soir du 16 juin. De plus, elle ne s’était pas rendue au travail le lendemain. Ils ont alerté la police, le 17 juin, leur demandant d’aller aux nouvelles. Un policier, qui était parmi ceux qui se sont rendus sur place, a parlé de «scène macabre». À travers l’ordinateur de la jeune fille, les policiers ont pu remonter la piste de Jose Luis Lopez Xique et le localiser par le biais de son téléphone. Il a été arrêté presque 3 semaines après le meurtre et il n’a même pas semblé surpris, demandant aux policiers de «Hurry it up.» Des égratignures et des blessures étaient visibles sur ses bras et sa poitrine.

L’examen de son téléphone a montré que dans l’après-midi du 16 juin, il a passé une heure sur le parking de l’appartement de Kayli et un peu plus tard, qu’il se trouvait à Bloomington où à proximité et dans une benne à ordure, les policiers ont trouvé deux sacs contenant des munitions, une boîte de pansements vide, des gants en caoutchouc jetables, une paire de chaussures et un chapeau, des lingettes et du ruban adhésif. Plusieurs de ces items avaient ont été achetés par Jose Luis Lopez Xique dans la matinée.

Etonnamment, malgré tous ces éléments révélés par le téléphone du suspect, lors de sa comparution initiale en juillet, le procureur du comté l’a informé qu’il est poursuivi pour meurtre au deuxième degré sans intention de tuer. Ce qui révolte sa famille. Sa sœur Heather est si bouleversée par la mort tragique de Kayli qu’elle a été incapable de reprendre le travail jusqu’ici.

Réduction de la caution refusée

Ses parents et ses amis étaient présents en cour pour la mise en accusation devant le tribunal, le 8 juillet, et la caution de Jose Luis Lopez Xique a été fixée à USD 3.5 millions. Son avocat a tenté de faire diminuer le montant de la caution à USD 1.5 million, estimant que Jose Luis Lopez Xique mérite la présomption d’innocence, que trois membres de sa famille dépendent de lui, qu’il ne s’est pas enfui avant d’être arrêté et que par conséquent, il ne risque pas de s’enfuir. L’avocat a aussi tenté de faire valoir que le prévenu était membre des forces armées américaines mais le juge qui devait statuer, n’a pas consenti à cette requête. Il y eu une audience préliminaire (omnibus hearing) le 5 août où les procureurs ont demandé une autre audience, le 6 octobre. Lundi, 6 octobre, l’avocat a tenté, encore une fois, de réduire la caution à USD 1.5 million mais le juge n’a pas agrée à sa requête car le procureur a dit qu’il représentait un danger pour la société. L’avocat a aussi conteste les mandats de perquisitions et le juge lui a demandé de documenter sa contestation par écrit. Le prochain omnibus hearing aura lieu le vendredi le 9 janvier 2026 at 9 heures au Minnesota, soit 19 heures à Maurice. Le procès aura probablement lieu en mai 2026.

Caroline Arseth, qui est actuellement à Maurice, raconte que Kayli avait prévu de venir pour la première fois découvrir le pays natal de sa mère en novembre. Cette maman au cœur meurtri à jamais trouve regrettable que la peine de mort ne soit pas appliquée dans l’État du Minnesota. «Nous espérons que pour lui, ce sera la prison à vie car cet homme est un danger pour la société.» Il se peut qu’un jour, dit-elle, elle puisse arriver à pardonner à l’assassin de sa fille chérie. «Mais la justice doit tout de même être faite pour protéger le public.»

Elle espère que les Mauriciens pourront offrir leur soutien à sa fille défunte en assistant aux audiences par Zoom. «Tous les hearings auront un Zoom link que je vous enverrai à des fins de publication. On aurait souhaité que les Mauriciens sign up comme Kayli’s Supporter pour que le juge sache qu’il y a beaucoup de personnes qui sont là pour réclamer la justice pour Kayli.» L’express communiquera les liens Zoom au fur et à mesure du procès.

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