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Reportage sur le club de Les Salines

Boxe : Le combat de l’entraîneur Christian Ramsamy contre l’indifférence !

2 novembre 2025, 19:26

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Boxe : Le combat de l’entraîneur Christian Ramsamy contre l’indifférence !

Photo de famille des boxeurs et des encadreurs du club de Les Salines. © Krishna Pather

C’est un véritable cri du cœur que lance Christian Ramsamy, entraîneur du club de boxe de Les Salines. Entre murs décrépits, toit qui fuit et matériel hors d’âge, cet amoureux du noble art continue, envers et contre tout, à faire vivre la flamme de la boxe dans la capitale. Sa passion et son attachement à ses élèves sont les seuls moteurs qui le maintiennent debout.

C’est au stade France Martin que le club port-louisien que se tiennent les entraînements du club les lundis, mercredis et vendredis de 17h à 19h. Le club a été inauguré en 1995 par le Lord Maire d’alors, Ahmad Jeewah. Toutefois, le local ou se tiennent les sessions d’entraînement a subi les affres du temps. Murs décrépits, sols poussiéreux, toit qui fuit. Le club ne possède que le minimum en terme d’équipements : Trois sacs de frappe, quelques cordes et des paires de gants usées. La municipalité de Port-Louis qui a la responsabilité du local joue aux abonnés absents quand elle est sollicitée. Pas d’aide financière suffisante, dons d’équipements qui se font très rarement et promesses non tenues pour rénover la salle. Voilà à quoi font face Christian Ramsamy et ses élèves depuis de nombreuses années.

Boxe Les Salines 2.jpeg Christian Ramasamy (au c.) dirigeant la séance d’échauffement de ses protégés. © Krishna Pather

Christian Ramsamy a fait ses premiers pas comme boxeur au sein du club port-louisien. «Quand j’étais encore jeune, je venais courir au jardin des Salines. Je pratiquais le judo parce que mon père qui était un champion de boxe, ne voulait pas que je pratique ce sport. Mais après son décès j’ai frappé à la porte du club et j’ai commencé à boxer. Quelques mois plis tard, je commençais à faire de la compétition. J’ai terminé troisième dans ma catégorie la premiere année, puis deuxième l’année suivante avant d’être sacré champion l’année d’après. Lors de la quatrième année, j’ai de nouveau pris la deuxième place. Je me suis marié par la suite et j’ai agi comme sparring-partner pendant quelques temps. Vu que je voulais encadrer les jeunes je suis devenu entraîneur», relate notre interlocuteur.

Boxe Les Salines 3.jpeg La salle ne dispose même pas d’un ring… © Krishna Pather

Celui-ci sera d’abord l’assistant de Gérard Louis, entraîneur du club de 2004 à 2008 avant de prendre la succession de celui qui occupe présentement le poste de vice-président de la Fédération mauricienne de Boxe (FMB).

Boxe Les Salines 4.jpeg Les murs décrépits témoignent de la vétusté des lieux… © Krishna Pather

Conscient que la boxe est aussi une école de la vie, le technicien tient à inculquer des valeurs à ses protégés. «Je fais en sorte que la discipline règne au sein du club. Les élèves utilisent toujours un langage correct et ils ont du respect pour moi, pour mon assistant, Gilbert, et pour leurs camarades. J’établis le contact avec leurs parents afin qu’il y ait une relation de confiance. J’encourage mes boxeurs à faire de leurs études leur priorité parce que l’on a beau aimer le sport, il ne nourrit malheureusement pas son homme à Maurice», confie Coach Christian.

Boxe Les Salines 5.jpeg Un autre souci auquel les boxeurs doivent faire face : le toit fuit en temps de pluie. © Krishna Pather

Mais celui-ci ne cache pas que les conditions dans lesquelles il travaille sont loin d’être idéales. «Un budget est voté tous les ans pour les clubs municipaux mais nous ne bénéficions pas de ce soutien. Il nous manque des sacs de frappe, des paires de gants. Les travaux de rénovation ne sont pas effectués. Nous n’avons même pas un robinet à proximité. La municipalité de Port-Louis fait la sourde oreille à nos sollicitations. Il y a quelques mois, nous avons obtenu Rs 10,000 en termes d’équipements déjà travers un de nos boxeurs qui en avait fait la demande à son employeur. C’est notre passion pour la boxe qui nous maintient, sinon le club serait déjà mort depuis longtemps», se désole Christian Ramsamy.

Boxe Les Salines 6.jpeg Portés par leur amour pour le noble art, les élèves de Christian Ramsamy, se débrouillent avec les moyens de bord... © Krishna Pather

Il nous revient qu’une visite des lieux aurait été effectuée récemment par des représentants de la municipalité de Port-Louis et qu’ils ont promis que des travaux seraient bientôt entrepris. Espérons que ce ne sont pas des promesses en l’air cette fois. Car la salle du Stade France Martin, une infrastructure historique qui a vu défiler des générations de champions, a bien besoin d’une rénovation complète afin de retrouver sa splendeur d’antan…

La parole à… Fabrice Valérie : «Je dois beaucoup au club de Les Salines»

Fabrice Valerie Les Salines.jpeg Fabrice Valérie est reconnaissant envers les responsables du club de Les Salines qui ont toujours été présents pour le soutenir. © Krishna Pather

A 22 ans, Fabrice Valérie est définitivement l’un des fers de lance de la boxe mauricienne. Il a progressé au fil des années sous la direction de Christian Ramsamy au sein du club de Les Salines. «Cela fait 7 ans que je fais partie du club de Les Salines. L’entraîneur Christian et son adjoint, Gilbert, ont toujours été là pour me soutenir. Le confinement suivant la pandémie de COVID-19 a été une période très difficile pour moi et je ne pensais pas poursuivre la pratique de la boxe. Mais les coaches du club m’ont encouragé à reprendre les gants. En 2022, mes premiers championnats de Maurice ont été durs mais ils étaient à mes cotés. Ils m’ont convaincu que j’avais du potentiel et ont dépensé de leurs poches pour m’offrir des vitamines. Si j’ai atteint le niveau qui est le mien désormais, avec des victoires aux Jeux des îles de l’océan Indien, à la Mandela Cup, une médaille d’argent aux championnats d’Afrique, une de bronze aux Jeux d’Afrique, c’est en grande partie grâce à ce club. Je dois beaucoup au club de Les Salines. Je trouve vraiment triste qu’il n’ait pas le soutien adéquat parce qu’il y a beaucoup de jeunes qui ont des qualités au sein du club et qui peuvent aller loin s’ils sont bien encadrés. Je suis fier de porter haut les couleurs de ce club au sein duquel il règne une ambiance extraordinaire. J’espère que les responsables vont prendre conscience de la nécessité de soutenir le club», a confié le pugiliste de la catégorie des moins de 51 kg.

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