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Des saisons et des contraires

17 décembre 2019, 10:48

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Des saisons et des contraires

Nous vivons dans un monde d’opposition. Un monde où les contraires contrastent entre eux. Grâce à la comparaison qu’on ne peut s’empêcher d’effectuer, ils permettent d’évaluer la nature et la qualité tant des êtres que des choses. Saurions-nous la valeur véritable de tel ou tel état, de tel ou tel trait de caractère, de telle ou telle émotion, de tel ou tel être humain, sans l’éclairage qu’apporte leur opposé ? Sans la prise de conscience qui, bien souvent, ne se produit que dans la confrontation à la différence et la douleur qu’elle génère ? Il y a dans chaque situation d’opposition un aiguillon qui stimule l’intelligence du corps et du cœur.

Ce monde d’opposition se décline en saisons : saison de calme et de tumulte, saison de joie et de tristesse, saison d’indigence et de profusion, saison de paix et de soucis, saison de force et de faiblesse, saison de vigueur et d’impuissance. Leur ordre diffère d’un être à l’autre, d’une vie à l’autre. Mais il compose cette kyrielle d’états de conscience et de sentiments comme autant de tons superposés dans un grand camaïeu. Ces saisons s’entremêlent, elles s’entrecroisent dans d’infinies arabesques aux rythmes mystérieux puisant leur origine de la face cachée de la Vie. Leur sens nous échappe. Il se laisse entrevoir dans un flou persistant, il ne se laisse jamais saisir. 

Une de ces saisons est la santé. Elle est vigueur, fougue, jeunesse, elle est énergie débordante, elle est projets, elle est rêves et espérances. Et puis elle est tout d’un coup crépuscule, révérence qui se tire, toujours trop tôt. Elle est déclin et fin du jour. Elle est vide et angoisse. Elle est regret et douleur. Elle est absence. Le soleil a terminé sa course sur la voûte du ciel. Et c’est la nuit.

Ceux qui aiment et font du sport savent peut-être plus que les non-sportifs l’importance et le rôle de la santé dans cette quête interminable qu’est l’effort renouvelé jour après jour. Ce que le corps peut, il le réalise grâce à la vie qui l’anime pleinement. Ce don de soi dans l’étreinte de l’instant est la rencontre avec ce bonheur que l’on recherche partout, ce bonheur que l’on croise sans se rendre compte bien souvent qu’on l’a rencontré. Le bonheur est invisible, il n’a pas de forme déterminée. Il se fond dans l’instant. Il est cette présence absente, cette absence présente. On réalise, après coup, qu’il était là. Qu’il avait pris telle ou telle apparence si bien qu’on n’a pas su le reconnaître tout de suite.

Le cœur de toutes ces saisons est le sens à donner à la Vie. Les scènes qui s’égrènent au quotidien, les actes qui finissent par s’écrire ne sont que des corps vides sans la possibilité de les sensifier. Comme ces coquilles inoccupées qui jonchent la plage, sans vie, sans âme, même si elles ont conservé dans leur beauté le secret de leur existence. 

Donner du sens, faire sens, c’est choisir. Le choix est toujours difficile. Ne dit-on pas qu’il est acte de foi ? Il est crucial de choisir et ce faisant de donner un sens réfléchi à sa vie. Pour ne pas contribuer au pourrissement du monde. Pour ne pas ne pas imposer aux autres et être réduit soi-même à ce dernier recours qui est de pouvoir apprécier certaines personnes et certaines situations seulement en se disant qu’il y a pire. Un autre exemple de ce monde d’opposition où les contraires contrastent et détonnent.

 

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