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Dire «non» au terrorisme

17 mars 2019, 04:15

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Nous sommes des êtres faits d’ombre et de lumière. Et en tant que tels, nous sommes tous faillibles, à des degrés divers, certes, mais fragiles quand même. Au contraire d’autres espèces animales, nous avons nos dingues, nos fous, nos fanatiques. Nos racistes. À ce vilain jeu, et c’est une affaire mortelle, nos avons tous, hélas, notre part de responsabilité. Certains l’appellent «l’effet papillon», d’autres diront que les petites causes produisent de grandes effets, mais, au final, nos tarés finissent souvent par disjoncter, mettant tout le système en péril. Vendredi, un fou, un terroriste, a encore une fois traversé la fine barrière qui sépare l’humain de l’animal sanguinaire. 

Ce terroriste, au nom d’une idéologie tronquée et subjective, a tué des innocents. Qui priaient. Lâchement, sans pitié, avec toute la froideur d’un être que la raison a délaissé. C’est du terrorisme et nous, êtres sensés et réfléchis, nous devons dénoncer cela comme tel. Le terrorisme n’a pas de couleurs de peau, de religions, de genres ou de croyances spécifiques. Tout le monde peut être un terroriste en puissance. Ceux qui, pour diverses raisons, préfèrent cibler telle ou telle autre composante de la société comme étant plus porteuse du germe du terrorisme sont loin de la vérité. La vérité crue est là : que vous soyez Blanc, Noir, Jaune, Brun, Gris, Vert etc., vous pouvez être un terroriste. Que vous soyez religieux, pratiquant, non-pratiquant, athée ou agnostique, vous pouvez devenir terroriste. Peu importe votre religion ou absence de religion.

Maintenant, sans prétendre nous substituer aux enquêteurs, après la tuerie de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, que pouvons-nous en tirer comme observations ? Le terroriste, un Australien de type caucasien, semble avoir été matraqué depuis quelques années par l’islamophobie galopante dont semblent friands certains médias occidentaux princi-palement. Ces médias font souvent leurs unes d’événements négatifs liés directement ou indirectement à l’Islam. On pourrait dire que ces médias pratiquent une politique de deux poids, deux mesures en ce qui concerne l’Islam et la crainte que cette religion peut engendrer chez des personnes qui n’y comprennent goutte. Cette façon de traiter la culture et la religion islamique ne fait, des fois, qu’attiser la peur de l’autre. La peur engendre la crainte, qui elle-même se transforme en haine. Cette haine fini par tuer.

Les médias, comme les politiques ou les religieux, ont leur rôle à jouer dans l’assainissement de la société. Les religions ont, hélas, toujours servi de prétexte à des tueries. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil en cela. Même dans le monde Antique, même dans des civilisations aujourd’hui disparues, comme les Sumériens, les Babyloniens, les Aztèques, les Mayas, les Vikings, ou même dans les grandes religions qui existent actuellement, la foi en une divinité quelconque ou en un dogme en particulier fait que les humains finissent toujours par s’entretuer. Pour prouver que leur dieu est meilleur que d’autres. Que leur religion est su-périeure, leur foi plus grande, etc. Bref, une compétition des plus féroces. Dans quel but ?

L’Histoire, celle qui s’écrit avec une grande hache comme disait Georges Perec, est faite de guerres ayant pour toile de fond la question religieuse. L’Homme a plus que souvent tué au nom de la religion. Des fois avec la bénédiction de chefs religieux. Est-on absout de ses pêchés pour autant ? Les chefs politiques aussi portent leur part de responsabilité dans l’épidémie de méfiance religieuse qui gagne de plus en plus la planète. La pratique d’une politique radicale apporte avec elle ses corollaires : fanatisme, radicalisation, suprématie raciale, extrémisme, racisme, terrorisme, entre autres. D’où la montée, de par le monde, de phénomènes d’antisémitisme, d’islamophobie, de supré-macisme blanc, de nationalisme hindou ou de bien d’autres encore. 

Face à tous ces dérives, à tous ces excès, que peut-on faire ? On ferme les yeux, on met des «RIP» sur les réseaux sociaux, pour se donner bonne conscience ? On s’indigne derrière l’écran anonyme de notre smartphone, l’espace d’un instant, puis on passe à autre chose ? On met des commentaires superficiels et débiles sur des articles qu’on n’a même pas pris la peine de lire dans leur intégralité ? Que faire ? Peut-être tout simplement dire «Non» aux excès. Non au terrorisme. Je ne sais pas. Nous avons tous cette part de violence en nous...n 

Jayen TEEROOVENGADUM
 

 

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