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Lepep dan difé

3 septembre 2017, 06:52

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Black Friday. C’est les larmes aux yeux et le cœur déchiré que des femmes, des hommes et des enfants de La Butte et de Barkly ont assisté, impuissants, à la démolition, vendredi, de leurs maisons. On ne barre pas la route au Metro Express. Ainsi en ont décidé les autorités gouvernementales et puis c’est tout. Qu’est-ce qu’un gouvernement Lepep en a à faire des pleurs, protestations, cris, colères, désespoirs, tristesses, et j’en passe, du petit peuple ? Ces gens-là n’avaient qu’à ne pas habiter là, voyons. Ce que gouvernement veut, le peuple peut… aller se faire voir.

C’est stupéfiant de voir la vitesse (express ?) à laquelle le gouvernement Lepep est en train (ou en métro, au choix) de dilapider le capital confiance que le peuple, dans sa majorité, avait placée en lui, en décembre 2014. C’est ahurissant. Quoi, il n’y a personne au sein de ce gouvernement qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez ? La majorité ne comprend pas que la communication, outil important pour véhiculer des messages, passe très mal avec le peuple ? Qu’il n’y a PAS de communication tout court ? Sinon comment expliquer la catastrophe humaine de vendredi ? Et des jours à venir ?

Le dossier humain du Metro Express a été très mal géré depuis le début. La faute à des décideurs politiques Lepep qui, dans leur tour d’ivoire (y voir quoi d’ailleurs ?), prennent des décisions unilatérales sans penser aux drames que cela peut entraîner. Bien sûr qu’on ne peut faire une omelette sans casser des œufs. Mais de là à briser ceux du peuple, il y a un pas que Lepep a franchi, vendredi. Rien ne sera plus comme avant pour tous les Mauriciens qui habitent sur le tracé du Metro Express.

C’est une «reality slap» des plus sonores que le peuple a reçue. Oui, ce n’est que le début d’une longue liste de détresse humaine, de pleurs et de cris de désespoir. Oui, maintenant les habitants de Curepipe, de Quatre-Bornes, de Rose-Hill, de Beau-Bassin, de Port-Louis et des autres régions qui figurent sur le tracé des 19 stations de métro qui seront construites entre la Ville-lumière et la capitale savent à quoi ils doivent s’attendre dans les jours, les semaines et les mois à venir. «Lepep pou dan difé.» Et le peuple ne pourra rien faire pour contrer cela. Car Lepep a été démocratiquement élu et Lepep a décidé. Même si au sein de Lepep, orange et carré-carré savent qu’ils sont (eux-aussi) «dan difé».

Nous l’avons vu, vendredi. Les pelleteuses n’ont pas d’état d’âme. Les bulldozers écrasent en une minute ce que des hommes et des femmes ont mis toute une vie à construire de leurs mains. Peu nous importe la situation légale ou pas de ces personnes. Peu nous importe de savoir que certains squattent les terres de l’État. Peu nous importe. Ce qui compte c’est que cela n’aurait pas dû se faire comme cela l’a été. Brutalement. De manière «dominer».

Cet enfant qui a vu sa maison réduite en un amas de gravats, cette vieille dame qui a eu le cœur brisé de voir la demeure de son enfance écrabouillée comme un vulgaire château de cartes, cet homme qui a assisté, impuissant, à l’anéantissement des fruits de toute une vie, ceux-là, aucun gouvernement ne pourra trouver assez d’argent pour les dédommager. On n’achète pas le souvenir des gens, leurs émotions et leurs espoirs. Cela ne peut être quantifié de manière monétaire.

 Ce qui se passe en ce moment autour du Metro Express nous pousse à dire que les politiques ne retiennent jamais les leçons du passé. Ce gouvernement Lepep, qui avait dénoncé les travers de ses prédécesseurs, semble faire, en moins de trois ans, pire que ce qu’il reprochait à ces derniers. Alors, se dirige-t-on vers un nouveau «virage» express ?

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