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Deux ans. Cela fait vingt-quatre mois maintenant que l’Alliance Lepep est au pouvoir. Deux ans que la vague «viré mam» a porté l’espoir d’une majorité de la population aux portes du gouvernement. Je n’ai pas la prétention de dresser un bilan de ces deux ans passés à la gestion des affaires du pays. Nous ne sommes même pas à mi-mandat et il reste encore du temps au gouvernement pour appliquer les points sur lesquels il a été élu. Et qui n’ont pas encore été pour la plupart mis en application. Ce serait déjà une bonne résolution pour 2017 que l’Alliance Lepep tienne parole et mette tous, ou presque, ses projets à exécution. C’est le moins que la majorité gouvernementale puisse faire pour rassurer, au mieux, ses partisans.
Car, deux ans après, c’est plutôt un sentiment mitigé qui prévaut parmi les «viré mam». La faute à une cascade d’affaires et de déboires qui ont grippé la machinerie bien huilée de décembre 2014. Citons, pêle-mêle : affaire BAI et la chute de l’empire Dawood Rawat ; les cas en cour logés contre Navin Ramgoolam et qui tombent les uns après les autres ; les demandes de compensations pour dommages et intérêts (Betamax, Dawood Rawat), qui se chiffrent par milliards et qui pendent sur nos têtes ; les conflits internes style Roshi Bhadain-Vishnu Lutchmeenaraidoo ; la saga Heritage City et ses feuilletons à rebondissement ; la saga «Euro-Loan» ; les affaires autour de l’ICTA ; les nominations des proches du pouvoir à des postes de décision ; l’affaire «Bal kouler» qui a fait chuter Raj Dayal de son ministère ; les backbenchers Lepep qui grondent de plus en plus ; la ratification du nouvel accord du traité de non-double imposition avec l’Inde, qui n’a pas fait que des heureux dans le secteur du Global Business ; la morosité ambiante dans l’investissement étranger ; la création d’emplois qui ne décolle pas ; la prolifération des affaires de drogue ; la saga des Pas géométriques et des projets hôteliers qui génèrent des mouvements de protestation ; la promesse de l’eau potable 24h/24 et 7j/7 qui n’est toujours pas réalisée ; la compensation salariale qui fâche ; etc, etc.
Le tout sur fond d’indécision politique à la tête de l’État, avec sir Anerood Jugnauth ayant annoncé, le 12 septembre dernier, qu’il se pourrait qu’il ne tienne pas les cinq ans de son mandat premier-ministériel. Laissant planer le doute sur sa capacité à assurer les affaires courantes du pays. Et donnant libre cours aux spéculations quant à sa succession au poste suprême. Il ne fait pas l’ombre d’un doute que l’opposition parlementaire et extra parlementaire a été requinquée par les errements gouvernementaux. Surtout les deux principaux partis des opposants que sont le MMM et le PTr. Chose qui semblait inimaginable deux ans de cela. Il semblerait même que leurs meilleurs agents soient devenus l’Alliance Lepep, «itself» !
Alors, face à ces tirs de barrage et à ces pièges en eaux troubles, quelles solutions pour l’Alliance Lepep ? Gardons en tête que tout gouvernement démocratiquement élu fait tout son possible, durant son mandat, pour que les bonnes décisions soient prises et le peuple satisfait, cela afin d’assurer sa réélection. Est-ce que la solution passe par un changement de capitaine ? Avec un remaniement ministériel à la clef. Et un nouveau départ, sur de nouvelles bases ? Ou bien la solution est-elle tout autre ? De nouvelles élections générales, avant terme, sont à écarter, car trop risquant pour la majorité. Même une élection partielle risque d’être comme une patate chaude entre les mains de Lepep.
Les options ne sont pas légion pour l’Alliance Lepep. Il faut accélérer le mouvement et appliquer les propositions électorales, au plus vite. Sinon les murmures de désapprobation qui commencent à se faire entendre vont très vite se transformer en grondement de colère. Résultant en un «déviré mam» fatal au gouvernement. S’il applique son programme à la lettre, en levant le pied sur la «victimisation», perçue ou réelle, des opposants politiques, il n’y a pas de raison pour que ce gouvernement ne réussisse pas dans son entreprise. C’est une des solutions.
Il faut aussi éviter de répéter les erreurs du précédent gouvernement. Au lieu de l’imiter, dans ce qu’il avait de mauvais ou de moins bon. Les résolutions du nouvel an doivent tenir en considération le bonheur du peuple. Un peuple heureux est un peuple qui passerait l’éponge sur quelques errements. Mais un peuple malheureux est un peuple blessé. Et comme à Maurice nous avons l’habitude de brûler ce qu’on avait adoré et de réhabiliter ce qu’on avait envoyé aux oubliettes, le gouvernement a intérêt à sortir de sa suffisance et de l’arrogance affichée par certains de ses membres. Sinon le peuple se chargera de les rappeler à l’ordre, le moment venu…
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