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Elect your Speaker !
Depuis le début de cette semaine, de manière confirmée pour ce qui est de lundi et mardi, encore en voie de confirmation pour ce qui est de ce mercredi 22 juin, ce sont l’interdiction d’Assemblée nationale imposée à Touria Prayag, les propos de mauvais goût d’Anil Gayan à cet effet ainsi que le boycott symbolique du Parlement par les titres de La Sentinelle qui ont occasionné les plus gros volumes de commentaires de lecteurs. Ce mouvement est important. Il est même trop important pour qu’on se contente des quelques effets médiatiques occasionnés par les multiples maladresses, inélégances, pour ne pas dire indiscrétions de Mme Hanoomanjee. Au bout du compte, cette dernière restera une parenthèse – et au seul titre de la parentèle – dans notre histoire parlementaire. Le plus important restera notre capacité de mobilisation pour disposer, à l’avenir, quelle que soit la formation majoritaire, d’un Speakership à la hauteur de la vieille tradition parlementaire qui est la nôtre.
En 1983/84, lorsqu’un précédent gouvernement dirigé par Anerood Jugnauth voulut faire adopter une Newspapers and Periodicals (Amendment) Act qui aurait surtout pour effet d’asphyxier les petits journaux. Des membres de la société civile – menés par sir Maurice Rault, ancien chef juge, des journalistes, dont les plus mobilisés étaient Lindsay Rivière, Yvan Martial, Jugdish Joypaul, provoquèrent un mouvement de sensibilisation de l’opinion publique. Ses principaux porte-parole se rendirent dans diverses localités, rurales comme urbaines, pour expliquer le caractère dangereux de cette législation, invitant leurs auditoires à s’engager à la combattre. Au bout du compte, face à la mobilisation, le gouvernement recula et le Bill ne fut jamais présenté à l’Assemblée législative.
Il nous faudrait, dès aujourd’hui et jusqu’au prochain Nomination Day, une campagne pour faire accepter aux deux principaux blocs politiques, voire à chacun des partis pensant pouvoir fédérer une majorité, qu’ils doivent aligner aussi un Speaker désigné.
Nos partis sont capables, principalement à des fins de mobilisation communale, d’annoncer à l’avance les noms des membres du futur front bench, voire du futur/de la future président/e de la République. Est-ce vraiment impossible, pour des raisons cette fois liés à la dignité de la future Chambre de présenter une personnalité susceptible d’y faire honneur ? Parmi les proches et compagnons de route du MSM, du MMM, du Parti travailliste, du PMSD, voire du Mouvement Libérater, il existe des hommes et des femmes, de préférence juristes, assez crédibles auprès des sympathisants de ces partis pour leur demander leur suffrage mais, également, assez attachés à l’idée d’indépendance et à la beauté d’un parlementarisme équitable pour y consacrer le temps d’un mandat.
Nous laisser polariser sur les lignes de partage des formations politique entre elles nous conduit, entre autres, à certaines polémiques vaines. Ce dont notre site est régulièrement témoin. Sans doute serait-il plus fécond de nous laisser fédérer par une grande idée, au-dessus des partis : Elect your Speaker. Sans rattrapage possible des battus. Elect au sens de choix également.
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