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Au nom du per diem

31 mars 2015, 06:54

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C’est fou comme ces derniers temps, les Mauriciens n’arrêtent pas de lire dans la presse des sommes d’argent dont ils ne posséderont de toute leur vie jamais le centième. Avant, les seuls gros montants auxquels ils étaient confrontés, c’était ceux du jackpot du L.*. Avec l’affaire des coffres et des per diem de Ramgoolam, ils ont l’impression de découvrir une véritable machine à sous. On le croyait un peu James Brown, avec ses petites pilules et amies, maintenant, on découvre qu’il est plus slot machine que sex machine. L’ex-Premier ministre a fait de «toujours plus de billets» une de ses (nombreuses) devises.

 

Ce serait toutefois injuste de ne s’attaquer qu’à lui sur le coup des per diem. Quel salarié, quel fonctionnaire, quel ministre, voire quel syndicaliste ou quel policier n’est pas ravi de voyager à l’étranger pour son travail ? Làbas ils sont libres, à l’abri de la pression sociale et du qu’en-dira-t-on. Ils peuvent tester des expériences culinaires inédites, par exemple. Les per diem sont souvent supérieurs à ce qu’ils dépensent, ce qui leur permet de mettre un peu d’argent de côté. Même les anciens Gouverneur de banque et Premier ministre ont saisi cet aspect «épargnant» du voyage d’affaires. Très économes, ils se sont empressés de conserver leurs devises dès leur retour dans le premier coffre ou filing cabinet à portée de main.

 

Voilà donc une idée pour aider M. Lutchmeenaraidoo à faire revenir la diaspora : si vous vous réinstallez à Maurice, vous aurez droit à des per diem ! Mieux qu’une exemption d’impôt.

 

Per diem, cela veut dire «par jour». À ne pas confondre avec parjure… Parce qu’au chapitre des dépenses, quand on lit que le gouvernement a dû payer pour la location de «petits arbres» lors du dernier voyage officiel de l’ex-PM, on se demande vraiment pourquoi. Si Ramgoolam pensait cacher la forêt de ses excès avec ça, c’est loupé ! Même les baobabs malgaches n’auraient pas suffi .

 

À propos d’arbres, au lieu de les louer à l’étranger, le gouvernement serait bien avisé d’en planter un peu chez nous. Parce qu’à force de vouloir construire des smart cities partout, nous allons encore plus nous retrouver avec un sol fertile bétonné (et donc des inondations et davantage d’importations pour nous nourrir). La vraie intelligence, c’est celle de l’équilibre. Entre le bâti et la nature. Entre l’homme et l’environnement.

 

*La publicité étant interdite, nous ne pouvons citer ce nom.

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