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Éducation

Baisse des résultats au SC : Et maintenant, comment redresse-t-on la barre ?

25 janvier 2026, 12:00

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Baisse des résultats au SC : Et maintenant, comment redresse-t-on la barre ?

Les résultats du School Certificate (SC), publiés il y a une semaine, agitent encore le milieu éducatif et la société. Mais si le taux de réussite national, passé de 72 % en 2024 à 69 % en 2025, suscite interrogations et inquiétudes, l’heure n’est pas uniquement aux reproches.

Pour des acteurs du secteur éducatif, l’essentiel consiste désormais à comprendre où le système a failli afin de redresser la barre pour les prochaines cohortes. Pour Harrish Reedoy, pédagogue, l’analyse doit être dépassionnée et orientée vers l’avenir: «Les discussions sont légitimes, mais nous n’avons plus le temps de nous livrer à un jeu de blâme. L’urgence aujourd’hui est de mobiliser toutes les énergies afin d’améliorer les performances des prochaines cohortes.»

Une lecture pédagogique approfondie des résultats de la cuvée 2025 révèle, selon lui, une réalité souvent méconnue : dans la majorité des matières, le seuil requis pour obtenir un crédit se situe en dessous de la barre des 50 %. «Cela démontre clairement que l’obtention d’un crédit est à la portée d’un grand nombre d’élèves, à condition que la préparation soit structurée, ciblée et conforme aux exigences de l’examen», explique-t-il. Le problème ne réside donc pas uniquement dans les capacités des candidats, mais dans la manière dont ils sont préparés à affronter l’évaluation finale.

De nombreux élèves perdent en effet des points non pas par manque de connaissances, mais en raison d’une mauvaise interprétation des questions, d’une maîtrise insuffisante des techniques d’examen ou encore d’un manque de familiarité avec les schémas de notation de Cambridge. «Dans des matières comme les mathématiques, les sciences, l’économie ou les langues, les élèves savent souvent quoi répondre, mais peinent à structurer leurs réponses et à répondre précisément aux attentes des correcteurs», observe le pédagogue. Il s’agirait donc davantage d’un décalage entre l’enseignement, l’apprentissage et l’évaluation, plutôt que d’un niveau d’examen jugé excessif.

Pour les examens de 2026, Harrish Reedoy plaide pour une préparation plus rigoureuse et davantage orientée vers la réalité de l’examen. «La pratique régulière des sujets des années précédentes, l’analyse attentive des barèmes de correction et l’identification précoce des lacunes sont essentielles», insiste-t-il. Une attention particulière doit également être portée à la compréhension de mots-clés comme expliquer,compareroujustifier, souvent mal interprétés par les candidats et pourtant déterminants dans l’attribution des points.

La question du timing est également centrale. Selon lui, une préparation efficace ne peut se limiter aux révisions intensives de dernière minute. «L’idéal est de commencer dès le Grade 10, en misant sur la régularité et la consolidation progressive des acquis», recommande-t-il. Les éducateurs ont, dans ce contexte, un rôle déterminant à jouer pour inverser la tendance de 2025. L’enseignement, selon Harrish Reedoy, doit aller au-delà de la simple couverture du programme scolaire. «Il doit inclure une formation explicite aux techniques d’examen. L’évaluation continue doit servir d’outil de diagnostic afin d’identifier les difficultés des élèves et de proposer un accompagnement pédagogique ciblé.» La collaboration entre enseignants de divers départements ainsi que l’analyse systématique des performances par matière, apparaissent également comme des leviers essentiels pour corriger les faiblesses récurrentes.

Apprendre de Cambridge

Le Mauritius Examinations Syndicate (MES) est aussi appelé à jouer pleinement son rôle. Pour le pédagogue, la communication des rapports des examinateurs de Cambridge doit être plus rapide, plus claire et plus accessible. «Ces rapports constituent une mine d’informations sur les erreurs fréquentes, les attentes des correcteurs et les bonnes pratiques à adopter», dit-il. Pour les matières ayant enregistré une baisse notable des performances, il suggère l’organisation d’ateliers animés par des examinateurs de Cambridge, à l’intention des éducateurs, afin de mieux comprendre les critères d’évaluation et d’adapter les stratégies pédagogiques.

Les parents ne sont pas en reste. Un environnement familial structuré, l’encouragement à des habitudes de travail régulières et une communication étroite avec les établissements scolaires jouent un rôle clé dans la motivation et la stabilité académique des élèves.

En définitive, les résultats du SC 2025 doivent être perçus moins comme un échec, mais comme un signal d’alerte. Les accusations ne permettront pas d’améliorer les performances. Seule une action collective et coordonnée entre élèves, éducateurs, parents, le MES et les autorités éducatives pourra renforcer la préparation aux examens, réduire les écarts de performance et viser de meilleurs résultats pour les cohortes à venir.

Une analyse chiffrée (voir ci-dessous) réalisée par Harrish Reedoy sur la répartition des points et les seuils de notation de la cuvée 2025 met en lumière le potentiel réel d’amélioration, à condition que les stratégies pédagogiques soient ajustées en conséquence.

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