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Avant la manifestation, la GWF met le gouvernement sous pression
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Avant la manifestation, la GWF met le gouvernement sous pression
Photo d'illustration.
À quelques jours de la manifestation contre la réforme de la pension, prévue ce samedi 11 juillet, la General Workers Federation (GWF) hausse le ton. Réunie en conférence de presse à son siège de GrandeRivière-Nord-Ouest, la fédération syndicale a livré une analyse critique du Budget 2026-2027.
Pour Clency Bibi, président de la GWF, le gouvernement doit avant tout respecter les engagements pris durant la campagne électorale. Il rappelle que l’alliance au pouvoir avait promis une pension universelle de Rs 21 500. Faisant référence aux recommandations du Fonds monétaire international, il estime que les difficultés financières du pays étaient connues depuis plusieurs années. «Si la dette publique était déjà un problème, pourquoi aucune mesure n’a été prise plus tôt pour relancer l’économie ?»
La sécurité énergétique est un autre sujet d’inquiétude. Selon Clency Bibi, le Budget ne présente pas de stratégie claire pour assurer la transition énergétique du pays. Il rappelle que la dernière centrale électrique publique remonte à plus de 35 ans et estime que Maurice devra moderniser ses infrastructures avec la sortie progressive du charbon prévue d’ici 2030. Il s’interroge sur la place grandissante du secteur privé dans la production d’électricité.
Il a également dénoncé la dépréciation de la roupie, qui est «une des principales causes de l’inflation importée. Le gouvernement avait promis de redonner de la valeur à la roupie. Pourtant, le coût de la vie continue d’augmenter.»
La GWF s’inquiète aussi des modifications annoncées à la législation du travail. Les discussions autour des négociations collectives suscitent des réserves. Pour la fédération, toute réforme du Code du travail doit être précédée d’une concertation avec les syndicats. Clency Bibi plaide aussi pour une fiscalité plus juste. «Il faut avoir le courage de taxer la richesse et non le petit peuple.»
La réforme de la pension au centre
Pour Ashvin Gudday, responsable syndical, plusieurs catégories de travailleurs ont été oubliées dans le Budget, notamment les employés du transport public, qui attendent une révision salariale et des conditions de service alors que les travailleurs du Freeport sont inquiets pour la sécurité de l’emploi.
Il estime que la disparition progressive de la Contribution sociale généralisée (CSG) fragilise davantage les ménages, malgré les baisses de prix annoncées sur certains produits.
La GWF affirme avoir sollicité une rencontre avec le Premier ministre afin d’obtenir des clarifications sur l’avenir des casinos. «Notre préoccupation concerne avant tout les travailleurs», a insisté Ashvin Gudday, qui s’interroge sur les conséquences d’une éventuelle restructuration ou privatisation.
La réforme de la pension universelle reste le principal cheval de bataille de la GWF qui réclame son maintien à 60 ans et estime que le changement évoqué aurait dû faire l’objet d’un débat national distinct du Budget. La GWF propose la mise en place d’un «NPF 2.0» car la CSG, qui l’a remplacé, a profondément modifié le système de retraite sans garantir suffisamment les droits des travailleurs.
En matière de sécurité alimentaire, la GWF pense que le développement de la production locale doit devenir une priorité.
Les dirigeants syndicaux ont lancé un appel à une forte mobilisation samedi, à partir de 13 heures, au centre Marie Reine de la Paix, à Port-Louis, sous l’égide de la Platform Komun Syndikal, afin de relancer le dialogue sur la réforme de la pension et sur les préoccupations des travailleurs.
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