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Aux moins de 15 ans : Interdire les réseaux sociaux se mettre des ados… À dos ?

22 août 2025, 17:00

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Aux moins de 15 ans : Interdire les réseaux sociaux se mettre des ados… À dos ?

Pas la peine de se cacher pour éviter l’évidence. Nous ne cessons de proclamer que la drogue est devenue une dangereuse addiction pour notre jeunesse. Mais il est un autre vice, souvent mis sous le tapis, qui gagne les ados encore en dessous de 15 ans. Vous aurez deviné qu’il s’agit de la pornographie, qui décime de trop jeunes cerveaux sur la conception de l’amour et du sexe.

Un grand nombre de pays, dont la France, envisage d’interdire très bientôt l’usage de plateformes comme TikTok ou Meta (Instagram, Facebook) aux moins de 15 ans. Facile à dire, difficile à légiférer et à contrôler. Mission impossible, qui consiste à interdire ou alors prévenir, si on ne met pas en place des mécanismes et des contrôles parentaux et le personnel idoine.

? Une nouvelle drogue

Ça commence par accident, ça devient une habitude cachée, pour ne pas dire une addiction nuisible, pour les tout jeunes. Comme pour la drogue, on commence par un petit joint. L’ado, souvent entouré d’amis, va passer assez rapidement à d’autres substances. Du soft au hard, certains franchissent le pas. S’ensuivent les dégâts au niveau pornographique.

Ne soyons pas hypocrites. Qui n’a pas entendu parler de YouPorn ou de PornHub ? 70 % seraient victimes de ce harcèlement alors que les cerveaux sont encore en plein développement. A-t-on vraiment appris à l’ado comment se servir d’un smartphone sur lesquels ses yeux vont rester braqués pendant des heures ?

C’est une addiction mondiale. Fin 2024, l’Australie a interdit l’usage des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. La Nouvelle-Zélande va suivre de même qu’un certain nombre de pays européens, comme l’Espagne et la Belgique. La Chine a été plus radicale. Pas de réseaux sociaux avant 14 ans et pas d’écran pendant plus de 40 minutes. La Nouvelle-Zélande va suivre. D’autres plus consensuels fixent la barre à 13 ans.

Il faut libérer ces ados des écrans. L’abus ramollit le cerveau. Les déconnecter pendant les horaires scolaires, même pendant la récréation. En passant, une parenthèse sur certains jeux vidéo qui induisent une grande violence. Alors, comment développer chez l’ado l’esprit critique avant 15 ans ?

? Comment contrôler

Plus un ado s’accroche à sa tablette, moins il développera son cerveau. Interdire, mais comment contrôler sur le plan technique ? Les solutions se font rares. Certains pays essaient d’avoir recours à la reconnaissance faciale mais ça reste limite. Entretemps, l’ado de moins de 15 ans peut être victime de la désinformation ou de fake news. Même la police a du mal à contrôler le cyberharcèlement. Ce n’est pas son rôle de toute façon d’éduquer des ados sur les revers de ces réseaux sociaux.

Pour protéger l’ado, il faudrait tout un dispositif, mais lequel ? Certains contenus pornos sont très dangereux. Nous n’allons pas ici établir la liste de tous les vices auxquels l’ado peut être exposé. Si on n’interdit pas, il faudrait réguler mais comment, quand et où ? Cette addiction va nuire à sa santé mentale. Quelle est la marge entre la censure et la liberté d’expression ?

À ces sites pornos faciles d’accès s’ajoutent d’autres qui projettent de la pédopornographie, voire du sadomasochisme. Hé oui, n’ayons pas peur des… maux. Mais restons au simple niveau du couple. La conception de l’acte sexuel entre un homme et une femme est faussée dans ces jeunes esprits. Ça va les marquer et ils voudront reproduire ce qu’ils ont vu à répétition pendant des heures. Des dégâts dans les têtes et dans les gestes.

En Europe, on tente de réduire ce risque en appliquant la Digital Service Act, un gardefou qui pourrait identifier à la fois l’identité et l’âge. C’est lent et ça a déclenché du scepticisme. Que doivent faire les parents : interdire ou encadrer ? À Maurice, on dispose du Mauritian Cybercrime Online Reporting System. En 2023, il aurait comptabilisé 21% de cas de harcèlement. Encore faudraitil distinguer entre l’adulte et l’adolescent ? Ajoutons que dans ce déballage sans limite auquel l’ado peut être soumis, la fille a toujours le mauvais rôle de salope, de chienne prête à tout pour assouvir sans limite les désirs ou déviances de l’homme. Nous ne pouvons pas étaler ici toute la panoplie qui va jusqu’à la sextorsion.

? Un cliché : L’éducation par les parents

Sur cette question, la société n’a que trop attendu. Idem pour les programmes de partis politiques. À cet âge, l’ado, en pleine mutation, va braver l’interdit. S’il en a pris l’habitude ce sera déjà trop tard ? Que d’interrogations.

Chez nous l’éducation sexuelle au contenu toujours débattu a montré ses limites quand on voit une fille qui accouche, glisse le bébé dans un sac qu’elle suspend à la poignée d’une porte avant de disparaître. On va lui tomber dessus mais c’est la faute de notre société mal outillée. L’ignorance sévit. Qu’en est-il du contrôle parental qui est en train de disparaître même dans la bourgeoisie. Cette dernière apprendelle à l’ado comment gérer ses émotions ? Est-ce qu’elle fixe des limites ? Quel est le temps accordé à l’écoute et au dialogue ?

C’est très joli de promulguer l’éducation parentale sur laquelle reposent probablement de lourdes responsabilités, souvent non assumées. Où sont les parents dans notre société actuelle avec ses exigences de productivité, qui suivent un programme d’éducation à l’ado sur le plan sexuel ? Nous suivons toujours le même schéma alors que les temps ont changé et continuent à changer. On ne peut plus attendre alors que le train est déjà passé.

Les dégâts sont déjà visibles chez certaines couches d’adolescents qui restituent dans la réalité une sexualité bestiale, masochiste, perverse. Les médias rapportent de plus en plus des cas auxquels notre pays n’était pas habitué. C’est la conséquence directe d’un usage excessif des sites porno sur ces réseaux sociaux totalement libres. Gardez en tête qu’ils récoltent les trois quarts de leurs profits grâce à la pornographie sous toutes les coutures. Que font les parents sauf détourner la tête ?

En l’absence d’outils de prévention modernes, en l’absence de réel contrôle parental, en l’absence des religions trop timorées pour tirer la sonnette d’alarme, en l’absence d’une volonté politique quels que soient les partis au pouvoir de prendre dans les plus brefs délais des mesures d’interdiction incontournables, attendons-nous à entrer en conflit souterrain avec des générations d’adolescents de moins de 15 ans. Certaines sont déjà formées ou plutôt déformées par une débauche sexuelle via ces réseaux sociaux. Or, ce n’est pas ça l’amour !

Ne pas bousculer notre société équivaut à reculer pour ne pas sauter. Interdiction envisagée ou concrétisée ? Il n’est jamais trop tard pour l’avenir, même immédiat. Le Premier ministre a annoncé que le gouvernement allait procéder à une telle interdiction. Attendons voir.

Agissez : aret pilinnge.

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