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Atelier de cuisine à Pamplemousses

Aurélie Bissoon vous invite à suivre son «Itinerer»

5 janvier 2026, 14:00

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Aurélie Bissoon vous invite à suivre son «Itinerer»

Ingénieuse idée que celle trouvée par Aurélie Bissoon. Plutôt que de faire une table d’hôte et d’inviter les touristes à manger des plats typiquement mauriciens, cette jeune maman, qui a tâté du journalisme avant de faire de la communication digitale en agence, a décidé de les faire mettre la main à la pâte en lançant, il y a six mois, un atelier de cuisine dans la cour de ses parents à Pamplemousses. Atelier nommé Itinerer. Suivons-le.

Le jour où nous débarquons à Pamplemousses chez les parents d’Aurélie Bissoon, née Lodoïska, cette jeune femme a installé une table sous une pergola improvisée dans l’arrière-cour et y a mis tous les ingrédients du déjeuner qui sera préparé par les touristes qu’elle reçoit. Elle supervise la coupe de l’aubergine en julienne par Elias Rabah, 23 ans, et celle de la pomme d’amour en petits cubes par Jeanette, 26 ans, la sœur aînée de celui-ci.

On peut dire que les Rabah sont des citoyens du monde. Anna, la maman des deux jeunes susmentionnés, est Suédoise et leur papa, Essaied, est moitié suédois et moitié tunisien. Essaied a beaucoup voyagé dans sa prime jeunesse, vivant tantôt en France tantôt en Italie tantôt en Suisse, où il a d’ailleurs rencontré Anna. Et après une dizaine d’années en Suède, le couple a posé ses valises en Belgique où Anna travaille à la Commission européenne. Essaied exerce comme menuisier de bâtiment. Jeanette, Elias et leur grand frère, Jonas, 29 ans, sont nés en Suède et y vivent toujours d’ailleurs.

Première visite

Si Jeanette et Elias font encore leurs études supérieures – l’électrique pour la jeune femme et le design pour son frère –, leur aîné Jonas a étudié la cuisine et est chef dans un restaurant gastronomique suédois. Séparé de son épouse, ce dernier est père de deux enfants, Zac, quatre ans, et Jiuni, bientôt six ans, dont la garde est alternée. Les deux enfants sont en vacances dans l’île avec leur papa, leurs grands-parents, leur oncle et leur tante.

La famille Rabah en est à sa première visite dans l’île. Un déplacement motivé par le 60e anniversaire d’Essaied. Au cours de leur séjour, ils ont logé dans un Airbnb à Péreybère. C’est à travers un groupe de conseils pour voyageurs sur Facebook qu’Anna a appris qu’un atelier de cuisine aurait lieu chez l’habitant à Pamplemousses. Et comme les Rabah aiment découvrir les différentes cuisines des pays où ils se rendent et que leur fils aîné est chef, ils ont décidé de suivre l’Itinerer d’Aurélie Bissoon, quatre jours après leur arrivée.

Ce matin-là, pendant que Jonas épluche et coupe le giraumon en fines lamelles, son père, Essaied, qui est à ses côtés, épluche et coupe les oignons en rondelles sous le regard attentif de Zac. Après avoir tendu les tomates à Jeanette, Jiuni vient s’asseoir sur les genoux de sa grand-mère, l’aidant à éplucher les gousses d’ail et à peler le gingembre que la Suédoise pile ensuite dans un mortier. Tous ont enfilé un tablier vert remis par Aurélie Bissoon, qui a prévu un festin pour eux.

Plaisir olfactif avant celui du palais

Au menu du déjeuner : bouillon de crabes en entrée, curry d’espadon et d’aubergines, étouffée de giraumon, curry banane, faratas chauds en plat de résistance, petit punch pour les adultes, thé glacé fait maison ou jus de tamarin pour les petits. Et pour le goûter de 14 heures, un pudding de maïs qu’Aurélie Bissoon s’était mise à préparer en premier sur une cuisinière à gaz. «Le pudding de maïs rappelle la polenta italienne, sauf que dans ce plat local, on met du lait en poudre et du sucre, ce qui n’est pas le cas avec la polenta qui se mange salée», explique la jeune femme.

Une fois tous les légumes découpés, Aurélie Bissoon allume une des plaques de la cuisinière à gaz, et donne des instructions à Anna et Essaied pour qu’ils fassent saisir les morceaux de crabes dans une poêle avant d’y ajouter la purée de tomates et les épices nécessaires pour en faire un délicieux bouillon. C’est clair que le fumet de ce plat en préparation a ouvert l’appétit des visiteurs et qu’ils prennent plaisir à participer à la préparation des plats. Aurélie Bissoon laisse toutes les épices dans leurs sachets pour que les Rabah voient les marques au cas où ils voudraient en acheter avant leur départ.

Malgré une silhouette longiligne, Aurélie Bissoon déclare avoir toujours aimé manger. «J’ai commencé à apprendre à cuisiner avec ma grand-mère maternelle à l’âge de six ans. Elle cuisinait sur un feu de bois et m’a appris les plats créoles traditionnels. À sept ans, c’est ma grand-mère paternelle qui m’a montré à cuisiner. Bien qu’étant handicapée, elle m’a appris à faire des faratas. Ma mère aussi aime cuisiner, mais elle a un sweet tooth, et prépare surtout des desserts et des recettes sucrées.»
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La jeune femme, qui a fait une incursion dans le journalisme avant de s’occuper de la communication digitale en agence, se serait contentée de bien manger et de cuisiner pour Evam, son mari, si elle n’avait pas fait la connaissance d’une journaliste culinaire française et bloggeuse, qui a lancé son atelier de cuisine. Cette dernière lui a donné l’envie d’en faire autant. L’idée a fait son chemin dans sa tête. Et plutôt que de faire une table d’hôte, elle a préféré proposer l’option de faire suivre ses recommandations par les visiteurs, et ainsi apprendre à cuisiner mauricien et à préparer eux-mêmes leur déjeuner.

Découverte chez l’habitant

Son mari a tout fait pour qu’elle se lance et alors qu’Aurélie Bissoon était enceinte, il a acheté le matériel et les équipements nécessaires pour que la jeune femme puisse démarrer sa petite entreprise. Entretemps, Aurélie Bissoon avait pris contact avec les Travel plAnnars via Facebook pour leur parler de son atelier de cuisine Itinerer et ils lui ont promis de lui référer des clients. C’est ainsi que trois semaines après la naissance de leur fille, Victoria, qui a désormais huit mois, Aurélie Bissoon était fin prête à se lancer. Et les Travel plAnnars ont tenu parole puisque jusqu’ici, ils lui ont référé des clients de France, de Belgique, du Royaume-Uni. Le jour de notre visite à Pamplemousses, c’était la première fois qu’elle accueillait des Suédois. Valeur du jour, elle reçoit une dizaine de clients par mois.

New Project (94).jpg Lorsqu’elle réalise que les clients qu’elle s’apprête à recevoir en sont à leur deuxième visite à Maurice, elle modifie alors son menu car elle se dit qu’ils ont déjà goûté au curry mauricien. Elle leur propose alors des plats comme le halim, des mines frits ou encore un bol renversé. Il arrive parfois que ceux qui reviennent à Maurice lui demandent des plats spécifiques. Elle se met alors en quatre pour leur faire plaisir.

L’enclos visible au fond de la cour de ses parents renferme des légumes mais aussi un poulailler où vivent en belle harmonie des poules et un coq, de même que des canards et leurs petits. Des animaux qui ne manquent pas d’attirer comme un aimant Zac et Jiuni. Autant leur père Jonas est familier à de nombreuses cuisines, autant il ignorait que l’on pouvait faire un curry avec des bananes vertes et il était curieux de les goûter. Anna, qui regarde mijoter le bouillon de crabe, n’avait jamais mangé ce crustacé en bouillon. À côté, dans une poêle en fonte, Essaied fait saisir l’espadon en attendant de commencer la préparation du curry et d’y ajouter les aubergines.

Aurélie Bissoon est heureuse de la tournure que prend son Itinerer. «J’arrive à gagner ma vie avec et j’espère en faire mon occupation à plein temps.» L’écriture lui manquant, dans un futur proche, elle compte créer un blog qu’elle animera de mille manières et sur lequel elle publiera certainement ses recettes.

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