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De la politique au combat syndical
Ashvin Gudday officialise sa rupture avec Rezistans ek Alternativ
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De la politique au combat syndical
Ashvin Gudday officialise sa rupture avec Rezistans ek Alternativ
■ La pension universelle, une ligne rouge pour Ashvin Gudday. Photo: Beekash Roopun
Cela faisait déjà quelque temps que les observateurs politiques s’interrogeaient sur la position d’Ashvin Gudday, négociateur de la General Workers Federation, au sein de Rezistans ek Alternativ (ReA). La réponse est désormais officielle : le syndicaliste et activiste a pris ses distances du parti. Un choix motivé par ses convictions profondes, à la croisée de la politique et du syndicalisme ; et surtout par la polémique entourant la réforme de la pension de vieillesse.
Depuis plusieurs semaines, on ne le voyait plus dans les rangs de ReA, mais plutôt aux côtés de la Platform Komun Sindikal, sur les plateaux de radios comme dans les conférences de presse. Aux côtés d’autres figures syndicales, il a porté haut la voix des Mauriciens choqués par la décision du ministre des Finances, Navin Ramgoolam, soutenu par son collègue de la Sécurité sociale, Ashok Subron, de repousser l’âge de la pension universelle de 60 à 65 ans.
C’est le soir du 5 juin, lors de l’annonce budgétaire, qu’Ashvin Gudday a ressenti ce qu’il décrit comme «un véritable électrochoc». «J’ai été choqué, comme beaucoup de gens, en apprenant cette nouvelle à la télévision. Je ne pouvais pas rester insensible», confie-t-il. Pour lui, cette réforme n’est pas seulement une mesure technique : elle constitue une atteinte à un acquis social fondamental.
Le syndicaliste dénonce un passage en force. «C’est inacceptable de faire passer une telle réforme dans le Finance Bill, sans mandat clair, sans approbation populaire, sans dialogue social. Nous avons ratifié les conventions de l’Organisation internationale du travail, qui prônent le tripartisme. Or, ici, le mouvement syndical a été écarté.» Il dit avoir vécu cette absence de consultation comme une rupture. «Pour moi, ce fut un choc psychologique. C’est ce qui m’a poussé à rejoindre toutes les plateformes qui contestent cette mesure. J’espérais un revirement, mais au lieu de cela, on a annoncé un ciblage de la pension, ce qui représente un nouveau recul.»
Ni réforme, ni ciblage
Dans ses interventions publiques, Ashvin Gudday a martelé qu’il ne soutient «ni la réforme, ni le ciblage». Ce qu’il souhaitait, c’était un gel de la décision afin d’ouvrir une réflexion nationale. «Un tel choix engage l’avenir de toute la société. Il faut que toutes les forces vives soient autour de la table. Mais personne n’a voulu écouter.»
Le jeune syndicaliste estime que la réforme de la pension sape le modèle d’État providence mauricien. «Avec l’income support fixé à Rs 10 000, qu’est-ce que cela représente en 2025, alors que le salaire minimum est déjà à Rs 17 000? Les travailleurs sont inquiets et je les comprends. C’est une remise en cause totale de la solidarité sociale.»
Quitter ReA n’a pas été une décision facile. «Ce n’est pas de gaieté de cœur que j’ai démissionné, mais je ne pouvais pas rester dans une formation politique qui cautionne une telle mesure. Dans la rue, des gens m’interpellent, m’écrivent et je sens leur inquiétude. Je préfère rester fidèle à mes convictions, même si cela implique de tourner la page.» Cette prise de distance est aussi une manière d’officialiser une rupture déjà consommée depuis plusieurs mois. «J’ai quitté le parti il y a quelque temps, mais j’ai décidé de rendre ma décision publique aujourd’hui. C’est une étape nécessaire pour clarifier ma position.»
Désormais, le militant regarde vers l’avenir avec une conviction intacte : continuer le combat syndical. «Je resterai actif dans le monde syndical et je m’engagerai dans les mouvements qui défendent sincèrement les travailleurs. Mon objectif est d’être en osmose avec leurs préoccupations et de mener ce combat avec sincérité.» En tournant la page de ReA, Ashvin Gudday choisit de revenir à l’essence même de son engagement : défendre, sans compromis, la cause des travailleurs et des retraités. Une décision qui marque un tournant dans son parcours, mais qui confirme aussi la place centrale du syndicalisme dans la lutte sociale.
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