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“Une troisième force pour apporter l’unité”

8 novembre 2006, 00:00

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Augustin Reddy, président et leader du Front progressiste du peuple rodriguais (FPPR), estime que ni le MR ni l’OPR ne prône l’unité des Rodriguais. Il est confiant que son parti recueillera les 10% de votes requis pour les proportionnelles aux élections régionales du 10 décembre. “Nous serons définitivement représentés à l’Assemblée régionale”, lâche-t-il.

● Quel a été le parcours du FPPR et quand avez-vous démarré dans la politique ?

Le FPPR a été formé en février 2005. J’ai été un candidat battu aux dernières élections générales.

J’ai démarré dans la politique en 1993 au sein du MR. J’ai été journaliste de l’hebdomadaire pro-MR, Ici Rodrigues et de la MBC de 1993 à 1998.

● Pourquoi avez-vous pris vos distances du MR ?

En 2000, le MR prônait la méritocratie et la démocratie. Mais ce n’était pas le cas dans la pratique. Je m’explique : après la dissolution de l’Assemblée nationale, c’est le comité exécutif du parti, au lieu des délégués, qui a choisi les candidats pour les élections générales. J’étais sur la liste des candidats dont les droits avaient été lésés.

● Que reprochez-vous à l’OPR ?

L’OPR pratique une politique partisane. “Li guette ziste banne ki soutenir li”. Rodrigues est une petite île de 38 000 habitants, facile à gérer. Il ne faut pas prendre des décisions politiques dans tous les domaines. Une partie du peuple a souffert alors que l’autre partie a bénéficié avec l’OPR. Aujourd’hui, il faut apporter l’unité du peuple et non prôner une politique partisane.

● Selon vous, le peuple rodriguais est divisé en deux.

C’est le cas. Nous ne serions pas arrivés à une telle situation si le MR et l’OPR n’avaient pas appliqué une politique partisane au pouvoir.

● Avec la bipolarisation MR-OPR, croyez-vous pouvoir faire le poids dans ces élections?

Si les gens réfléchissent, ils voteraient pour le FPPR, une équipe qui travaillera pour le développement de Rodrigues. Il ne faut pas qu’il y ait seulement deux partis à l’Assemblée régionale. On a besoin de représentants du FPPR et des indépendants pour apporter un certain équilibre.

Il nous faut 10% pour être éligible pour les proportionnelles. Nous croyons pouvoir recueillir un tel pourcentage. En tout cas, nous serons représentés à l’Assemblée régionale.

Nous représentons la troisième force politique dans l’île. Quand l’OPR est au pouvoir, ce sont les partisans du MR qui en sont victimes. Et quand le MR est à la tête de Rodrigues, ce sont les partisans de l’OPR qui en font les frais. Le FPPR prône l’unité des Rodriguais.

● Comment procédez-vous pour établir votre liste de candidats ?

Nous allons à la rencontre de ceux qui ont fait des demandes de candidature. Certains de ceux qui nous donnent un coup de main depuis février 2005 auront aussi l’investiture du parti. La liste des candidats sera rendue publique le 15 novembre, soit à deux jours du Nomination Day.

Nous aurons 12 candidats comme les deux autres partis dans les six arrondissements. Six autres candidats figureront sur la liste proportionnelle.

● Que proposez-vous dans votre manifeste électoral ?

Nous peaufinons notre manifeste électoral qui met l’accent sur la relance économique, soit le développement des trois piliers de l’économie : le tourisme, la pêche et l’agriculture.

● Selon vous, quel sera le secteur le plus porteur de l’économie ?

Je pense que c’est la pêche. Il faut investir dans une industrie de pêche hauturière. Nous avons déjà des pêcheurs formés, mais nous n’avons pas les bateaux pour ce type de pêche.

Il faut aussi un port de pêche, des chambres froides pour le stockage des poissons et une unité de transformation. Avec la mondialisation, nous pourrons être plus compétitifs sur le marché. Cependant, il y a un gros travail à faire.

La politique du MR est d’atteindre 100 000 touristes par an. Nous pensons que ce n’est pas possible. Le tourisme ne peut dépendre que des campagnes de promotion. Il faut cibler les marchés et développer les structures nécessaires. L’écotourisme, c’est à Rodrigues et non pas à Maurice. Il faut que Rodrigues soit vendue comme un produit complémentaire à Maurice, à travers ses gîtes et ses chambres d’hôte. Les hôtels doivent être construits que sur les îles qui ne rapportent rien à l’Etat. Il faut aussi que ce soit des cinq étoiles.

En ce qui concerne l’agriculture, il faut valoriser le métier de la terre. Il faut que l’agriculteur ait accès à la mécanisation et dispose des moyens de production. Un conseil aux agriculteurs : il faut qu’ils baissent les prix de leurs produits, dont les haricots rouges. On peut profiter de l’expertise mauricienne pour accélérer la culture d’ananas et celle des Seychelles pour fabriquer le Bitter Lemon, boisson très appréciée.

Pour faire décoller l’agriculture, il faut avant tout de l’eau. La solution réside dans la construction d’un réservoir. A Mourouk, il y a une pompe de plus de 20 ans qui ne répond pas aux besoins actuels.

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