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“Les Mauriciens attendent l’arrivée de nouvelles chaînes”

29 septembre 2005, 00:00

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<B>Pourquoi en 15 ans, Antenne Réunion ne s’est-elle pas implantée à Maurice, en dehors des opérateurs satellite ? </B>

Pour s’implanter à Maurice, il faudrait que le cadre légal soit ouvert. Ce qui n’est pas encore le cas. Mais je constate que Maurice bouge énormément, prend des initiatives courageuses et innovantes dans le domaine économique. Je reste persuadé qu’à un moment ou à un autre, la question de l’ouverture audiovisuelle va se poser. L’autre raison est qu’il nous faut trouver un partenaire local. Puis, jusqu’à présent, Antenne Réunion n’a pas eu les moyens financiers de se développer à l’extérieur de la Réunion. Maintenant, si ces conditions étaient réunies, on pourrait étudier toutes les opportunités. Pour l’instant, notre priorité reste la Réunion. J’observe qu’on est apprécié à Maurice. On est captés potentiellement sur les deux bouquets satellites par 300 000 personnes. C’est vrai qu’on pourrait aller plus loin, offrir des grands événements gratuits comme la F 1, le football…

<B>Il y a quelques années pourtant, Télé FreeDom avait tenté d’émettre à Maurice et le gouvernement mauricien avait bloqué cette démarche. Pensez-vous que les états doivent décider de l’implantation des télévisions privées ? </B>

C’est une question embarrassante. Soit on arrive par satellite, dans lequel cas je dirais que c’est ouvert. Soit on veut être diffusé de manière plus large et à ce moment-là, le spectre de fréquence est régi par l’état, et cela me paraît quand même logique. On est assez légitimiste et on ne viendra que si toutes les possibilités et les conditions préalables sont réunies.

<B>Aujourd’hui, il est plus facile pour Antenne d’émettre par satellite les images d’un événement qui se déroule à Paris plutôt qu’à Maurice ou même Madagascar. La coopération régionale médiatique est-elle une coquille vide ? </B>

J’observe effectivement que la coopération régionale n’existe pas. C’est un discours des super structures. Je crois simplement qu’elle se fera s’il y a des opérateurs privés qui rencontrent des attentes du marché, que ce soit en termes de publicité ou de téléspectateurs. S’il y a une vraie demande du public pour des émissions régionales, cela se fera. Sinon, si c’est juste pour des raisons de volonté politique, il y a peu de chances que cela aboutisse. Je sais aussi, même si cela fait des années qu’on le dit, qu’on a une proximité géographique, des intérêts et des pans de la culture qui sont communs. Il faut vivement que l’on travaille là-dessus. à travers Zone Australe, on dispose d’un bon poste d’observation, puisque l’équipe de cette émission sillonne la zone. Puis, il y aussi internet. Notre journal est mis en ligne. Pour l’instant, c’est un journal réunionnais, mais on réfléchit à d’autres possibilités.

Lesquelles ? </B>

Peut-être à élargir à des informations de la zone océan Indien. Je pense qu’il y a un potentiel qui n’a pas été encore exploité et qui nous est commun sur le plan de la découverte des territoires, du tourisme, de la musique et de la culture en général. On gagnerait à l’exploiter ensemble.

<B>Et à la Réunion, vous misez sur quels atouts face à la concurrence ? </B>

Notre atout c’est d’abord, notre image de marque en ce qui concerne la Réunion. Antenne Réunion, avec une audience qualifiée est la chaîne préférée des Réunionnais à 64 %, contre 17 % pour la télévision publique. Nous sommes également une chaîne innovante. Nos journalistes sont multimédias, travaillant à la fois pour la télévision, le wap et le magazine Star’Ac Mag. Ils disposent d’une polyvalence qu’on ne retrouve pas dans les chaînes de la zone océan Indien. On a aussi un métier de régisseur publicitaire dans les télévisions et magazines radio. Enfin, l’autre atout, est notre partenariat avec TFI.

<B>TFI, parlons-en. La chaîne publique réunionnaise diffuse des émissions de TF1. Elle chasse donc sur vos terres… </B>

J’ai rencontré quelqu’un du CSA à Paris. Les questions que j’ai posées sont des questions de bon sens et d’équilibre liées à la concurrence. Je pense que RFO ne pourra plus puiser dans les émissions de TFI comme ils le font. C’est une distorsion de la concurrence. C’est aberrant cette situation de monopole qui date d’époques complètement révolues. D’ailleurs, cela me fait penser que ce serait intéressant pour Maurice de voir les bienfaits de la concurrence. C’est la concurrence qui permet la créativité, et d’offrir plus aux téléspectateurs. Une situation de monopole nuit à l’initiative individuelle.

Pensez-vous donc qu’une télévision privée pourrait survivre à Maurice ? </B>

Je suis persuadé qu’une télévision privée a sa place à Maurice. Elle sera viable si elle noue des partenariats avec d’autres chaînes de la zone. Elle aurait des programmes, dont le coût d’acheminement par satellite serait divisé par deux. En termes de synergie, Antenne Réunion aurait alors un rôle à jouer avec cette chaîne. Je pense aussi qu’il y a une vraie attente des Mauriciens. Les gens voient les chaînes européennes sur le satellite et se disent qu’ils sont en droit d’attendre autre chose puisqu’il existe d’autres niveaux de qualité, d’autres formes de proximité avec le public. L’arrivée de la concurrence correspond en fait à un mouvement inévitable, normal et légitime. Mais si on indique d’emblée dans un cahier des charges qu’il faut une chaîne de télévision à sept ou huit langues, la barrière sera trop haute. Diffuser dans toutes ces langues est, me semble-t-il, le rôle d’une télévision publique et non privée.

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