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“Les chroniques de Riddick”
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“Les chroniques de Riddick”
Il a toujours existé au cinéma des acteurs jouant plus ou moins le même type de héros et qui se relaient d’une génération à une autre pour occuper des créneaux qui leurs sont spécifiquement alloués, selon le genre de film et le type de héros qu’ils interprètent. Ainsi, depuis que les films d’action comportent cascades époustouflantes, explosions spectaculaires et des tirs d’armes automatiques dans une seule et même séquence, nous avons vu apparaître des acteurs du genre Arnold Schwarzenegger ou Bruce Willis.
Le premier, entamant une nouvelle carrière en politique, semble avoir littéralement passé le relais à The Rock. Bruce Willis, pour sa part, est toujours en service, mais on se dit qu’approchant la cinquantaine, fringante ou pas, il finira bien par passer la main un de ces jours et que son successeur pourrait bien être le dénommé Vin Diesel.
Mêmes personnages de héros durs à cuire monolithiques, mono dimensionnels pour les deux, avec cette capacité soit d’emporter l’adhésion totale du public, soit d’agacer, dépendant non pas de leur talent d’acteur mais du scénario. Comme Bruce Willis dans certains de ses plus mauvais films d’action, Vin Diesel avait déçu dans XXX et dans Fast & Furious, ce qui n’est heureusement pas le cas dans Les Chroniques de Riddick, film de David Twohy.
L’histoire du Riddick en question, Richard B., de ses prénoms, commence en fait dans un autre film, Pitch Dark, un étonnant film de science-fiction à petit budget sorti en l’an 1999 et signé du même David Twohy. Condamné pour meurtre, R B. Riddick était un taulard qui faisait partie d’un groupe de naufragés dont le vaisseau s’était abîmé sur une planète peuplée uniquement d’insectes assoiffés de sang. Ces insectes craignaient la lumière et ne sortaient que la nuit.
Toutefois, la nuit sur cette planète durait 500 ans, et à la fin, seuls Riddick, un religieux (l’Imam) et une adolescente (Kyra) s’en sortaient. Le film fut très réussi et Vin Diesel en fut la révélation. Cinq ans après, nous retrouvons Riddick toujours en cavale, réfugié sur une planète des plus inhospitalières et pourchassé par des chasseurs de prime. Étant comme il est, il parvient évidemment à les neutraliser et à s’emparer de leur vaisseau. Ayant appris que c’est l’Imam qui leur a révélé sa cachette, il s’en va le retrouver sur la planète Hélion pour lui demander des comptes.
Mais en même temps, il y a la menace des Necromongers qui pèse sur l’univers. Comme des nuées de sauterelles, leurs immenses vaisseaux fondent sur les planètes habitées pour y déverser des millions (ou des milliards) de guerriers fanatiques qui convertissent les populations à leur philosophie mystico-religieuse proche du nazisme …ou alors, ils détruisent leur planète, tout simplement.
Les lecteurs l’auront deviné, les Necromongers se dirigent justement vers Helion, eux aussi. C’est peu dire que leurs vaisseaux sont immenses, ils ont en fait la taille d’une petite ville. Ils sont d’une couleur gris ardoise (ou “panzer grau”, comme on voudra) et ils ne sont pas hérissés de canons, mais leur forme semble avoir été conçue tout exprès pour que quiconque se trouvant sur leur passage se sente très, très mal à l’aise. Les vaisseaux des Necromongers ressemblent à des statues de forme humaine avec des têtes à trois faces dont les traits sont inspirés par l’esthétique du fascisme italien des années 1930.
C’est assez impressionnant et, pour peu que l’on soit disposé à être bon public, on ne manquera pas d’être gagné par le sentiment d’urgence en voyant au début du film, la destruction totale d’une planète par cette sinistre engeance. Cela bien que l’imagerie de synthèse pour cette séquence, soit des plus indigentes, passant sur des détails qui auraient donné plus de crédibilité à la scène.
Épisodes improbables et inutiles
Riddick, lui-même n’est aucunement impressionné par la menace des Necromongers. Aereon – Judi Dench, ambassadrice des “Élémentaliens” lui révèle que son ami l’Imam ne l’a pas trahi, et que sa participation à la guerre contre les Necromongers serait bienvenue. Mais, lorsqu’il apprend que Kyra – Alexa Davalos (rescapée de la planète de Pitch Dark et devenue maintenant une belle et dangereuse jeune fille) a été arrêtée et emmenée sur Crématoria, la planète pénitentiaire, il n’a qu’une idée : aller la délivrer.
C’est, bien entendu, à ce moment que les Necromongers attaquent et massacrent plus ou moins tout le monde. Mais notre sombre héros parvient tout de même à leur échapper, à sortir gagnant d’un duel contre un chef Necromancer et même à se rendre sur la planète Crematorium, juste après, tout ça en une journée.
Il est impossible de prendre cette histoire au sérieux : outre les invraisemblances, le scénario est constitué de segments qui semblent avoir été conçus séparément avec de bonnes idées, mais qui sont bien mal raccordés. Les Chroniques de Riddick est un film qui nous propose une brochette de personnages non dénués d’intérêt : l’Imam, dont la présence laisse entendre que l’Islam a perduré très loin dans le futur ; l’ambassadrice élémentalienne qui est capable de se dématérialiser et de se matérialiser à volonté ; un chef Necromonger marié à une intrigante dévorée par l’ambition ; etc.
Non seulement ces personnages ne sont jamais développés, mais en plus ils n’ont, pour la plupart, aucune incidence sur le récit. On pense aux talents gaspillés de Judi Dench qui ne fait que de la figuration, même si elle le fait très bien (il s’agit de Dame Judi Dench, après tout), et de Thandie Newton (l’épouse intrigante) dont le personnage, non plus, n’apporte pas grand-chose au récit.
Tout cela aurait pu donner un beau péplum S.F si la trame ne s’était pas égarée dans certains épisodes aussi improbables – pour ce qui est du fil de l’histoire – qu’inu-tiles. Cependant, on a un peu de mal à en vouloir réellement au scénariste, car quelques-uns de ces épisodes sont réussis. L’évasion de la planète Crematorium – “il y fait 700°C le jour et -300°C ( !?) la nuit” dit le film – en est l’exemple ; l’épisode rappelle beaucoup Pitch Dark.
La fin des Chroniques de Riddick laisse supposer qu’il faut s’attendre à un troisième film. Il faut espérer que les défauts que présente ce deuxième tome auront été gommés, car celui-ci, au final est loin d’être déplaisant. Il présente des décors étonnants (parfois dans le mauvais sens, il est vrai), avec quelques saisissantes représentations de mondes inhospitaliers, et aussi un Vin Diesel en pleine forme dans un rôle qui lui va bien. Si vous avez aimé la saga de Dune de Frank Herbert (le roman, pas le film) ou les séries genre Babylon 5 ou Stargate à la télévision, ce film est pour vous.
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