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“Batman Begins”
Lorsqu’il naît en 1939 sous la plume ou le pinceau de Bob Krane, Batman n’est pas un personnage monolithique animé uniquement par une soif de justice et une envie de protéger la veuve et l’orphelin. Il est à mi-chemin entre la vraie justice et la justice sommaire, son comportement étant même par moments, à la limite de la criminalité. C’est à ce héros des origines, personnage traumatisé et tourmenté par ses conflits intérieurs que s’intéresse le film de Christopher Nolan.
Les raisons pour lesquelles ce super-héros s’identifie aux chauves-souris et combat le crime ont été maintes fois évoquées dans la bande dessinée ou à l’écran, mais jamais dans les détails. Dans un scénario cosigné avec David S. Goyer, Chris Nolan a su les intégrer à une trame de sa propre création.
La première moitié de ce film de 134 minutes est consacrée aux conséquences de la rencontre du petit Bruce Wayne avec les chauves-souris et à celles du meurtre de ses parents sous ses yeux. Les deux incidents sont reliés de manière ingénieuse et, le film retrouvant le personnage à diverses étapes de sa progression vers l’âge adulte, il grandit rongé par la culpabilité et la soif de vengeance, mais aussi solitaire avec pour seul ami Alfred, le majordome.
Michael Caine arrive quand même à démontrer une fois de plus qu’il est un grand acteur anglais. Ses rapports avec le héros sont discrètement complices et il est par moments (fugaces) une figure paternelle, mais ne sort jamais du cadre de celui d’un serviteur dévoué et loyal. Pour en finir avec cette première moitié, tout nous amène à ce moment où ayant été pris en charge et formé dans l’art du combat par une organisation secrète, le héros finit par choisir la justice plutôt que la rétribution meurtrière. Le justicier masqué émerge dans la deuxième partie du film, lorsque le héros revient chez lui à Gotham City menacée d’être réduite en poussière.
On pourra trouver cette deuxième partie plus conventionnelle tant au niveau de l’action que des personnages, mais elle est bien faite. Gotham City a quelque chose de Metropolis, l’ambiance est proche de celle du film noir et Nolan situe les scènes d’action dans le noir mais arrive à les éclairer. Outre l’intérêt de voir les accessoires de Batman prendre forme, il y a aussi celui de voir le justicier roder ses techniques. Les scènes d’action sont pleines d’énergie, le réalisateur sachant faire monter l’adrénaline grâce aux angles intéressants pour les prises de vue, un montage serré et des effets spéciaux efficaces. Réunissant une distribution de choix, ce Batman Begins est le meilleur de tous et il parvient aussi à nous présenter un Batman définitif.
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