Publicité

Être maman, cette école de la vie

26 mai 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Premila DOSORUTH

«Fêtées un jour, exploitées toute l?année», clament certaines quand on évoque la Fête des mères, célébrée demain. «Une opération purement mercantile», avancent d ?autres quand on sait que certains en profitent pour vendre four micro-ondes et téléphone portable dernier cri. Au de-là de sa récupération commerciale, cette occasion demeurera toujours belle pour porter aux nues nos mères. Celles qui ont eu le courage d?enfanter et d?élever leur progéniture contre vents et marées. Celles qui en font trop ou pas assez. Leur offrir un sourire, des mots doux avant que la maladie et la mort ne nous laissent d?elles qu?un délicieux souvenir.

Témoignage

Trois générations vous ouvrent leur c?ur de mère. Marie-Claude Selvon, 87 ans, Marinette Salesse, 51 ans et Maureen Janvier, 25 ans «Ma vie ne serait rien sans ce rôle de maman. Tous les soirs, je dois absolument téléphoner à ma fille pour savoir ce qu?elle a mangé. Je suis si proche de mes enfants que c?est presque un problème», constate Marinette, une coiffeuse vive et volubile, une mère par excellence. A priori, qui peut reprocher à cette maman son trop plein d?amour ? Certainement pas ses filles Mélanie, 21 ans et Maureen, chargée de clientèle. Moue de cette dernière, tenant dans ses bras sa petite Alicia, 10 mois. «Nous avons eu quelques heurts quand j?étais adolescente. à cause de ce manque de liberté qu?on n?accorde pas aux filles pour les sorties. Je me révoltais contre une telle sévérité.» Mais c?est tout de même vers maman qu?elle se tourne quand elle a son premier petit copain. Aujourd?hui devenue elle-même mère, Mélanie comprend mieux les craintes et agissements de sa maman. «C?est un joli cadeau que d?être mère surtout que j?ai eu une fille. Je continue ainsi cette belle lignée de femmes et de mères. Je peux finalement connaître ce lien fille-mère si précieux. J?espère tout simplement qu?Alicia sera aussi proche de moi que je le suis de ma mère.» Instaurer de la même façon avec sa fille cette longue conversation à jamais interrompue qu?elle entretient avec sa mère. C?est son souhait le plus cher. Maureen apporte cependant un petit bémol à cette grande complicité. «Depuis que je me suis mariée, j?ai réalisé que ces liens mère-fille sont beaucoup trop forts et je veux prendre un peu de distance.» Toutefois, c?est à seulement quelques pâtés de maisons de chez maman qu?elle s?installe avec son mari et Alicia. Il ne passe pas un jour où Marinette et Maureen ne se retrouvent. Pas question non plus de rater le sacro-saint déjeuner dominical. Celui de demain, jour de fête, prendra des allures plus grandioses. «Je lui prépare aussi ces mets préférés qu?elle apporte chez elle quand elle récupère Alicia. Ce sont de petits rituels qu?on a établis de génération en génération», confie Marinette. Et, Marie-Claude, l?arrière-grand-mère d?Alicia d?acquiescer.

Cette mère si dévouée et qui a su au fil des années resserrer les liens avec ces filles, a été accueillie chez ces dernières. «Depuis que je suis veuve, je vis quinze jours chez ma fille, Marinette et quinze jours chez ma fille Marilyn.» Un véritable cocon où tout se conjugue au féminin. Et qui est tissé de ces fibres maternelles nouées aux replis de leur c?ur. «Parfois nous sommes quelque peu possessives dans la vie», s?excuse presque Mari-nette. Qu?importe, après tout, si cela sied à toutes.

Témoignage des Peerun

Le bonheur d?être mère. Sahera Peerun le connaît très tôt, à 17 ans. «Je suis devenue mère et adulte en même temps.» La notion de mère lui était complètement abstraite. Un véritable leurre que de croire au fameux instinct maternel. «En vérité tout s?apprend. Mariée très jeune, je me suis retrouvée enceinte du jour au lendemain. Lorsque l?enfant est arrivé, c?est comme un cadeau du ciel. Mais j?étais désemparée ne sachant pas comment faire avec le bébé.» Aujourd?hui, à 21 ans, elle est la maman de deux adorables enfants, Israhfil, 5 ans et Inshirah, 3 ans. Ces derniers lui ont permis de grandir et de devenir responsable. «S?assumer prend alors tout son sens. Je comprends mieux la place et le rôle de ma mère. Ce qui m?échappait auparavant vu mon jeune âge.» Pourtant tout n?a pas toujours été aussi rose. «Adolescente, elle avait beaucoup de colère en elle. Pourtant, j?ai toujours été une mère en plus d?être une amie pour mes enfants. Quand elle a mis au monde son premier enfant, ce fut une véritable transformation», précise Laila, 43 ans. Une relation mère-fille complètement bouleversée. «C?est normal. Je ne fréquentais pas d?autres gens. Ma mère était ma seule amie. Forcément, il y a un sentiment d?étouffement qui s?installe et qui gâche la relation. On recherche alors la liberté. Quand on est mal dans sa peau, on peut blesser les gens autour de soi.» Aux oubliettes toutes les ranc?urs et les conflits. Sahera est devenue, à ce jour, la confidente de sa mère. Les rôles sont devenus interchangeables. «Désormais nous pouvons avoir une réelle conversation d?adultes. Rien n?est plus fait à tâtons. Tout est réfléchi.» à la naissance de sa fille, Sahera est aux anges. «C?était reparti pour ce fameux lien fille-mère si cher aux mamans. J?espère quand elle sera plus grande elle essaiera de me comprendre. Tout comme j?ai fini par le faire lorsque je suis devenue moi-même mère. Et je ne regrette pas de l?avoir été aussi jeune.» Comprendre et mieux appréhender la vie. S?assagir et devenir responsable. S?ouvrir au monde et aux autres. Beaucoup d?étapes franchies en très peu de temps. «Cette mère qui était si dure et sévère, je la trouve aujourd?hui géniale. Je voudrais même lui ressembler. Tout accomplir avec autant de courage. Elle m?a élevé et mon frère Sultan si dignement. Et en plus, c?est la maman la plus drôle. Elle a désormais une place particulière dans mon c?ur.» C?est sur les traces de sa mère que Sahera trouve le courage d?élever ses deux enfants, d?autant plus qu?elle est aujourd?hui séparée de leur père. Elle affirme ne pas prétendre se substituer au père mais se bat bec et ongles pour donner le meilleur à ses enfants.

À voir Inshira et Israhfil si épanouis, on ne doute pas qu?elle réussisse à merveille. «Mes enfants m?ont déjà offert les cadeaux qu?ils ont confectionnés à l?école. Ils ne pouvaient pas attendre dimanche. J?ai été énormément touchée.» Et demain pour célébrer la Fête des mères, Sahera et Laila ont prévu une sortie très spéciale.

Publicité