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Échéance politicienne

14 août 2004, 20:00

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« Nu tu dan mem bato. » Le Premier ministre est inquiet. Et il le dit de plus en plus souvent. Avec des termes de plus en plus forts : « très difficile (?) dramatique (?) état d?urgence ».

C?est indéniable : le contexte mondial est périlleux. L?an prochain la situation va encore empirer. Il y aura le démantèlement de l?accord multi-fibre. Mais il y aura aussi les élections générales. La fin de l?actuelle législature coïncidera avec une conjoncture économique qui s?annonce difficilement gérable. Le sucre et le textile subiront de plein fouet les contrecoups des événements internationaux, sur lesquels nous n?avons aucune prise.

Si l?économie va, tout va. Et si l?économie ne va pas, c?est l?image gouvernementale qui risque de prendre un sale coup. Le programme du MSM-MMM, à sa reconquête du pouvoir en 2000, est articulé autour du slogan « anou redres nou lekonomi ». Or, après bientôt quatre ans au pouvoir, force est de constater qu?elle va mal, très mal même, notre économie. Secteur privé et gouvernement sont crispés.

« Popilasyon bizin konpran ki pe ariv nou. » La population, c?est aussi l?électorat. Et quand le Premier ministre s?adresse à elle, c?est aussi le leader d?une alliance politique qui parle. Sinon comment expliquer la promesse jusqu?ici non tenue par Paul Bérenger de rencontrer, dans un élan d?unité nationale face aux menaces étrangères, le leader de l?opposition. Savez-vous pourquoi la rencontre annoncée n?a pas eu lieu ? « Parski Pravind ek moi nou bien ankoler kont li », dixit Bérenger.

Cette « colère » est politique. Or les dangers qui nous guettent méritent des attentions apolitiques. Quand l?opposition affirme que le gouvernement ne sollicite pas ses points de vue sur le dossier sucre, elle a raison dans les faits.

Dans son pèlerinage à travers le pays, Pravind Jugnauth aura beau critiquer le ton « irresponsable » des travaillistes. Mais, qu?il le veuille ou non, cela donne le sentiment d?une guéguerre politicienne. Or l?heure est grave, élections générales « derrière la porte » ou pas, il s?agit de se comporter en patriotes et d?unir nos forces. Et non relever les faiblesses des uns et des autres.

Mais à entendre les discours de nos politiciens ces derniers temps, on a l?impression que leurs préoccupations sont davantage rivées sur l?échéance de septembre 2005. Ils sont déjà en campagne, et il y a certains signes avant-coureurs.

Lors de la dernière partielle à Piton-Rivière-du-Rempart, Paul Bérenger se targuait que son gouvernement était le champion de la libéralisation des ondes. Aujourd?hui, il veut brider les radios privées. Pour expliquer ce changement de discours, il souffle le chaud et le froid : « Mo pour la liberte dexpresyon (?) bizin met inpe gardfou pour empes bann derapaz. »

Ces « garde-fous » existent déjà. Bérenger ne veut pas être perçu comme étant liberticide, mais il est déterminé à muscler les réglementations régissant la presse, afin de contrôler ce qu?il appelle des « dérapages », formulés par les hommes de la rue, ces électeurs de demain?

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