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À nous les sciences !

5 décembre 2004, 00:00

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Niksha Daby et Amal Bholah, qui ont tous deux 17 ans, sont ce qu?on appelle des cracks. Même si leurs parcours respectifs sont différents, la passion qu?ils ont pour les sciences, a une même origine. Pas de prédisposition biologique, mais une exposition aux sciences dès l?enfance. Voilà ce qui devrait conforter les promoteurs du centre Rajiv Gandhi, inauguré cette semaine par Sonia Gandhi.

Pour Amal, c?est un documentaire télévisé sur les volcans, qu?il a vu vers l?âge de sept ans qui a tout déclenché. Cet intérêt est devenu plus prononcé en Form III, quand les scientifiques du Rajiv Gandhi Science Centre ont visité son école avec leurs gadgets et leur planétarium. Idem pour Niksha. « En Afrique du Sud où j?ai fait mes petites classes, on apprenait déjà le processus de pollinisation des fleurs. Mais je dois aussi dire que comme je suis très proche de ma mère qui lit régulièrement le Readers?Digest, elle me parlait souvent des sujets abordés dans cette revue et qui sont souvent traités sous un angle scientifique. »

Les étudiants expriment peu d?intérêt pour les sciences

Aujourd?hui, ils récoltent les fruits de cette exposition à la science. Pour son School Certificate, Amal, élève au collège St Joseph, a obtenu sept unités, dont une en physique, en biologie et en chimie. De plus, il s?est classé dixième en physique au niveau national, garçons et filles confondus. Ses enseignants pensent qu?il possède déjà l?étoffe d?un futur lauréat.

Niksha, née en Afrique du Sud d?un père mauricien et d?une mère sud-africaine, excelle tout autant à la Bocage International School. Elle a d?ailleurs décroché la meilleure note de l?école en sciences. Lors des examens de première année de baccalauréat international, elle a obtenu un six en chimie et en biologie, le sept étant la meilleure note. Niksha sait qu?elle a le potentiel nécessaire pour obtenir ce fameux sept, et elle compte mettre les bouchées doubles pour y parvenir l?an prochain.

L?un et l?autre sont fascinés par les sciences qu?ils considèrent comme des matières leur permettant de découvrir le sens caché des événements et des choses, facilement applicables dans la vie quotidienne et surtout en constante évolution. Amal apprécie surtout la physique et en particulier l?astronomie car elle démarre avec « quelque chose de très petit pour terminer avec l?infiniment grand. Cela va des sphères à l?univers. C?est extraordinaire ».

Des trois matières scientifiques existantes, Niksha n?aime pas la physique car elle n?arrive pas à la visualiser dans sa tête, comme c?est le cas pour la chimie. « La physique repose sur des théories censées être applicables à tout. Le hic est que je n?arrive pas à visualiser tout cela dans ma tête. Je ne peux pas, par exemple, visualiser dans mon esprit la pression. Par contre avec la chimie, je peux utiliser mon imagination et entrevoir par exemple, des particules rebondissant. C?est comme un dessin animé. »

Absence de jeux scientifiques dans les magasins

Tous deux feront un métier à vocation scientifique. Amal voulait être ingénieur en génétique. Mais comme il ne se voit établi qu?à Maurice et qu?ici, les ingénieurs en génétique n?ont pas leur place, il a préféré opter pour la médecine générale. Niksha a les idées plus claires sur son métier. Elle veut être pédiatre car le sien en Afrique du Sud savait l?égayer.

Cela étant, ces deux jeunes ne comprennent pas pourquoi les sciences attirent si peu leurs congénères. Amal fait remarquer qu?au St Joseph, il n?y a qu?une classe scientifique en Lower Six. Niksha reconnaît que les étudiantes de la Bocage International School se tournent davantage vers les arts que les sciences.

Titiller l?intérêt des jeunes

Amal et Niksha accueillent l?ouverture de ce centre comme un moyen de titiller l?intérêt des jeunes à l?égard des sciences, mais il faudra entretenir cet intérêt que l?on fait naître. Amal avance que les émissions scientifiques du Mauritius College of the Air sont très intéressantes mais diffusés à des horaires inadaptés aux élèves. « Elles sont diffusées entre 9 et 11 heures quand les élèves sont à l?école ou vers 16 heures quand les élèves prennent des leçons particulières. Il faudrait revoir ces horaires de diffusion.» Par contre, dit-il, la MBC3 diffuse d?excellents documentaires historiques et scientifiques le mercredi soir et il faudrait mieux les annoncer, pense-t-il.

Il estime aussi que les journaux devraient accorder plus de place aux articles scientifiques. Dans la même optique, Amal demande au gouvernement de baisser la taxe sur le magazine

Science et Vie qui coûte Rs 160. Lui et Niksha pensent que deux cours hebdomadaires de travaux pratiques de sciences sont insuffisants. Les deux jeunes considèrent aussi que les enseignants de sciences doivent rendre leurs classes animées et vivantes. « à la Bocage International School, un enseignant fait appel à des jeux pour nous apprendre les sciences. Cela rend le cours captivant.» La jeune fille souligne aussi l?absence de jeux scientifiques dans les magasins. « En Afrique du Sud, vous pouvez acheter des jeux qui permettent de faire de petites expériences scientifiques sans danger. »

Finalement, ils recommandent aux parents d?emmener impérativement leurs enfants en bas âge et même plus grands visiter le Rajiv Gandhi Science Centre. Ce qui devrait alors favoriser un déclic?

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